Né en 1968, j’ai suivi des études secondaires artistiques. J’ai ensuite effectué un parcours autodidacte et touché à divers domaines, tant « manuels » qu’ « intellectuels », ce qui me permet de dire que cette distinction entre l’un et l’autre est parfaitement factice, car l’un ne va pas sans l’autre.
Je crois que la difficulté n’est pas dans l’union interraciale, mais dans les incompatibilités entre croyances culturelles (souvent liées à des croyances religieuses). Ces croyances forment le socle des croyances, mais aussi le socle identitaire. Lorsque deux peuples (quelque soit leur race) ont certaines croyances et traditions qui sont antinomiques, il est difficile de les concilier. Il faudrait pour cela que chaque partie accepte d’abandonner une partie de ses croyances, donc une partie de ce constitue leur identité sociale (à laquelle certaines personnes sont plus attachées que d’autres, ce qui ne facilite pas les choses, mais est compréhensible par le besoin de reconnaissance du groupe).
Or, on peut comprendre qu’il soit difficile de demander à un français d’abandonner une partie de ses croyances (assimilé à l’identité) au profit de croyances qui ont été combattue par ses ancêtres, dans son propre pays, au profit d’une entente avec des immigrés. Il semblerait plus logique que ce soient les immigrés qui adaptent leurs croyances à celle du pays qui les accueille. Et ce que je dis n’a rien de raciste.
Bien sur, les diverses tensions géopolitiques viennent considérablement compliquer la donne, rendant la compréhension du phénomène de racisme et d’intolérance (souvent mutuels) plus difficile à appréhender.
La solution serait, je crois, dans la recherche des BESOINS communs des uns et des autres : si ces besoins (à ne pas confondre avec envies ou désirs) sont rencontrés, le fait d’abandonner de veilles croyances devient plus facile. Finalement, toutes ces haines et ses intolérances ne sont que l’expression tragiques du sentiment d’impuissance face une situation d’injustice sociale qui ne peut pas se résoudre par le conflit entre français (ou européens) et immigrés, mais par l’union de ces enfants du peuple humain contre ceux qui les exploitent, les uns comme les autres, et se maintiennent au pouvoir, notamment par la vieille technique du « diviser pour mieux régner ».
PS : On n’est pas forcément d’accord, on a peut-être des opinions différentes sur certains points, on peut même être en désaccord, ce n’est pas pour cela que je devrais me montrer impoli, insultant ou méprisant à ton égard
Je voudrais rajouter une chose, qui me semble importante à dire, Ariane : ta peur (et ta haine) du FN et de son électorat est tout aussi irrationnelle que la peur (et la haine) de l’étranger que manifeste une partie de cet électorat FN.
Le bon sens, l’esprit de politeia, serait de comprendre que ces deux peurs, apparemment antagonistes, ne sont que des variantes d’une seule et même peur, celle de l’injustice sociale. Les uns projettent cette peur de l’injustice sociale sur l’étranger, tandis que les autres la projette sur la figure du fasciste / raciste. Et on peut facilement voir que dans les deux « camps », les mêmes excès, les mêmes extrémismes se manifestent.
Pourtant, on peut être radical (celui qui recherche la cause des problèmes à leur racine) sans être extrémiste. C’est quoi la différence entre le radicalisme et l’extrémisme ? C’est la manière dont on formule le problème et dont on propose des solutions. Les militants du FN se trompent quand ils désignent l’étranger comme la cause de ses problèmes, car ce n’est pas une cause, mais une conséquence ; et les militants du FdG se trompent quand ils désignent les « fascistes / racistes » comme étant la grande menace à combattre, car eux aussi ne sont pas la cause, mais une conséquence.
L’immigration est la conséquence du libéralisme débridé et du capitalisme triomphant, pas la cause des inégalités sociales.
Le racisme et la défiance vis-à-vis des étrangers est la conséquence des inégalités sociales qu’entraîne (et que souhaite) le libéralisme débridé et le capitalisme triomphant.
Et le plus tragique, c’est que cette bagarre entre ces deux erreurs de jugement permet à la cause de se perpétuer et de se renforcer, tout en continuant à s’attribuer le rôle des « modérés ».
Quand les moutons se battent entre eux, les loups s’en donnent à cœur-joie ...
Ariane, ce n’est pas Marine Le Pen qui a perdu, c’est le peuple qui a perdu. Chaque fois que le peuple se laisse entraîner dans ce cirque politique et perd de vue les véritables enjeux, il y perd. Chaque fois que le peuple se passionne pour ce cirque politique, il le cautionne, et ce faisant, lui donne sa légitimité. On est dans ce que la psychologie appelle le transfert.
En attendant, le peuple continue d’ignorer que la Ve république le prive de tout pouvoir, qu’elle sacralise le pouvoir d’un seul (le Président), qu’elle consacre l’oligarchie et qu’elle sert des intérêts très privés.
La démocratie, voilà ce pour quoi tu devrais te passionner. Pas ce système de gouvernement prétendument démocratique qui se fait trompeusement appeler « démocratie (représentative) » (parfait oxymore), mais la véritable démocratie : le pouvoir de décision entre les seules mains du peuple, soit réunit en assemblée populaire (tirée au sort), soit par referendum ; des outils de démocratie véritables, comme le Referendum d’Initiative Citoyenne, les mandats courts et non renouvelable (rotation des charges), la révocabilité des magistrats à tout moments, les mandats impératifs, la reddition des comptes, le tirage au sort (réelle représentativité).
Mélenchon n’est pas un héros, c’est juste un animal politique comme les autres. Il a du panache, il parle bien, il a le sens de la répartie, mais c’est également un roublard, un calculateur, un manipulateur. Je ne peux pas admirer cela, parce que je me fait une tout autre idée de ce que doit être la politique. Je n’aime pas le pouvoir, et je n’aime pas les gens de pouvoir. J’ai écouté Mélenchon, j’ai suivit sa campagne, j’ai entendu ses discours, à Paris, à Marseille, au Grand Orient, sur les plateaux télé ... J’ai relevé d’étranges contradictions, des incohérences entre le discours et les actes, et j’ai fais le bilan, et je ne le trouve pas brillant du tout.
Tu as le triomphe étrangement placé, dans cette seule « victoire » que Marine Le Pen n’accède pas à l’assemblée nationale. En attendant, la France est maintenant entre les mains du PS, un parti qui est pire que l’UMP car il trahit depuis belle lurette le peuple, en appliquant une politique de droite, en privatisant, en détricotant les acquis sociaux, parfois mieux que la droite elle-même, car plus sournoisement. Bref, la France est entre les mains de traîtres, et grâce à l’action de Mélenchon, ces traîtres ont le pouvoir absolu à l’assemblée nationale. Quel triomphe peut-on encore avoir, si l’on est du côté du peuple ? Le triomphe aigris de celui qui a perdu en quart de finale, mais qui se réjouit que son adversaire ne gagne pas en finale. A tout prendre, autant se passionner pour Roland Garros, non ?
La politique, au sens de Politeia, c’est la façon d’organiser la cité, de générer la cohésion et l’harmonie entre les différents corps constituant de la cité, de trouver des solutions à divers problèmes au bénéfices de l’ensemble des citoyens. C’est gérer la cité.
Mais la politique, au sens de Politikè, c’est aussi l’art du pouvoir, la façon de prendre le pouvoir ou la manière de le garder. C’est le côté obscure de la politique, qui réduit l’essentiel (la politeia) à des arguments et des slogans et transforme le champ politique en arène de combats de coqs.
Depuis ton engagement sans mesure dans le combat de coq de Mélenchon contre Le Pen, tu sembles avoir perdus de vue l’essentiel : les intérêts du peuple. Tu t’es entièrement passionnée pour cette bagarre pathétique qui éloigne et occulte aux yeux des gens - et des militants - des enjeux essentiels. Ce dernier article est l’illustration de cette passion, non pour des idées, non pour la justice sociale, non pour la promotion de solutions à des problèmes sociaux, économiques, politiques, énergétiques, etc. mais uniquement pour célébrer un vulgaire combat de coq.
Toute la misère du système républicain à la française résumée dans ce minable spectacle qui étouffe la politique au sens noble du termes.
Et pourtant, je ne cesse de penser que tu vaux mieux, beaucoup mieux que ça, Ariane. Avec le recul, peut-être t’en rendras-tu compte.