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Morpheus

Morpheus

Né en 1968, j’ai suivi des études secondaires artistiques. J’ai ensuite effectué un parcours autodidacte et touché à divers domaines, tant « manuels » qu’ « intellectuels », ce qui me permet de dire que cette distinction entre l’un et l’autre est parfaitement factice, car l’un ne va pas sans l’autre.

Tableau de bord

  • Premier article le 30/11/2010
  • Modérateur depuis le 07/01/2011
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Derniers commentaires



  • Morpheus Morpheus 13 juin 2012 15:57

    En tout cas, il n’y aura pas de polémique entre vous et moi sur ce sujet. Je termine justement Le crépuscule d’une idole de Onfray, et il est rigoureusement impossible de sortir d’un pareil réquisitoire sans condamner avec force cette incroyable escroquerie qu’est la psychanalyse freudienne.

    J’avais quelques soupçons concernant Freud déjà avant cette lecture, mais c’était de l’ordre de l’intuition plutôt que de l’information factuelle. Là, l’information est implacable et inattaquable. Quiconque s’y risquerait se briserait les reins, en vain. L’espèce humaine s’élève d’une marche à chaque fois qu’elle parvient à déboulonner un culte et démystifier un mythe.

    Freud, tricheur, menteur, arriviste, manipulateur et pervers : sa place est au panthéon des félons.

    Cordialement,
    Morpheus



  • Morpheus Morpheus 13 juin 2012 14:22

    Ce sont des questions qui méritent d’être abordées, cela va de soi. En vous penchant sur la question du tirage au sort en politique, vous constaterez assez vite que ce n’est pas un « terrain vierge ». L’existence du tirage au sort en politique n’est d’ailleurs pas exclusivement attesté à Athènes, mais également à Rome, dans les républiques italiennes du moyen-âge, à Florence, à Venise. Les mécanismes et l’utilisation étaient différents, souvent combiné avec l’élection. Ces différentes approches ont permis de dégager des observations sur les avantages, inconvénients, combinaisons possibles, etc. Toutes ces expériences sont donc riches en enseignements.

    Il n’est pas évident, par exemple, que la question de gouvernants incapables soit l’ultima ratio du tirage au sort en politique, loin de là.

    Première chose à mentionner concernant le tirage au sort en politique, c’est qu’il ne sert pas, la plupart du temps, à désigner des « gouvernants » ou des « dirigeants ». Considérant notre mode de scrutin, nous avons tendance à « plaquer » le tirage au sort sur les principes de l’élection, et penser que l’on désigne des gouvernants qui auront tout pouvoir. Ce n’est pas du tout le cas.

    A Athènes, les magistrats, qu’ils fussent élus ou tirés au sort, n’exerçaient pas un pouvoir politique majeur. Le « pouvoir politique majeur » - c’est-à-dire le fait de décider, voter et approuver ou rejeter les lois, décrets, projets, budgets, sentences, etc. - était détenu par l’assemblée du peuple et les tribunaux (le contraste avec la représentation moderne est à cet égard flagrant !). Nous pourrions transposer cette assemblée, soit à la façon des athéniens (à l’échelle des communes), soit via le processus du referendum. Les magistrats étaient donc avant tout des administrateurs et des exécutants (des serviteurs, plutôt que des maîtres copmme actuellement).

    Pour citer Manin : « Le principe cardinal de la démocratie n’était pas que le peuple devait être à la fois gouverné et gouvernant, mais que tout citoyen devait pouvoir occuper tour à tour l’une et l’autre position (...) L’alternance du commandement et de l’obéissance formait même, selon Aristote, la vertu ou l’excellence du citoyen. »

    L’un des grands avantages de la rotation des charges et des mandats non renouvelables est qu’il élimine de facto les jeux de la politikè - les luttes pour garder ou accéder au pouvoir. La fonction commande l’action et c’est donc débarrassé de ces intrigues le plus souvent malhonnêtes et qui induisent la corruption d’une manière ou l’autre, que les tirés au sort peuvent se consacrer à leur tâche, la politea - la gestion des affaires et des problèmes de la cité, qui concerne directement les citoyens.

    Il n’est pas nécessaire d’avoir des personnes « compétentes » (on pourrait à bon compte s’interroger sur la compétence de nos dirigeants actuels...), car la compétence s’acquiert dans l’exercice de la tâche elle-même. L’un des principes de la démocratie est justement l’absence de professionnalisme de la fonction publique : tout citoyen est considéré comme responsable et capable de commander lorsqu’il est tiré au sort, tout comme il est considéré comme capable d’obéir lorsqu’il ne l’est pas, et comme le tirage au sort garantit statistiquement que tous ont les mêmes probabilités de se trouver dans l’une ou l’autre position, c’est en définitive, tout le monde qui détient le pouvoir. Les citoyens se voient responsabilisés, et comme leur tâche les concerne tout autant que les administrés (ils redeviendrons administrés dans un ou deux ans), ils font en sorte de prendre les mesures les plus responsables et les plus justes.

    D’autre part, à Athènes, le tirage au sort est basé sur le volontariat. C’est-à-dire que les personnes qui se présentent au tirage au sort s’estiment à même d’assumer les responsabilités qui leur seront confiées en tant que magistrat. Pour empêcher que « les meilleurs » ne finissent par abuser de leur talent au point d’abuser du pouvoir, des mesures de contrôle existent : reddition des comptes, révocabilité à tout moment, ostracisme.

    Les inconvénients de chaque outil (élection ou tirage au sort) peuvent être solutionnés par des mesures qui les contrebalances. Ces principes sont donc robustes.

    Cordialement,
    Morpheus



  • Morpheus Morpheus 12 juin 2012 15:04

    De l’origine égyptienne des hébreux.

    Selon l’hypothèse la plus vraisemblable au regard des éléments factuels, le « peuple juif » est une construction historique visant à donner une identité propre à une frange de la population égyptienne de l’antiquité.

    Selon Messod et Roger Sabbah, deux chercheurs hébraïsants, le peuple Hébreu, celui de l’Exode - dont on ne trouve aucune trace dans l’Égypte historique -, n’est autre que la population d’Akhet-Aton (actuelle Tell el Amarna) chassée par le Grand Vizir, qui régna peu après Toutankhamon sous le nom de pharaon Aï.

    Déportés en Canaan, province égyptienne située à quinze jours de marche de la vallée du Nil, les prêtres et les notables monothéistes (« Yahoud » > origine du terme « juif ») fondent, quarante années après la campagne militaire de Toutankhamon, le royaume de Yahouda (la Judée).

    Quant aux hébreux, ils sont la « tourbe nombreuse », ces gens du peuple n’ayant pas d’érudition et n’ayant pas reçu d’initiation aux mystères du dieu solaire Aton : la main d’œuvre, les travailleurs, les artisans, les paysans, les serviteurs, qui suivirent les Yahouds dans leur exode, car ils étaient convertis à la religion monothéiste instaurée par Akhenaton une génération plus tôt, lors de son court règne hérétique (hérétique aux yeux du clergé Amonien, s’entend).

    Le « peuple juif » serait donc la descendance d’un schisme égyptien, et « les juifs » seraient donc les héritiers de ce schisme entre les prêtres polythéistes du culte Amonien (Amon, le « dieu multiple ») et les prêtres du culte Atonien (Aton - ou Adon > Adon Aï > Adonaï - le dieu (solaire) unique). La population de cette Judée historique était donc essentiellement composé de l’élite (les Yahouds = les juifs proprement-dit) et de la classe inférieure (les Hébreux = la tourbe nombreuse, non érudits, non lettrés).

    Tout le reste (ce qui appartient au Pentateuque, à la Thora, à la Bible, ...) ne sont que mythes et légendes, c’est-à-dire réécriture de l’Histoire destinée à mobiliser le peuple dans une direction donnée, et selon les circonstance de leur temps (d’où les innombrables incohérences de ces textes).

    Source :
    Les secrets de l’Exode de Messod et Roger Sabbah - Éditions Jean-Cyrille Godefroy.



  • Morpheus Morpheus 12 juin 2012 14:06

    @ emphiryo

    s’agira-t-il d’une représentation par suffrage électif ou par tirage au sort ? Car c’est cela le véritable enjeux : s’il s’agit encore d’une « représentation » par suffrage électif, il n’y aura, au mieux, qu’un changement de personnes, mais il n’y aura aucun changement dans le système.

    Croire qu’il suffit de changer les personnes pour améliorer les choses relève, au point ou nous en sommes, de l’aveuglement et du refus de regarder les choses en face. Compter, encore et toujours, sur la vertu supposée, voir revendiquée, de candidats au pouvoir, c’est ne pas voir que tous les pouvoirs corrompent, même les plus vertueux, et même les plus sincères.

    Le suffrage électif peut éventuellement être l’un des outils d’une véritable démocratie, mais il ne peut en aucun cas en être l’outil unique, et surtout pas en être l’outil principal. L’outil premier et majeur d’une démocratie vraie reste le tirage au sort, encadré naturellement par une série d’autres mesures qui garantissent au peuple que le pouvoir restera entre leurs mains et ne pourra être détourné au profit d’intérêts particuliers ou privés.

    Cordialement,
    Morpheus



  • Morpheus Morpheus 12 juin 2012 13:56

    @ elmi

    La bêtise ou l’ignorance ?

    Affirmez que c’est bêtise, et vous pourrez être sûr que vous braquerez vos interlocuteurs, car personne n’aime à se faire dire qu’il est bête. Aussitôt, les personnes qui sans doute ont le plus d’intérêt à savoir se fermeront à votre rhétorique.

    Parler d’ignorance porte moins un jugement qu’une constatation. Après tout, nous sommes tous plus ou moins ignorant d’un tas de chose, dans un tas de domaine. Et l’ignorance n’est pas une fatalité : on peut toujours apprendre et ainsi devenir moins ignorant.

    En outre, l’ignorance peut également ne pas être le seul fait des individus, mais le fait d’un environnement socioculturel qui met la connaissance et l’érudition à l’index, tandis qu’il met précisément la sottise et la crétinerie en valeur (cf. les Jackass et autres « reality show »). En ce cas, bon nombre d’entre nous sont plutôt victimes d’une ignorance volontairement entretenue et encouragée par un réflexe social (il faut se montrer bête pour préserver son appartenance au groupe).

    « Quand un tissu de mensonges bien emballé a été vendu progressivement aux masses pendant des générations, la vérité paraîtra complètement absurde et son représentant un fou furieux. » – Dresde James.

    Cordialement,
    Morpheus

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