Né en 1968, j’ai suivi des études secondaires artistiques. J’ai ensuite effectué un parcours autodidacte et touché à divers domaines, tant « manuels » qu’ « intellectuels », ce qui me permet de dire que cette distinction entre l’un et l’autre est parfaitement factice, car l’un ne va pas sans l’autre.
J’avais fais quelques recherches sur Mithra pour un récit situé au Ve siècle.
- C’est un culte solaire, issu des
traditions des écoles des
mystères, dont les racines sont sans doute originaires de la Mésopotamie,
en Perse (Iran actuelle). Il se développe probablement durant le IIe
s. avant J.C. dans la partie orientale de la Méditerranée.
- Il se
propage durant les siècles suivants dans tout l’Empire romain et atteint son
apogée durant le IIIe s. ; il est particulièrement implanté chez les soldats romains.
Beaucoup d’esclaves et d’affranchis comptaient également
parmi ses fidèles.Le culte s’est principalement répandu en Italie, en Grande Bretagne,
sur le Rhin et le Danube.
- Le culte
est exclusivement réservé
à la gente masculine (interdit aux femmes) ; on le pense lié au
zodiaque, et en particulier au signe du Taureau (1er signe de Terre,
gouverné par Vénus).Les valeurs d’amitié, de fraternité et de loyauté étaient primordiales
entre les mystes.
- Il est déclaré illégal en 391 (fin
du IVe s.) par le christianisme, qui condamne
à mort les mystes mithriaques. Dès lors, le culte devient clandestin et d’autant
plus marqué par le sceau du secret.
Similarités avec le christianisme :
- c’est un culte solaire (le Christ, comme Mithra, est un dieu solaire)
- il est réservé aux hommes (dans l’Église, l’initiation et la prêtrise est réservée aux hommes)
- la fête principale est le 25 décembre, jour de naissance du Soleil Invaincu (Sol Invictus) ; cette fête est précédée des saturnales, qui ont lieu entre le 17 et le 24 décembre.
- Mithra nait dans une grotte et seuls des bergers assistent à sa naissance (le Christ nait dans une grotte ou dans une étable, et seuls des bergers assistent à sa naissance)
- Mithra se distingue des autres dieux par sa bonté (le Christ se distingue des autres dieux par sa bonté)
- Mithra est un médiateur entre l’humanité qu’il protège et défend
contre les forces des ténèbres et les dieux ; il prie le Dieu paternel Ahura-Mazda, ou la déesse maternelle Anahîta afin d’obtenir son appui dans cette lutte (le Christ est un médiateur entre les hommes et Dieu).
- le dimanche est le jour du Soleil, jour de Mithra en tant qu’incarnation du Soleil (le dimanche est le jour du Seigneur pour les chrétiens).
Mithra, en persan, signifie ami.
Mithra était vraiment l’ami et le bienfaiteur des hommes. Dans la collection
des livres sacrés de la Perse, le Zend-Avesta, dont la rédaction actuelle n’est
pas antérieure à l’ère chrétienne, mais dont les éléments liturgiques sont
beaucoup plus anciens, un hymne nous montre Mithra qui, les mains tendues,
s’adresse en pleurant au grand dieu Ahura-Mazda et lui dit : « Je suis le bon protecteur de toutes
les créatures ; je suis le bon conservateur de toutes les
créatures ! » Pour jouer ce rôle bienfaisant, analogue à celui
d’Apollon et des Dioscures parmi les Grecs, Mithra doit être toujours attentif,
prêt à porter secours à
ceux qu’opprime l’injustice, à combattre et à vaincre les ennemis de l’humanité.
Ce dieu ami est, en même temps, un dieu guerrier, invaincu et invincible (> Sol Invictus). Voici encore un hymne du
Zend-Avesta : « Mithra, au pied
toujours levé, est toujours en éveil, toujours observant les choses il est
fort, il entend l’appel des faibles ; il fait pousser les plantes et
gouverne la terre créature de sagesse, on ne trompe pas Mithra ; Mithra
est armé de mille forces. »
James Darmesteter, en
rapprochant la conception de Mithra de celle de l’Apollon hellénique, a fait
cette observation très juste que les Grecs ont surtout développé en Apollon le
côté esthétique, tandis que les Persans, plus sensibles aux choses de la
conscience, ont développé de Mithra le côté moral. La lumière qui voit tout est
devenue, pour ses adorateurs, l’emblème de la vérité ; Mithra est l’incarnation céleste
de la conscience. On petit dire qu’un dieu même secondaire, conçu avec
de tels attributs, était naturellement destiné à jouer un grand rôle dans
l’histoire des idées religieuses ; c’était un dieu qui avait de l’avenir.
Il semble donc bien que le christianisme, qui s’impose à travers le
pouvoir central de Rome à travers le proche orient et l’Europe, ait à la
fois repris à son compte bon nombre des rites et traditions
mithriaques, et décidé ensuite d’éliminer ce culte en le déclarant
illégal, car il aurait constitué un culte concurrent (du reste, l’Eglise
n’a eut de cesse de faire pareil avec tous les autres cultes à travers
tout le Moyen-âge, la Renaissance et même encore durant les Lumières).
Comme je le disais sur un autre fil, le principal handicap dans notre échange est notre manque d’objectivité mutuel (dans un monde par nature relatif, l’objectivité est de toute façon un leurre). Vous défendez votre vision à partir de votre croyance dans la Bible et l’Église ; je défend la mienne à partir de ma propre compréhension qui m’amène à condamner l’Église et le phénomène religieux dans son ensemble, tout autant que les histoires bibliques (en tant que « paroles divines », j’entends).
Ainsi, en dépit de nos efforts mutuels pour dialoguer, nous sommes dans une impasse. Nous avons évité de nous emporter l’un comme l’autre et en soi, c’est déjà une très bonne chose. Nous avons tous deux une forte conviction, qui vont chacune dans une direction opposée : pour vous, il est évident que la Bible est, sinon la parole de Dieu, au minimum inspirée par Dieu ; pour moi, il est évident que la Bible est une pure création humaine, inspirée souvent par le pire, parfois (mais rarement) par le meilleur de l’être humain, et que cette compilation hétéroclite est utilisée par des institutions et des individus malhonnêtes et malintentionnés. Pour moi, rien n’éloigne plus de la spiritualité que le phénomène religieux, qui n’est en rien différent du phénomène sectaire (sinon dans son échelle).
Quelques soient les efforts que j’entreprendrais pour vous en convaincre, ceux-ci seraient vains et contre-productifs. L’inverse étant tout aussi vrai. Je ne peux pas et ne veux pas juger vos choix, car ils vous appartiennent, à vous et à vous seul. C’est votre vie. La mienne a une tout autre direction.
Il y a quelque chose d’assez ironique à cette situation : votre chemin spirituel vous a entraîné dans ce que ma propre expérience et ma grille de lecture personnelle m’amènent à considérer comme ce qui éloigne le plus de la spiritualité, dans la mesure ou j’ai compris que la spiritualité est une voie unique, personnelle et solitaire. Chaque personne qui entreprend un cheminement spirituel est seule, car la spiritualité, c’est une recherche intérieure. C’est la raison pour laquelle les écoles des mystères, tant dans l’antiquité que de nos jours, sont sous le sceau du secret (le cheminement intérieur est, au sens étymologique, l’ésotérisme, puisque eso- signifie « à l’intérieur »).
Considérant ma conception d’une « divinité » (je n’approuve pas ce terme mais n’en ai pour l’instant pas d’autre) immanente, il est logique que la quête de cette « divinité » se trouve en moi (comme elle se trouve en chacun).
Une ancienne légende hindou raconte qu’il y a très longtemps, tous les humains étaient des dieux. Mais ils devinrent téméraires et provoquèrent tant de bouleversements dans l’Ordre Universel que les dieux majeures se réunirent afin de trouver une solution. Brahma demanda aux autres dieux où cacher la divinité de l’homme afin qu’il ne la trouve pas. Les dieux dirent « cachons la divinité dans les profondeur de la Terre », mais Brahma répliqua que les hommes creuseraient la Terre et finiraient par la trouver. Les dieux dirent alors « cachons la divinité de l’homme dans les abîmes de l’océan », mais Brahma dit non, car les hommes explorerons les mers et finiront par trouver la divinité. Les dieux firent alors une dernière proposition et dire « cachons la divinité de l’homme au plus profond des cieux ». Mais Brahma dit encore non, car les hommes, dit-il, finiront un jour par explorer les cieux et ils trouveront un jour la divinité. Les dieux dirent « nous ne savons pas où cacher la divinité de l’homme, car il semble que l’homme, par sa témérité, parvienne toujours à la retrouver ». Brahma dit alors « Il y a un endroit où nous pouvons sans crainte dissimuler la divinité de l’homme, et c’est en l’homme lui-même, car jamais il ne sera assez téméraire pour explorer ce lieu en lui ». Et ainsi fut fait, et depuis, les hommes cherchent la divinité dans la terre, la mer, le ciel, dans les livres, les pierres ou les astres, et leurs quêtes ne les mènent toujours qu’à la vanité.
Cette légende est une variante du récit biblique de la genèse et plus précisément de l’expulsion de l’Éden. Je la préfère à la version biblique, pour un tas de raisons que je ne développerai pas ici.
Oui, j’ai lu Neale Donald Walsh. Cela étant, pas plus que d’autres ouvrages, je ne prends ce qu’il écrit pour argent comptant. Considérant mes autres lectures tous azimuts, je dirais que Walsh a, lui aussi, de nombreuses références, qu’il a compilée dans ses livres. Il est assez clair que sa cosmologie se fonde sur un dieu immanent à l’opposée du dieu transcendant de la Bible. Personnellement, ma vision cosmogonique repose sur différents éléments empruntés à de nombreuses sources, religieuses, mystiques, cosmologiques, mythologiques, et même scientifique (Werner Heisenberg a écrit une phrase qui résume assez mon approche : « Je considère que l’ambition de dépasser les contraires, incluant une synthèse qui embrasse la compréhension rationnelle et l’expérience mystique de l’unité, est le »mythos« , la quête, exprimée ou inexprimée, de notre époque ». A la manière d’un C.G. Jung ou d’un J. Campbell, je suis syncrétique et je cherche les éléments communs entre différentes approches philosophiques et métaphysiques, pourvu qu’elles fassent sens et coïncident avec mon expérience.
@ nobody
Concernant l’Histoire, comme l’interprétation des ouvrages religieux, je revendique une démarche révisionniste (le révisionnisme est une démarche scientifique qui procède de l’étude de l’Histoire, et permet de revoir le récit que l’on se fait en fonction des éléments nouveaux portés à la connaissance de tout-un-chacun). N’oublions pas que la Terre tourne autour du Soleil, et pas l’inverse. Sans révisionnisme, cette « vérité » cléricale (le géocentrisme) et pas mal d’autres ont valu l’excommunication et / ou le bûcher à pas mal de monde, et cela dès le IVe siècle. Ainsi, Hypatia fut mutilée, traînée nue dans les rues d’Alexandrie et brulée vive par les chrétiens. Ce sont les juifs et les chrétiens qui brûlèrent la Grande Bibliothèque d’Alexandrie : il fallait détruire la connaissance, la science et le savoir, car ils contredisaient les textes et la théologie. Il fallait aussi mettre fin au paganisme et éliminer tous les cultes païens concurrents. Tout pouvoir, toute croyance, qui repose sur l’anéantissement de ses contradicteurs, sur le refus de toute divergence d’opinion, est un totalitarisme, une dictature, et jamais un totalitarisme n’a libéré qui que ce soit. Tous enferment, enchaînent, soumettent et exploitent. Là, je ne fais pas de révisionnisme : ce sont des faits ! Nier les faits Historiques que je viens de mentionner (le saccage de la Bibliothèque d’Alexandrie, le meurtre d’Hypatia) serait par contre du négationnisme (nier des faits authentiques).
Le « bout » par lequel je prends le sujet n’est pas spécialement « amusant », il est juste dérangeant pour les systèmes prétendument représentatifs qui dirigent le monde sans aucune légitimité démocratique. Je ne trouve pas du tout amusant de me voir imposer des décisions par des voleurs de pouvoir n’ayant pas même été élus (Van Rompuy n’a pas été élu, par exemple, et il n’est pas le seul : les dirigeants de la BCE ne l’ont pas été, ils n’ont aucun compte à rendre aux gouvernements, tandis que ceux-ci, par contre, doivent sans cesse rendre des comptes à la BCE - organisme privé, faut-il le rappeler ? ; de même, le FMI, l’OMC, l’OCDE, la Banque Mondiale, toutes ces « organisation non gouvernementales » n’ont aucune légitimité démocratique, mais n’ont pas même de légitimité élective : ils nous sont imposés !). Bref, non, je ne m’amuse pas, je me révolte, c’est tout différent.
Ce n’est pas parce qu’ils ont appelé leurs gouvernements « démocratie » que leur système est démocratique. Ce n’est pas parce qu’on nous ressasse depuis 150 ou 200 ans que « démocratie = élection / élection = démocratie » que c’est la vérité.
Historiquement, la question ne se pose pas : - le suffrage électif est oligarchique - la suffrage par le sort est démocratique
Les principes qui établissent une démocratie stable (et vraie) ne sont pas compliqués, ni à concevoir, ni à mettre en place. Ils ne sont pas du ressort de prétendus experts, et ne peuvent en aucun cas être du fait de ... l’élite (ou ceux qui se prennent pour l’élite). Tout processus démocratique peut - et doit - être entrepris par - et exclusivement par - le peuple. Ce n’est nullement une tâche en dehors de ses capacités.
Je peux dresser, de mémoire, quelques points essentiels qui garantissent un système démocratique :
1) le plus important est une assemblée constituante tirée au sort (en aucun cas élue !) : argument simple à cela « ce n’est pas aux gens de pouvoir d’écrire les règles censées les empêcher d’abuser du pouvoir » (une Constitution a pour but d’affaiblir les pouvoirs afin d’empêcher les abus > conflit d’intérêts évident dans le chef de gens de pouvoir).
2) le pouvoir de décision doit rester entre les mains du peuple, soit sous forme d’une assemblée populaire tirée au sort (on peut envisager - même si c’est moins bien - deux chambres, l’une tirée au sort, la seconde élue - je ne suis pas pour, mais c’est une possibilité), soit sous forme de referendum.
3) le referendum d’initiative citoyenne, indispensable pour permettre aux citoyens (au peuple) de remettre en cause toute décision, ou pour proposer des projets de lois (la Suisse, mais aussi l’Allemagne, l’Italie et 50% des états américains, notamment, font usage du RIC, mais pas au niveau fédéral).
4) des magistrats et mandataires tirés au sort, sans pouvoir décisionnel (décision par l’AP)
5) des mandats courts et non renouvelable (rotation des charges)
6) des mandats impératifs (reddition des comptes avec possibles sanctions à la clef)
7) impossibilité pour les mandataires et magistrats de modifier la constitution (pouvoir supérieur exclusivement réservé au peuple, via une assemblée constituante tirée au sort).
8) organisation des structures décisionnelles au départ de la base, soit : communes (ou cantons) / arrondissements dans les grandes villes > régions > pays, sur un principe fédéral inversé (c’est-à-dire non pyramidal, ou si vous voulez, à pyramide renversée).
La « complexité » n’en est pas vraiment une. J’ai arrêté l’école à 16 ans, et je suis parfaitement à même de m’emparer de ces sujets et d’évaluer les avantages et inconvénients. Je ne suis certainement pas le seul.