Ce qui ,est dit dans ce bon article est difficilement contestable. J’ai l’impression, à l’opposé d’Onfray, que depuis au moins une trentaine d’année on essaie plutôt de « rehausser » Camus au détriment de Sartre à qui l’« on » ne pardonne pas son engagement dans le « mauvais » camp de la guerre froide. Sûrement qu’on pourra reprocher à Sartre d’avoir été un peu trop « stalinien ». La posture d’un Camus au dessus de la mêlée était tout de même plus confortable à tenir et constituait presque une aubaine pour la classe dirigeante. A mon goût le théâtre de Sartre est largement supérieur à celui de Camus mais quoi qu’il en soi ce furent deux très grands personnages de leur époque. Je n’ose croire qu’ Onfray puisse vouloir suggérer une comparaison entre eux et lui en ce qui concerne la stature. Onfray peut tout de même se rendre très utile à combattre des ennemis à sa taille comme BHL par exemple.
. Vous
commencez par poser une question cruciale :
« Comment
imaginer qu’une dictature qui avait duré trois générations ait pu se déliter
aussi rapidement, en à peine six mois ? »
La réponse
se trouve peut-être aussi dansla
question complémentaire : Comment se fait-il qu’un tel régime ait pu se
maintenir trois générations ?
Mon avis est
que Trotsky a donné une excellente interprétation de la nature de l’État
issu de la Révolution d’Octobre après sa dégénérescence stalinienne. Son
interprétation laissait plutôt présager un effondrement très rapide du régime
avec deux possibilités : Une Révolution politique du prolétariat ou au
contraire la Restauration capitaliste.Les conséquences de ladeuxième
guerre mondiale ont bouleversé le pronostic et ont consolidé une caste
bureaucratique auréolée d’une victoire militaire etdont le credo devint la construction du
socialisme en URSS et sa contrepartie, la coexistence pacifique avec l’impérialisme.
Beaucoup d’intellectuelsmarxistes pour
ne citer que Castoriadisn’ont pas
manqué de faire remarquer cette erreur de pronostic de Trotsky qui selon eux
n’avait pas compris que l’URSS était le précurseur d’une nouvelle sorte de
Capitalisme d’État très robuste et dont on voyait mêmeles tendances dans le gouvernement US.
Au
contraireTrotsky pensait le régime
bureaucratique éphémère et fragile car la bureaucratie n’est pas une classe et
selon lui la notion de Capitalisme d’Etat est un contresens théorique. Il
pensait aussi que les bases socialistes de l’économie faisait de l’URSS
l’ennemi numéro 1 de l’impérialisme indépendamment de la « bonne »
volonté conciliatrice de la bureaucratie. Voici quelques réflexions de Trotsky
issues de « Défense du Marxisme » et de « La Révolution
trahie » qui illustrent sa conception.
« La
fonction de Staline comme celle de Green a un caractère double. Staline sert la
bureaucratie et par là-même la bourgeoisie mondiale, mais il ne peut servir la
bureaucratie sans préserver le fondement social que la bureaucratie exploite
dans ses propres intérêts. Dans cette mesure Staline défend la propriété
nationalisée contre l’impérialisme et contre les couches trop impatientes et
trop avides de la bureaucratie. Il
réalise cependant cette défense par des méthodes qui préparent l’effondrement
général de la société soviétique. C’est pourquoi il faut renverser la
clique stalinienne. Mais c’est le prolétariat révolutionnaire qui doit la
renverser. Il ne peut confier cette tâche aux impérialistes. Le prolétariat
défend l’U.R.S.S. contre l’impérialisme, malgré Staline. »
« Ne
nous trouverions-nous pas dans une situation ridicule si nous donnions à
l’oligarchie bonapartiste le nom de nouvelle classe dirigeante quelques années
ou même quelques mois avant sa chute honteuse ? »
"La
chute du régime soviétique amènerait infailliblement celle de l’économie
planifiée et, dès lors, la liquidation de la propriété étatisée. Le lien obligé
entre les trusts et entre les usines au sein des trusts se romprait. Les
entreprises les plus favorisées seraient livrées à elles-mêmes. Elles
pourraient devenir des sociétés par actions ou adopter toute autre forme
transitoire de propriété telle que la participation des ouvriers aux bénéfices.
Les kolkhozes se désagrègeraient également, plus facilement encore. La chute de
la dictature bureaucratique actuelle sans son remplacement par un nouveau
pouvoir socialiste annoncerait ainsi le retour au système capitaliste avec une
baisse catastrophique de l’économie et de la culture."
"Après
la révolution politique, après le renversement de la bureaucratie, le
prolétariat aurait à accomplir dans l’économie de très importantes réformes, il
n’aurait pas à faire une nouvelle révolution sociale.
"Si, à
l’inverse, un parti bourgeois renversait la caste soviétique dirigeante, il
trouverait pas mal de serviteurs parmi les bureaucrates d’aujourd’hui, les
techniciens, les directeurs, les secrétaires du parti, les dirigeants en
général. Une épuration des services de l’Etat s’imposerait aussi dans ce cas ;
mais la restauration bourgeoise aurait vraisemblablement moins de monde à jeter
dehors qu’un parti révolutionnaire."
"Qualifier de transitoire ou
d’intermédiaire le régime soviétique, c’est écarter les catégories sociales
achevées comme le capitalisme (y compris le « Capitalisme d’Etat ») et
le socialisme. Mais cette définition est en elle-même tout à fait insuffisante
et risque de suggérer l’idée fausse que la seule transition possible pour le
régime soviétique actuel mène au socialisme. Un recul vers le capitalisme reste
cependant parfaitement possible"
Je pense que
l’implosion du système soviétique russe a permis de « voir »
clairement ses différents constituants et a validé l’analyse de Trotsky dont
les prédictions ont été vérifiées je dirais au delà de toute
désespérance.
D’accord sur le fond, juste un détail à propos de :
"Il y a eut bien sûr le coup pendable d’Orson Wells, bidouillant une
sorte de radio télé réalité assez convaincante, pour faire croire aux
américains que les martiens avaient débarqué."
Il semble que ceci soit une légende urbaine. La mise en scène radiophonique du célèbre roman La Guerre des Mondes de HG. Wells par Orsonn’a provoqué aucune panique mais tout juste quelques appels téléphoniques d’auditeurs à peine inquiets.
Dans le texte de MR Dugué vous trouverez les deux phrases suivantes à propos de l’Équation de Schrödinger :
"Cette
équation pose des problèmes d’ordre technique car elle n’est que
rarement intégrable (avec des solutions mathématiques).«
»La deuxième conjecture met en œuvre non seulement le sens physique mais
aussi le « fonctionnement mathématique » de cette équation qui n’a
qu’exceptionnellement des solutions mathématiques. "
(Je préfère
employer en ce qui me concerne l’expression solutions analytiques
plutôt que solutions mathématiques mais le fond du problème n’est pas
ici.)
Ces deux
phrases laissent entendre clairement que MR Dugué confère à l’
Équation de Schrödinger une particularité (presque un défaut) du fait
qu’elle n’aurait que rarement une solution analytique. Or cette
particularité n’en est pas une puisque c’est le cas le plus courant
dans tous les domaines où les EDP s’appliquent. Je lui faisais
simplement remarquer le fait en espérant de sa part une explication .
Il me répond maintenant : « J’ai vu votre commentaire et je n’ai pas jugé bon d’y répondre. » !!!!!
Mon
avis est que MR Dugué ne sait pas de quoi il parle et qu’il ne connait
vraiment pas beaucoup les Mathématiques. Cela ne lui interdirait pas de
dire des choses censées sur le sujet du point de vue de la
vulgarisation en laissant de côté les aspects qu’il ne connait pas et en se réconciliant avec l’humilité et peut-être l’honnêteté.