« Eh bien moi j’aimerais savoir pourquoi nous devrions vous croire, puisque vous n’apportez aucune preuve de ce que vous dites. »
Vous renversez ici la charge de la preuve (méthode classique pour argumenter de manière fallacieuse). Vous dites « Prouvez-moi qu’il ne s’agissait pas d’un compteur Linky, sinon c’est que s’en était un ». Ce n’est pas ainsi que cela fonctionne. C’est vous qui affirmez qu’il s’agissait d’un compteur Linky. C’est donc à vous d’en apporter la preuve.
Aller, je vous guide : il n’est pas très difficile de se renseigner auprès des personnes concernées.
« D’où sortez vous cette exagération ? Des sources ? »
Il s’agit du résultat de l’enquête de l’UFC Que Choisir (numéro d’octobre, en kiosque). Mais comme je l’écrivais cet après-midi, il faut se méfier de ce type d’enquête : les personnes ayant rencontré des problèmes sont plus motivées pour répondre à celle-ci.
« Cette vidéo explique pourquoi nous avons de nombreux incendies sur les transfos ou câbles ».
Cette vidéo explique très bien la différence entre la puissance apparente (celle qui transite dans les câbles électriques) et la puissance active. Certaines installations (dont celles de l’entreprise montrée dans cette vidéo) n’ont pas pris en compte le facteur de puissance. Ceci les pénalise puisque leurs factures sont basées sur l’énergie apparente qu’ils consomment et non celle qui leur sert à faire tourner leurs moteurs.
Si des incendies se produisent parce que l’installation électrique n’a pas été bien dimensionnée ou compensée, c’est la faute de l’électricien qui a fait l’installation. Je ne vois pas le rapport avec Linky, ni les incendies que vous lui imputez !!
Sauf erreur de ma part…
Le facteur de puissance est égal à 1 pour tout équipement
électrique dont le but est de chauffer (convecteurs et plaques de cuisson, grille-pains, par
exemple), ou d’éclairer (sauf lampes fluorescentes non compensées). Ce facteur
peut être légèrement inférieur à 1 si l’équipement est doté d’un moteur
(certains fours, plaques de cuisson…).
La plupart des équipements électroniques (téléviseurs,
ordinateurs…) ont aussi un facteur de puissance légèrement inférieur à 1 (le
ventilateur de mon ordinateur est mu par un moteur).
Par contre, le facteur de puissance est nettement inférieur
pour les moteurs (compresseur de frigo ou congélateur, lave linge, climatiseur,
pompe à chaleur, groupe électrogène…) à moins que ceux-ci ne soient équipés
d’un dispositif de compensation (condensateurs, par exemple : cf. la vidéo de Michel Chevalet).
A un instant donné, le facteur de puissance d’une
installation électrique résulte des facteurs individuels de chaque équipement
en fonctionnement et de leur consommation du moment. Il reste très proche de 1
pour les logements. Par contre, il en va tout autrement pour les entreprises dont
l’essentiel de la consommation sert à faire tourner des machines.
La puissance active (puissance utile) est égale à la puissance apparente (celle qui transite à travers les câbles) multipliée par le facteur de puissance.
La puissance apparente maximale nécessaire à l’activité est utilisée pour dimensionner les
câbles de l’installation électrique et l’ampérage maximum autorisé par le
disjoncteur (15A, 30A, 45A…). Cette valeur est liée à l’abonnement (3 kVA, 6
kVA, 9 kVA…). A noter que ces valeurs
d’abonnement sont conventionnelles (basées sur du 200 volt).
Contrairement à ce qu’affirment les collectifs anti-Linky,
c’est l’énergie active qui est facturée aux particuliers et, ceci reste la règle après le changement de
compteur. Seules certaines entreprises paient la puissance apparente. Cette disposition
les incitent à s’équiper de dispositifs permettant d’augmenter le facteur de
puissance (condensateurs).
Par contre, c’est la puissance apparente qui, si elle est
supérieure à la valeur maximale autorisée par le disjoncteur, fait que le
courant est coupé : avec du 230 volts, un disjoncteur réglé à 30A coupe le
courant si la puissance apparente consommée dépasse 6,9 kVA. Rien de changé pour
ce qui concerne les compteurs Linky : le compteur coupe théoriquement le
courant lorsque la puissance apparente dépasse 6900 VA pour un abonnement 6
kVA. Certains internautes ont même testé une puissance supérieure sans que le
compteur ne coupe le courant.
Seul changement possible : la faible précision des
disjoncteurs autorisait une puissance encore plus élevée avant que le courant
ne soit coupé (tolérance supprimée par les nouveaux compteurs).
« Ce dossier est a minima, il ne parle pas
des procès perdus par ENEDIS et les installateurs »
Combien sont-ils ? Pourriez-vous donner des exemples autres
que celui du pompier de l’île de Ré qui a été relaxé suite à la plainte du
technicien venu remplacer son compteur (votre point n°79). Et n’allez surtout pas
dire que vous en trouvez pas car la presse n’en parle pas.
« Il minimise des incendies qui ont lieu après
l’installation d’un compteur Linky »
C’est sûr qu’ils ne font pas ce que vous faites, à savoir
imputer tous les incendies de compteurs à Linky.
« Silence UFC Que Choisir sur le facteur de
puissance dégradée qui fera monter la note quand les factures seront en KVA, et
plus en KW. »
Où avez-vous lu que nos factures seront basées sur la
puissance apparente (exprimée en kVA) et non la puissance active (exprimée
en kWh) ? Encore de la désinformation.
On attend toujours vos calculs concernant la consommation des concentrateurs puisque vous dîtes les avoir refaits. Sauf erreur de ma part, vous ne nous les avez toujours pas communiqués.
Vos délires paranoïaques vis à vis d’Agoravox m’inquiètent.