En réalité, les archives égyptiennes, qui relatent les moindres
incidents frontaliers, n’ont gardé aucune trace de l’arrivée puis de
l’exode massif d’Hébreux au milieu ou à la fin du deuxième millénaire
avant J.-C. Par contre, l’épopée biblique a pu s’appuyer sur le souvenir
resté vivant en Canaan de l’invasion du delta égyptien par les Hyksos,
puis de leur expulsion brutale au deuxième millénaire. De surcroît, le
récit de l’exode reflète bien les rapports tumultueux de Josias lui-même
avec l’empire égyptien du VIIe siècle avant J.-C.
Quant à Jérusalem, au temps de David et Salomon, 1 000 ans avant
J.-C., c’est un minuscule village, sans développement économique et
intellectuel, incapable de se doter d’une armée, de construire un temple
et de rédiger des textes religieux. David et Salomon étaient tout au
plus des chefs de clan montagnards. Par contre, vers 640, le Royaume de
Juda et sa capitale peuvent enfin se développer en profitant du déclin
du Royaume du Nord puis de l’affaiblissement des Assyriens.
Le pays de Canaan au premier millénaire avant l’ère chrétienne
"... Depuis les années 2000, les recherches archéologiques au
Moyen-Orient, l’histoire des écrits égyptiens et assyro-babyloniens,
ainsi que l’analyse des anachronismes du texte biblique ont apporté de
nombreuses révélations qui transforment substantiellement notre image
des origines du peuple hébreu [3].
Ni les archives multiples et détaillées des empires du Moyen-Orient,
ni les vestiges matériels ne corroborent l’installation puis le départ
des Hébreux de la terre égyptienne au XIIIe
siècle avant Jésus-Christ. Les récits qui nous retracent cette odyssée
ont en fait été rédigés à la demande du roi Josias et de la grande
réforme deutéronomique qu’il a lancée au VIIe
siècle avant notre ère. En 721, les princes et les prêtres du Royaume
d’Israël, au nord, ont été emmenés en exil par l’envahisseur assyrien.
Josias, qui règne sur le Royaume du Sud, rêve d’enfin unifier les deux
territoires et les deux populations qui ont une religion semblable. Pour
y arriver, il fait rédiger par ses scribes, en s’appuyant sur des héros
connus, le récit des hauts faits de David et Salomon censés régner avec
fastes sur un pays unique, honorant un dieu unique, dans un Temple
unique. Et il fait ajouter en prélude l’histoire d’Abraham, de ses fils,
et des avatars de leur peuple au pays d’Égypte."
[3] Ces découvertes sont relatées et exploitées minutieusement par Israël
Finkelstein et Neil Asher Silberman dans un livre incontournable : La Bible dévoilée. Les nouvelles révélations de l’archéologie, Paris, Bayard, 2002.
La dette publique : D’où vient-elle ? À qui profite-t-elle ? 4 avril par CADTM France
Il ne se passe pas un jour en France sans que la dette publique ne soit invoquée pour justifier des coupes budgétaires, des fermetures de services publics, des suppressions de postes de fonctionnaires et des reculs sociaux tel que l’allongement de l’âge de la retraite. Si l’on en croit certains responsables politiques et patronaux qui utilisent la dette publique comme un mistigri, le problème viendrait de l’emballement des dépenses publiques et il n’y aurait d’autre alternative (le TINA : There Is No Alternative de Margaret Thatcher !) que leur réduction drastique.
C’est à de tout autres conclusions que sont arrivés les auteurs de cette étude qui se sont penchés sur le sujet. Ils se sont attachés à répondre à ces questions simples : D’où vient la dette ? A-t-elle été contractée dans l’intérêt général, ou bien au bénéfice d’une minorité ? Est-elle soutenable ? Quelles propositions pour rendre plus démocratique son recours et faire que son utilisation réponde aux besoins de la population ? Au terme de leurs investigations, ils ont mis au jour une situation bien différente de celle qui nous est présentée par les médias.
TOUT CE QUE VOUS AVEZ TOUJOURS VOULU SAVOIR SUR LA DETTE PUBLIQUE SANS JAMAIS OSER LE DEMANDER !
Tout le monde conviendra qu’il y a des fortunes indécentes qui choquent par leur démesure
redistribution volontaire... ?
« Je n’ai pas travaillé ni fait quoi que ce soit pour mériter cet argent » : Marlene Engelhorn, 33 ans, a redistribué son héritage de 27 millions d’euros
« L’héritage, amplificateur des inégalités ». A la mort de sa grand-mère, la descendante du fondateur des entreprises chimiques et pharmaceutiques allemandes BASF a hérité de près de 27 millions d’euros. Militant pour la taxation des plus riches, elle a reversé 92 % de cette somme à des associations.
La Taxe Zucman serait user de la loi, donc de moyens coercitifs... il y aurait peut-être d’autres voies, comme la redistribution volontaire de richesses de ces hyper capitalistes parce que cela conduit à l’iniquité, avec tous les problèmes sociaux que cela engendre.
L’effacement de la dette, ce qui s’est déjà produit maintes fois dans l’Histoire depuis l’antiquité, c’est même un sujet biblique, spirituel...
La remise des dettes au pays de Canaan au premier millénaire avant l’ère chrétienne 27 décembre 2024 par Isabelle Ponet
« Tous les 50 ans, vous déclarerez une année sainte et proclamerez l’affranchissement de tous les habitants du pays… chacun d’entre vous rentrera dans son patrimoine, chacun d’entre vous retournera dans son clan » (Lv. 25,10).
Dès 740 avant J.-C., le prophète Isaïe vitupérait : « Malheur à ceux qui ajoutent maison à maison et joignent champ à champ, au point de prendre toute la place et de rester les seuls habitants du pays » (Is. 5,8).
« C’est assez pour vous, Princes d’Israël. Cessez vos violences et vos rapines, pratiquez le droit et la justice, n’accablez plus mon peuple d’exactions, oracle du Seigneur. Ayez des balances justes, un boisseau juste, une mesure juste » (Ez. 45, 9-10).
« Une grande plainte s’éleva parmi les gens du peuple et leurs femmes contre leurs frères juifs. Les uns disaient : “Nous devons donner en gage nos fils et nos filles pour recevoir du blé, manger et vivre”. D’autres disaient : “Nous devons engager nos champs, nos vignes et nos maisons pour recevoir du blé pendant la famine.” D’autres encore disaient : “Pour acquitter l’impôt du roi, nous avons dû emprunter de l’argent sur nos champs et nos vignes ; et alors que nous avons la même chair que nos frères, que nos enfants valent les leurs, nous devons livrer en esclavage nos fils et nos filles ; il en est, parmi nos filles, qui sont violentées. Nous n’y pouvons rien puisque nos champs et nos vignes sont déjà à d’autres” » (Ne. 5, 1-5).
« Je fus vivement irrité quand j’appris leur plainte (…), je tançai les grands et les notables. (…) Restituez-leur sans délai leurs champs, leurs vignes, leurs oliviers et leurs maisons, et remettez-leur la dette cet argent, de ce blé, de ce vin, de cette huile que vous leur avez prêtés. (…) Que Dieu secoue de la sorte, hors de sa maison et de son bien, tout homme qui ne tiendra pas cette parole » (Ne. 5, 6-13).
« Jésus vint à Nazara, où il avait été élevé, entra, selon sa coutume le jour du sabbat, dans la synagogue, et se leva pour faire la lecture. On lui présenta le livre du prophète Isaïe et, déroulant le livre, il trouva le passage où il est écrit : “L’Esprit du Seigneur est sur moi, parce qu’il m’a consacré par l’onction. Il m’a envoyé porter la bonne nouvelle aux pauvres, annoncer aux captifs la délivrance et aux aveugles le retour à la vue, rendre la liberté aux opprimés, proclamer une année de grâce du Seigneur”. (…) Alors il se mit à leur dire : “Aujourd’hui s’accomplit à vos oreilles ce passage de l’Écriture” » (Lc. 4, 16-21).