J’aurais voté Bayrou au premier tour et blanc au second tour (en cas de non-qualification) si je n’étais pas belge :p
En désespoir de cause, je me contente de voter pour le parti centriste du coin en Belgique !
Comme quoi, ceux qui votent Bayrou n’ont pas forcément une vision mielleuse du monde et de la révolution social-démocrate.
Vivement Dimanche...Du moment qu’on a pas un bête second tour Royal/Sarkozy, on pourra s’amuser.
Maintenant, lorsqu’un article est sans-source et qu’il dénote un manque profond de compréhension des Etats-Unis, il faut oser le dire.
Que ce soit DW ou un autre.
En passant, « La révolution social-démocrate n’aura pas lieu », sans doute le titre de mon 2ème article :)
« Il ne fait plus trop de doute que les démocrates, et partout dans le monde, tournent la page d’une politique dure et droitière qui laisse désormais la main. Comme en France où les élections de dimanche prochain s’aligneront probablement sur la social-démocratie allemande ou italienne, en tous les cas européenne, et bientôt américaine comme notre propos l’amène. Finalement, les forces politiques du centre-gauche reçoivent, d’ores et déjà, le vent de la foule devenue favorable. Et les électeurs portent ces forces de la social-démocratie vers une grande traversée transatlantique qui changera certainement les politiques étrangères et l’avenir du monde dans un sens plus modéré et conciliant. Car ces changements annoncés sont inévitables, dès lors qu’on voit même les forces financières, traditionnellement ultralibérales, mettre la main à la poche pour écarter la politique de Bush qui a échoué, et pour soutenir enfin les démocrates partout. »
Niveau méconnaissance des Etats-Unis, on ne fait pas mieux :
« Il ne fait plus trop de doute que les démocrates, et partout dans le monde, tournent la page d’une politique dure et droitière qui laisse désormais la main. »
En Angleterre, les conservateurs sont bien partis pour reprendre la main et les travaillistes sont loin, très loin, d’une politique sociale et « soft » vu leur soutien à la guerre en Irak.
Dans certains pays nordiques, la majorité social-démocrate a été remplacé par les conservateurs.
Au Quebec, les dernières élections ont constaté la percée impressionnante d’un candidat « populiste » et loin de la vision idéaliste de la social-démocratie.
En Italie, la gauche a remporté les législatives sur le fil. Elle a du rassembler l’ensemble de ses tendances pour y arriver et l’extrême-droite est bien présente en Italie du Nord, la plus développée économiquement.
En Allemagne, la percée de l’extrême-droite en Allemagne de l’Est est très net et le virage « social-démocrate » n’a jamais eu lieu compte tenu de la grande coalition qui s’y est formé.
Même la Chine, réputée « communiste », n’est plus qu’une dictature libérale avec parti unique.
Je passe encore sur les relents nationalistes japonais qui n’ont jamais été aussi présent depuis la seconde guerre...
« Comme en France où les élections de dimanche prochain s’aligneront probablement sur la social-démocratie allemande ou italienne, en tous les cas européenne, et bientôt américaine comme notre propos l’amène. »
La social-démocratie n’est pas encore le courant majoritaire en France, loin de là.
Et lorsque les sondages donnent la droite « dure » (S. + J-M Le Pen) a au moins 40% dès le premier tour, on peut sincèrement douter de votre analyse.
Et n’allez pas parler de social-démocratie aux Etats-Unis...
Les Etats-Unis sont entièrement tournée vers l’économie de marché , tant démocrates que républicain.
Seul le degré change.
Mais n’espérez pas que les Etats-Unis se mettent à l’Etat-providence et au modèle social français...
« Finalement, les forces politiques du centre-gauche reçoivent, d’ores et déjà, le vent de la foule devenue favorable. Et les électeurs portent ces forces de la social-démocratie vers une grande traversée transatlantique qui changera certainement les politiques étrangères et l’avenir du monde dans un sens plus modéré et conciliant. »
La vision typique européenne des « gentils » démocrates et des « méchants » républicains.
8 ans de Clinton et voilà ou on en est...
1.Vous considérez le parti démocrate/républicain comme des groupes bien structuré ayant une ligne politique claire (centre-gauche pour les démocrates...On croit rêver. La gauche américain n’existe pas. Un démocrate qui débarque en France serait considéré au mieux comme centre-droit au pire comme Ultra-libéral). Or, il est avéré que les élus démocrates/républicains sont dépendant de l’état où ils sont. Ainsi, un républicain de Californie sera plus « à gauche » sur bien des sujets qu’un démocrate de Virginie.
2.La politique étrangère des démocrates est loin d’être le « multilatéralisme ». Et seule une personnalité présidentielle forte tournée vers cet objectif pourrait changer la donne. L’ONU reste pour les Etats-Unis une institution qu’il faut gérer et que l’on tolère du moment qu’elle ne va pas à l’encontre de ses intérêts. Les démocrates comptent se replier dans une posture plus « isolationnistes » en intervenant beaucoup moins sur la politique étrangère mondiale, laissant chacun dans sa merde. Mais surtout, ne nous faites pas croire qu’ils seront « gentils » et règleront le conflit Israël/Palestine et celui d’Irak.
Ils ne sont même pas d’accord entre eux pour établir un calendrier précis de retrait des troupes et certains élus démocrates y sont même opposés...
« Car ces changements annoncés sont inévitables, dès lors qu’on voit même les forces financières, traditionnellement ultralibérales, mettre la main à la poche pour écarter la politique de Bush qui a échoué, et pour soutenir enfin les démocrates partout »
1.Ce soutien est loin d’être une norme. Et la campagne aux Etats-Unis ne fait que commencer.
Une fois le candidat républicain et le candidat démocrate désigné, les véritables soutiens financiers se mettront en place. Pour l’instant, ils sont nombreux à attendre celui qui sera le mieux à même de défendre leurs intérêts.
2.Ils ont soutenu G.W. Bush en 2000 par purs intérêts. Ils en feront de même pour la prochaine élection. Ils financeront celui ou celle qui n’ira pas à l’encontre de leurs désirs.
Quelle naïveté de croire que les industriels et les financiers vont se mettre, tout d’un coup, à soutenir les démocrates « partout » !
Allez voir « We feed the World » et vous constaterez la logique première que les financiers suivent : Le profit...et rien que le profit.
Que ce soit sous une dictature communiste, une théocratie, une démocratie...Ils n’en ont rien à foutre, du moment qu’ils ont un environnement stable et une liberté de manoeuvre assez grande pour se déployer.
La révolution social-démocrate n’aura pas lieu. Et encore moins aux Etats-Unis.
Aux futurs électeurs de Le Pen,
Farouchement opposé à la diabolisation de l’extrême-droite, et ayant pour argument l’échec cuisant du « cordon sanitaire » belge face au Vlaams Belang ou l’exemple du FN en France, je ne peux m’empêcher toutefois de m’alarmer lorsque je lis ceci à la fin d’un long (trop long) commentaire :
« Le Pen vite ! »
Je ne nie pas les problèmes qui secouent l’Europe et les pays occidentaux dans leur ensemble face à ce qui est, qu’on le veuille ou non, un choc de culture/de valeurs entre certaines parties du monde. Et je suis opposé tout aussi farouchement au discours de l’extrême-gauche suicidaire désirant ouvrir l’Europe à l’ensemble de la misère du Monde. Autant être tous pauvre, au moins on votera Rouge doivent-ils penser...
Il n’empêche, et quand bien même Le Pen aurait raison sur toute la ligne quant au diagnostic, je me refuserais à voter Extrême-droite. Ou Extrême-gauche. Ou tout autre parti dont l’idéologie sous-jacente comporte une dose non-négligeable de totalitarisme. Je ne fais pas là de la diabolisation. Je ne refuse pas de discuter avec tel ou tel courant politique du moment qu’il accepte le dialogue. (Et croyez moi, même au niveau local, dur dur le dialogue politique avec certains partis)
Mais je me refuse à envisager ne fut-ce que la possibilité de voter pour une mouvance, un parti, une idéologie qui même entouré du plus beau papier cadeau que vous pourrez trouver au Mammouth ne sera qu’un tas de merde peu accomodante. Je parle bien ici du contenu...Pas de ceux qui l’achètent.
Et c’est bien sur le contenu qu’il faut dénoncer, argumenter et mettre à bas cette hypothèse de l’extrême-droite « soft », du racisme « hype » ( pour reprendre une expression des guignols) et de la haine « cool ».
Car le discours de base, le discours sous-jacent qui suinte à travers ce papier cadeau, c’est la haine, le rejet de l’autre, l’intérêt d’une partie de l’humanité. Et d’une partie seulement. A ce titre, je mettrai le doigt sur un point du programme de J-M Le pen qu’il a expliqué sur France 2 :
La fin du RMI pour les étrangers résidant en France.
Or, dans le même temps, il considère qu’ils doivent continuer à payer les taxes de l’Etat Français. Autrement dit, ils sont sensés subvenir à leur moyen EN TOUTE OCCASION mais ils doivent tout de même être solidaires pour le reste du pays...sauf eux. Et ce raisonnement est non seulement anti-constitutionnel (Egalité devant la Loi réduite à néant) mais va aussi à l’encontre des valeurs universelles défendues par l’Europe, la France et l’ensemble de la société occidentale telle que nous tentons de la bâtir depuis la dernière guerre. Cette discrimination envers les « autres » n’est pas acceptable dans un pays démocratique.
On peut esquisser des solutions pour résoudre cet appel d’air engendré par les allocations qui sont, dans certains cas particuliers ( et non pas dans la majorité des cas), détourné de leur but premier.
Le discours « Les Français d’abord » conduit immanquablement à des dérives sécuritaires/libertaires et à une discrimination inacceptable. Et c’est bien cela que je reproche au discours de J-M Le pen : Il promet beaucoup à certains (Les « Français » : Reste à définir qui est Français selon J-M Le pen (Cfr ses commentaires sur Sarkozy) et s’il imposera les mêmes restrictions à un blanc ressortissant de Suède qu’à un noir ressortissan du Sénégal...), au détriment des autres.
Ceci étant dit. Il y a quelque chose de viscéral en moi qui m’empêchera de voter pour les extrêmes. Sans doute le devoir de mémoire. Et je vois déjà ces électeurs se tourner vers moi : « Et encore un gauchiste qui nous balance le nazisme et tout le tintouin. »
Hé bien oui. L’Europe est en paix depuis 50 ans et pourtant, les mentalités n’ont guère évolué. L’extrême-droite revient cycliquement sur le devant de la scène en surfant sur des difficultés économiques et sociales que l’on impute à telle ou telle catégorie. Cette politique du bouc-émissaire simpliste a toujours conduit à des abus. Alors, je ne prétends pas que Le Pen élu, on verra de la fumée monter de l’Elysée. Mais d’un point de vue strictement mathématique, cette probabilité serait de moyenne faible mais de variance importante.
Et il ne faut pas grand chose pour que le pire de la nature humaine se déchaine à nouveau. On considère comme acquis la tranquillité politique de l’Europe. On considère comme acquis les régimes démocratiques qui la faconnent.
Que ceux qui comptent voter pour les extrêmes, qu’ils prêchent la révolution communiste ou l’immigration 0, qu’ils chantent la Marseillaise ou L’internationale, réfléchissent à la fragilité de ces « acquis ». Et qu’ils retrouvent dans leur vocabulaire les notions d’humanisme et d’Humanité. (Avec un grand « H »)
Libre à vous de me traiter de « gauchiste », mais si un jour le brun revenait à la mode, ne dites pas que « vous ne saviez pas ». (Cfr la réaction d’une partie de la population allemande lors de la découverte des camps de concentration)