Je vous mets au défi de démontrer qu’un parti, le Front national, qui est pour la restauration du protectionnisme (et donc contre le libre-échange dérégulé), pour la sortie de l’euro (monnaie des rentiers et spéculateurs structurellement), contre l’Union institutionnelle euro-fédéraliste (vecteur législatif principal du néolibéralisme en Europe, et des dogmes qui lui sont associés), pour abolir les accords de Schengen (totale liberté d’établissements des « travailleurs » façon Bolkestein/Mélenchon), pour un rééquilibrage gaullien de notre politique étrangère en faveur de la multipolarité (anti-atlantiste par définition), pour l’instauration de la préférence nationale (qui s’oppose radicalement avec le corpus idéologique de nos chers théoriciens libéraux), serait un parti soi-disant soumis aux diktats néolibéraux en vigueur. Alors qu’en fait, c’est une pure et révoltante escroquerie intellectuelle.
« Voir leur communiqué d’hommage à Tatcher... »
Sur Thatcher, j’ai la sincère impression d’assister à une pantalonnade de votre part. Reprenons les termes exacts du communiqué : « Le FN salue la mémoire d’une dirigeante de conviction profondément attachée à la souveraineté de son pays et adversaire résolue de l’Europe fédérale ».
Sauf à faire dire à ce communiqué ce qu’il ne dit pas, je ne vois pas en quoi il y aurait lieu d’en contester la formulation en tout point conforme à la vision souverainiste, et par conséquent résolument anti-fédéraliste, du Front national.
Mais sans doute vous choquez-vous que l’on puisse simplement adresser ses condoléances à un pays dont l’un de ses ex-dirigeants vient de mourir, un dirigeant seulement élue et réélue trois fois consécutives par ses citoyens. Et naturellement vous êtes démocrate...
Mais au fait j’y pense, le vice-président du FN Phillipot fit de même à l’attention du peuple vénézuélien à la mort de Chavez. Si l’on suit vos arguties fallacieuses et vos sophismes, cela en ferait un aficionado du Comandante ?
Au passage, Chavez ne fut-il d’ailleurs pas un sincère nationaliste qui embrassait le drapeau à chaque apparition publique ? Un farouche catholique qui se réclamait du Christ dans chacun de ses discours ? Un militaire de haut rang issu de l’armée et formé par elle ? Un anti-impérialiste authentique, assumé et géopolitiquement conséquent ? Soit l’antithèse de notre révolutionnaire de salons dorée parisiens, apparatchik du Parti socialiste et ex-sénateur, vénérable du Grand-Orient, et onusien fanatique...
« Qui plus est comme déjà dit ci-dessus en débit des grands discours, le FN n’est pas pour nous sortir de l’UE et de l’EURO »
Le FN pas pour la sortie de l’euro ?
Programme présidentiel du Font national intitulé « Une fin maîtrisée pour retrouver la croissance » :
Soit trois possibilités à l’issue : soit vous êtes aveugle, soit autiste, soit de mauvaise foi. Je pencherai personnellement pour la troisième solution.
« Le PCF a jusqu’au milieu des années 1990 combattu totalement la construction européenne. Il a mis en échec la CED et était l’un des principaux militant du non à l’acte unique et à Maastricht. »
Certes. Et Mélenchon ??
31 ans de PS, 15 de sénatorat, qui a voté pour Maastricht et l’Acte unique européen, pro-mitterrandien de la grande époque, c’est à dire du tournant de la rigueur, de la soumission intégrale à l’ordo eurolibéralisme, de l’adhésion à marche forcée à la technostructure bruxelloise, de tous les reniements et trahisons du peuple français majoritaire ?
Actuel président d’un Front de gauche dont votre indulgence à son égard est inversement proportionnelle à l’hystérie que vous déployez à l’encontre du Front national, pourtant infiniment plus réaliste, lucide et cohérent que ce premier sur les enjeux fondamentaux. Votre prise de position est inintelligible, sauf à faire la démonstration de votre imposture intrinsèque.
« Et en l’occurrence ce qui dans l’histoire ont bien fait la preuve de leur collaboration c’est bien la droite et l’extrême droite dont le FN sont les héritiers. »
Cessez de vous ridiculisez je vous prie, en plus de verser dans un révisionnisme historique tout à fait condamnable.
Doriot, Déat, Laval, Papon, Bousquet, tous ceux étaient-ils de droite, ou plus surement issus des rangs de la gauche radicale-socialiste (voire communiste pour Doriot) ?
Dois-je rajouter que le premier parti politique à avoir collaborer et pactiser avec l’ennemi nazi est factuellement, devant l’Histoire, le Parti communiste français faisant suite à la signature du traité germano-soviétique. Dois-je porter à votre connaissance que Thorez, alors Premier secrétaire du parti, déserte son régiment en temps de guerre pour rallier Moscou sur ordre de Staline, ce qui lui vaudra d’être condamné à mort par contumace par un tribunal militaire en novembre 39, et déchu de sa nationalité française ? Vous le découvrez ? Comme c’est malheureux.
A l’inverse, nombreux sont les cagoulards, croix de feu, Action française à avoir rejoins le Général dès l’armistice signée. Même Darnand, issus de l’extrême-droite la plus dure, futur fondateur de la milice et fusillé à la Libération, fut un héros de nombreuse fois décoré pour fait de guerre contre l’Allemagne nazie en 39/40. Comme quoi l’on pouvait tout à fait appartenir à la droite dure, nationale, et conservatrice, et être un opposant résolu à l’expansionnisme hitlérien.
Tout cela venant bien évidemment ruiner votre postulat fallacieux, pétri de manichéisme adolescent, selon lequel la gauche c’est le Bien, la Résistance, et la droite le Mal et la Collaboration.
C’est factuellement faux, G. Bidault est un membre fondateur du Front national (même s’il s’en écarte rapidement). D’autre part je réaffirme qu’une majorité de membres fondateurs en âge de se battre en 39/45 sont des résistants authentiques.
« Voila ce que disait Marchais le soir du Réferendum : Georges Marchais « l’Acte unique et Maastricht aggraveront tous les problèmes comme on le voit dans tous les pays »
Et voilà ce que disais Marchais dans L’Humanité du 6 Janvier 1981 :
« Je vous le déclare nettement : oui, la vérité des faits me conduit à approuver, sans réserve, la riposte de mon ami Paul Mercieca. … Plus généralement, j’approuve son refus de laisser s’accroître dans sa commune le nombre, déjà élevé, de travailleurs immigrés … En raison de la présence en France de près de quatre millions et demi de travailleurs immigrés et de membres de leur familles, la poursuite de l’immigration pose aujourd’hui de graves problèmes. Il faut les regarder en face et prendre rapidement les mesures indispensables. … La cote d’alerte est atteinte. … C’est pourquoi nous disons : il faut arrêter l’immigration, sous peine de jeter de nouveaux travailleurs au chômage. … Je précise bien : il faut stopper l’immigration officielle et clandestine. »
Votre diatribe est totalement caricaturale, et vous devriez savoir que tout ce qui est excessif est insignifiant.
Du reste vous seriez bien incapables de trouver le début du commencement d’une preuve dans le programme présidentiel du Front national pour justifier de vos assertions, et en fait de vos obsessions. Car il faut être franchement obsédé pour soutenir sans preuve ce genre de délires et hystéries.
Comme souvent le sont d’ailleurs nos antiracistes officiels du racisme et racialisme. La Communauté organisée, sur base essentiellement tribale et ethno-confessionelle, en charge du combat antiraciste en France et qui contrôle l’ensemble de ses officines, en étant l’archétype et le symptôme.
Sur le projet économique et social du Front national, et qui n’existerait pas :
Bien entendu je suppose que ceux qui pensent que le programme économique et social du Front de gauche, qui ne projète nullement la sortie de l’euro, de l’Union, refuse le protectionnisme, se félicite de l’immigration de substitution, participe de la culture de l’excuse à l’endroit du nouveau lumpenproletariat, cautionne les ingérences humanitaires au profit de l’Empire, ceux-là ne sont certainement pas des « idiots », hein ?
Je ne vais pas vous lâcher, et à chaque fois que vous ferez la démonstration de vos contradictions et aberrations criantes, je vous renverrai dans vos cordes comme vous le méritez.
« D’une part, ses propos xénophobes servent objectivement à discréditer toute contestation de la construction européenne. »
Ce jugement de valeur est biaisé d’emblée, puisque VOUS décidez, c’est à dire la bien pensance et le politiquement correct - c’est à dire encore l’idéologie dominante - de ce qui est xénophobe ou non.
Le simple fait que vous et vos comparses criez avec les loups : l’establishment, l’intelligentsia, le pouvoir économique et financier qui a une sainte horreur que l’on envisage de ne serait-ce que réguler les flux migratoires (pour preuve les déclarations récurrentes et dénuées de toute ambiguité à ce sujet de Mme Parisot, présidente du syndicat grand patronal le MEDEF), est pour le moins suspect pour quiconque est conscient des rapports de force politique et idéologique.
Mais cela, loin de vous mettre la puce à l’oreille, ne vous trouble aucunement, aveugle et endoctriné que vous êtes.
D’autre part et sur le fond : qu’y aurait-il de « xénophobe » a ce que l’on souhaita que la France et les français demeurent ce qu’ils ont été depuis quinze siècle, c’est à dire depuis toujours ?! Qu’ils conservent une certaine homogénéité culturelle, une volonté commune de destin, déterminée par un sentiment d’appartenance identitaire minimal, condition certes non-suffisante mais au combiennécessaire afin de garantir une coexistence sociale saine et pacifique ?
« C’est très bien qu’il y ait des Français jaunes, des Français noirs, des Français bruns. Ils montrent que la France est ouverte à toutes les races et qu’elle a une vocation universelle. Mais à condition qu’ils restent une petite minorité. Sinon, la France ne serait plus la France. Nous sommes quand même avant tout un peuple européen de race blanche, de culture grecque et latine et de religion chrétienne » - C. de Gaulle
Vous vous dites démocrates (comme généralement tous les dictateurs en puissance), mais qu’attendez-vous pour demander aux français ce qu’ils pensent des 200.000 entrée légales sur notre territoire chaque année (non compris les illégaux donc), de surcroit en période d’un chômage endémique qui les frappe, de ruine de leur modèle social, de déficits et d’endettement irréfrénés qui obèrent l’avenir même de leurs enfants, de baisse généralisée des prestations sociales etc..
Ce qu’ils pensent des millions d’immigrés entrés sur notre territoire depuis quarante ans, et qui s’y maintiennent ? Demandez leur donc s’ils pensent que ce processus savamment orchestré par les pouvoirs politiques et économiques fut « une chance pour la France » ?
Vous même ne le croyez pas, car personne ne peut le croire vu la dégradation objective que ce phénomène massif à impliqué, a suscité (de concert avec d’autres paramètres à prendre en compte et qui donnent une unicité au libre-échange mondial), comme effets et conséquences sur notre qualité et standard de vie : insécurité galopante, effondrement du niveau scolaire, incivisme généralisé, incompréhension culturelle plus qu’inquiétante, tensions inter-ethniques et inter-confessionelles gravissimes à terme etc...
Vous voulez dire que le Front national ne s’est jamais réellement opposé à la construction européenne ? Vous voulez dire que Jean-Marie Le Pen aurait fait semblant de s’opposer avec constance depuis le Traité de Rome (1957) à la construction du grand mécano techno-fédéraliste européen ? Qu’il était sans doute un agent stipendié de la CIA comme Monnet et bien d’autres ?
Vous voulez dire - contre toutes les évidences empiriques - que son refus obstiné des dérives eurolibérales, son refus de Schengen, de l’Acte unique européen, du Traité de Masstricht, du Traité d’Amsterdam, du Traité de Nice, du sommet de Lisbonne, du TCE, de la monnaie unique dès son origine - et pas 15 ans après comme Nikonoff et consorts, qui ont tout avalisé de cette construction là et se permettent de donner ensuite la leçon - vous voulez dire que là serait la démonstration de sa duperie, alors qu’il n’est qu’en fait la preuve ultime de la médiocrité et incurie insondable, faillite intellectuelle et doctrinale des résistants de la 25è heures que vous soutenez aujourd’hui !!
Vous soutiendriez aussi que parmi les membres fondateurs du Front national en âge de se battre lors de la deuxième guerre mondiale, il n’y en eu pas une majorité qui furent des résistants incontestables, dont le propre successeur de Jean Moulin à la tête du Conseil National de la Résistance, G. Bidault ?
Votre piteuse tentative de défausse politique et idéologique - car c’est bien de cela dont il s’agit, la ruine de votre corpus d’idées pris en défaut par le réel - n’est pas seulement comique, au regard de l’histoire elle est surtout pathétique.
« Sous le prétexte d’établir une monnaie européenne unique et une unité politique, on veut, sans le dire expressément au peuple, engager de façon irréversible un processus de mise en place d’une Europe fédérale sous l’autorité de la Commission bureaucratique de Bruxelles. (…) Il s’agit là d’une véritable conspiration contre les peuples et les nations d’Europe, et d’abord contre le peuple français et la France. Pour remettre celle-ci et son destin à des banquiers apatrides, on arrache à notre pays des pans entiers de souveraineté, et j’insiste - François Mitterrand l’a avoué lui-même - d’une manière irréversible. » - Jean-Marie Le Pen, discours au Palais-Royal, 1 Mai 1992.
« Réunis en ce haut-lieu sacré de la patrie, symbole de sa fondation, de son enracinement, et de sa pérennité, nous jurons de défendre les libertés des citoyens, nous jurons de défendre l’intégrité de notre territoire, nous jurons de défendre la souveraineté nationale de notre patrie, et d’exiger, pour ceux qui auront trahi, le jugement et le châtiment de leurs actes. » - Jean-Marie Le Pen, « serment de Reims », 6 Septembre 1992.
Non Takat je ne fais pas fausse route. Lorsque vous soutenez que le PCF aurait fait le choix de la souveraineté à la Libération, vous rêvez éveillé.
De un, et comme il a été dit, la direction du PCF continuait de prendre servilement ses ordres auprès de Staline, qui, tout naturellement, faisait primer les intérêts géostratégiques de l’Union soviétique (nous sommes alors en pleine partition de l’Europe de l’Est entre « alliés ») à ceux bien compris de la France.
De deux, les conditions notamment en terme de rapport de force, n’étaient pas réunies pour une prise de pouvoir de vive force des communistes en France. N’oublions pas qu’alors, dans l’immédiat après-guerre, des dizaines de milliers de soldats anglo-américains son encore sur notre territoire, qui préfigurent d’ailleurs le stationnement à demeure des forces de l’Otan jusqu’à que de Gaulle (et nul autre) ne décide du contraire.
De trois, cela Staline le savait mieux que quiconque, en plus de fort bien s’accommoder dans un premier temps de la posture gaullienne non-alignée, donc de sa politique, et qui ressort parfaitement des documents déclassifiés.