Bon, je suis plutôt St Germain (Châtel) que Ste Croix et j’ai un peu de mal à vous suivre dans cette catégorisation...
Il est cette vrai que beaucoup de scientifiques n’ont de compétence que dans leur petit domaine de recherche et il existe aussi beaucoup de scientifiques qui sont animés par la recherche d’un profit balisé par les publications qui rapportent des points pour leur carrière.
Il existe aussi, et j’en connais tout de même beaucoup qui sont d’une insatiable curiosité qui les fait passer avec un égal bonheur de la structure de la matière à la critique de Freud ou Nietzsche ou à l’analyse d’une sonate de Mozart ou une fugue de Bach.
Votre description du sage me fait irrésistiblement penser aux énarques : tout entier tournés vers le passé pour en déduire notre futur par une extrapolation linéaire. C’est là ou le scientifique curieux a un petit avantage. Sa curiosité lui fait entrevoir les signaux faibles qui vont faire que notre avenir ne peut se déduire du passé. Quel énarque a anticipé l’avènement de notre société de l’information et de la communication centrée sur Internet ? Lequel peut prévoir les changements de comportement qui vont encore en découler, car nous ne sommes qu’au début d’une énorme révolution de la diffusion de la connaissance.
En principe, les deux catégories ci-dessus sont aussi des intellectuels. Il font plus travailler leur cerveau que leurs mains. Ceux que vous me décrivez comme intellectuels ne sont que les experts auto-proclamés qui ne prendront jamais la peine de se confronter à la réalité. Le déni est un des moteurs les plus puissants de ceux qui prétendent savoir... Ils sont dans le déni d’eux-même et plus motivés par la cupidité que par la vérité. Ils sont aussi champions pour verrouiller le chemin qu’ils ont empruntés. Pourquoi par exemple en économie, ne faire intervenir sur les média que les économistes cooptés du club des économistes et non les autres ? Ainsi une seule pensée économique est diffusée dans les médias et cette pensée n’a rien à voir avec la réalité...
Il ne faut pas oublier l’influence des deux grandes écoles salafistes pour la maîtrise du monde arabe et l’instauration d’un futur califat pour finir la conquête du monde. J’ai nommé le Wahhabisme et les Frères Musulmans. Beaucoup d’événements au Moyen Orient s’expliquent par cette ambition politique. Du côté du Wahhabisme, nous avons l’Arabie Saoudite, les Emirats et l’Egypte et du côté des Frères Musulmans, nous avons le Qatar, la Turquie et l’Iran (alliance contre nature mais Khomeini était un grand admirateur d’Asan Al-Bana). L’Egypte a changé de sponsor en virant Morsi alors que c’est le pays de naissance des Frères Musulmans. En même temps, ils ne pouvaient plus s’opposer aux projets de leurs nouveaux alliés. Il faut noter que les pays qui ne se sont pas franchement associé à l’un de ces deux clans vivent une déstabilisation (Yemen, Syrie).
Il est difficile de prévoir commencera va finir, mais je ne suis pas très optimiste pour les populations concernées.
@njama En fait, nous ne savons pas grand chose sur la destruction de la Bibliothèque dont il ne reste strictement aucunes traces. Nous devons nous en remettre sur les témoignages de différentes époques et nous n’avons aucune hypothèse qui prend le dessus. Sur la destruction par Omar, la source est arabe, mais date du XIIIème siècle. Autrement dit, il n’est pas possible de la valider. Wikipedia (encore lui), nous donne une liste impressionnante d’hypothèses :
la guerre civile romaine entre César et Pompée (env. 50 av. J.-C.) ;
les massacres d’Alexandrie de 215, par l’empereur Caracalla ;
le conflit entre l’empereur Aurélien et Zénobie de Palmyre au iiie siècle ;
les conflits de primauté politique et religieuse entre paganisme et christianisme ;
les conséquences de la conquête arabe (642) ;
plusieurs séismes et raz-de-marées destructeurs, entre 115 et 630 après Jésus Christ, dont celui de 365 ;
plusieurs destructions.
Pour la destruction de la bibliothèque de Ctesiphon, c’est plus tardif encore et c’est Ibn Khaldûn qui en fait le récit au XIVème siècle en reprenant largement le récit précédent de la destruction de la bibliothèque d’Alexandrie. Il ne l’a pas fait pour détruire la légende d’Omar, mais au contraire pour magnifier ses exploits et cette magnification avait un sens beaucoup plus contemporain relatif aux califes de son époque.
Au-delà de l’événement lui-même, nous voyons que la conquête du pouvoir permet tous les mensonges pour créer une légende positive du conquérant... Il faut se méfier de toutes les hagiographies. L’établissement d’une vraisemblance est un travail difficile qui demande de multiplier les sources. Quand il n’y a plus de sources, c’est plus difficile. Les silences sont parfois parlants, mais il faut beaucoup de discernement. Bien fraternellement.
@vraidrapo Les frontières de l’empire byzantin ont beaucoup varié. En 550, l’empire Byzantin à l’époque de Justinien couvrait une partie du Maghreb et allait jusqu’au sud de l’Espagne. https://fr.wikipedia.org/wiki/Justinien Il semble qu’il n’a pas toujours été amical envers les Chrétiens monophysites et cela peut sans doute expliquer l’expansion rapide des arabes qui n’étaient pas encore Musulmans à cette époque.
@vraidrapo Intéressant, les conquêtes arabes ont devancé la propagation de l’islam qui n’a commencé qu’un ou deux siècles plus tard. C’est un berbère associé aux arabes qui a conquis l’Espagne, ce qui nous montre que les populations du Maghreb ont bien accepté les arabes au début. Il se sont sans doute senti libérés du pouvoir des byzantins et ont probablement aidé les arabes. Cela explique sans doute la rapidité de la conquête arabe.