@Emile Mourey Al-Tabari est peut-être un compilateur, mais il connaissait la Sirâh qui était déjà publiée à son époque. Il n’a donc pas pas pu inspirer la rédaction de Ibn Ishâm. Quand à Ibn Ishaq, personne ne connaît ses écrits... Al-Tabari est surtout connu pour être un exégète du Coran et ses écrits répondent principalement à un besoin apologétique de défense de l’islam conformément aux besoins des califes. Il commence par expliquer que le Coran est ininterprétable, mais voue à l’interdit tous ceux qui ne l’interprètent pas comme lui.
« Essayez de comprendre qu’un compiiateur du xème siècle ne pouvait pas inventer un récit aussi complet » Vous ne donnez que peu de crédits aux romanciers. Justement, la seule hypothèse possible est qu’il a rédigé lui-même une partie du roman de la vie de Muḥammad. Il n’est pas possible que tant de souvenirs aient pu circuler de mémoire pendant presque trois siècles sur un homme qui a été complètement oublié pendant 50 ans. Il n’existe même aucune aide à la mémorisation dans ce texte. Al Tabari se coupe parfois en parlant de chose qui n’ont d’intérêt que pour un empire. Muḥammad avait une prédication complètement eschatologique et pensait que le retour du Christ se ferait avant sa mort. Il n’avait que faire des besoins d’un empire.
« vous ne cherchez même pas à comprendre ce que j’écris » Oui, et cela fait longtemps que je ne prends plus cette peine. Je me contente de relever quelques erreurs manifestes bien que cela ne semble pas vous toucher. Je le fais pour vos lecteurs.
@Decouz « David A.King, orientaliste et historien de l’astronomie démontre la fausseté des thèses » C’est un grand classique du déni des Musulmans. Il faut lire Dan Gibson jusqu’au bout, en particulier son dernier livre publié en 2017 « Early islamic qiblas » qui nous donne la méthode utilisée par les arabes pour naviguer dans le désert sans boussole et sans chronomètre. Les travaux de King datent de 1993, nous nageons encore dans l’uchronie. Cette méthode a été retrouvée en chine, où les caravaniers arabes se déplaçaient. Pour l’orientation, ils utilisaient l’étoile polaire et ils n’étaient pas les premiers à le faire. Ce qui est intéressant, c’est que si ils ne mesuraient pas le temps, ils mesuraient les distances avec une grande précision. Les caravaniers récitaient des poèmes pendant la marche derrière les chameaux. Un dromadaire ou un chameau se déplace à une vitesse très régulière et un poème se récite en suivant les pas. La récitation d’un poème se fait sur une distance très précise. Il est également à noter que la mesure du diamètre de la terre s’est fait dès le 3ème siècle avec cette méthode (pas sur la totalité de la terre, mais ente deux puits où l’on pouvait mesurer une inclinaison différente du soleil). Ils utilisaient également des disques gradués pour mesurer les angles. Les arabes étaient experts de la navigation dans le désert en évitant tous le points de péage. Malheureusement, ils ont perdu cette technique par la suite, mais la technique n’était pas perdue pour tous le monde. Quand à l’imprécision de l’angle, c’est à la limite acceptable au Yemen car l’angle est très faible, mais quand il s’agit d’une mosquée à Médine, c’est carrément de l’autre côté. La mosquée pointe vers le Nord... et toutes les mosquées des Omeyyades d’Afrique du Nord et d’Espagne pointent sur un même angle vers vers le sud, ce qui n’a rien à voir avec la direction de La Mecque. Elles sont précises entre elles... Il est clair que la direction vers la Mecque est une décision des Abbassides et que le changement de direction a laissé des traces dans la tradition.
« En effet puisqu’il y a des écrits du 1er siècle de l’Hégire qui mentionnent le Hajj » Du premier siècle, dites, vous ? Quels écrits ? Cite-t-on La Mecque dans ces écrits ?Les premiers écrits datent de l’époque omeyyade et pas avant ʿAbd Al-Malik. La pierre noire a été déplacée par ʿAbd Allah ibn Al-Zubayr, gouverneur de Petra, pour la mettre à l’abri lorsqu’il a été menacé par Al-Ajjaj. La Mecque ne pouvait pas exister avant cette époque et n’a pu se développer qu’après les travaux hydrauliques destinés à récolter les pluies d’orage dans des citernes et éviter les inondations catastrophiques. Seul un empire pouvait engager de tels travaux.
« Ce sont Ibn Ishâq et Ibn Hishâm qui se sont inspirés de Tabari en y corrigeant ce qui leur semblait irréaliste et non le contraire »-> Ibn Ishâq : 704 — 767
Ibn Hichâm : ? — 834
Al-Tabarî : 839 — 923
Les deux auteurs de la Sirâ étaient bien morts avant la naissance d’Al-Tabarî... Nous nageons dans l’uchronie dystopique !
De toutes façons, s’il y a un point où tous les historiens sont d’accord aujourd’hui, c’est qu’il n’est pas possible d’apporter la moindre vraisemblance à la Sirâh. Déjà, le fait qu’elle ne contiennent aucun élément pour permettre l’oralité, l’apprentissage par cœur du texte alors qu’il a été rédigé 150 après les événements décrits laisse supposer que ce texte à bien été rédigé la première fois par ces auteurs sur la base de légendes. De toutes façons, il n’est pas possible que la Mecque ait pu exister avant le 8ème siècle, Muḥammad a été totalement oublié pendant 50 ans après sa mort et il ne s’est jamais appelé Muḥammad. Les textes de l’époque (ils sont tous non musulmans) parlent d’un mḥmt (peut-être Maḥmet) et non de mḥmd qui correspondrait à l’écriture de Muḥammad. Mais il fallait qu’il s’appelle Muḥammad à l’époque du calife ʿAbd Al-Malik car mḥmd signifiait « le loué » ou mieux « le désiré » selon la racine syro-araméenne. Le Désiré, cela ne pouvait être que Jésus dans la prédication eschatologique de mḥmt. Ainsi Muḥammad pouvait remplacer Jésus dans la nouvelle religion purement arabe souhaitée par le calife.
Faites au moins l’effort de lire les historiens contemporains. Lisez par exemple « Le Coran des historiens » qui vient de sortir et vous saurez où en est la recherche historique sur les débuts de l’islam. Des dizaines de livres et d’études sont sortis sur ce sujet ces dernières années. Beaucoup de progrès ont été réalisés depuis le début de ce siècle.
@Sozenz S’il y a contradiction, c’est qu’il y a absence de loi. Bien sûr que nous ne pouvons pas tout comprendre et qu’il nous reste plus de chose à découvrir que de choses découvertes. Mais la science est organisée et nous savons sur quoi nous pouvons nous reposer avec certitude et sur quoi nous devons continuer à chercher. S’il y avait des contradictions dans les lois de l’aérodynamique, vous ne pourriez jamais monter dans un avion, car personne ne pourrait prédire sans trop de risque qu’il vous mènera à destination. C’est la même chose en chimie. Les lois indiquent le domaine de connaissances sûres et les théories ce qu’il reste à chercher et qui est identifié. Une contradiction n’existe jamais longtemps, car elle peut être résolue rapidement en supprimant une des théories sur laquelle la contradiction repose. J’aimerai vous entendre citer une de ces contradictions.
@JC_Lavau Certes, mais il n’y a pas de saut d’espèces dans le cas que vous nous présentez. L’avantage présenté par l’erreur de recopie peut effectivement favoriser les spécimens avec la modification et les lois de Darwin s’appliquent ici. Le problème est d’un autre niveau quand il s’agit d’examiner l’apparition de nouvelles fonctions comme la vue ou l’intelligence. Nous n’avons jamais pu observer l’apparition d’une espèce nouvelle. Que les choses soient claires, je ne dirai jamais que la Bible a raison sur la création des espèces car ce n’est pas un livre de science. J’affirme simplement qu’il n’est pas possible de nier l’existence de Dieu par les lois de Darwin comme beaucoup se permettent de le faire car nous ne pouvons être juste le fruit du hasard. Il nous manque au moins une loi. Peut-être que la science éclairera un jour mes interrogations, mais ce n’est pas encore le cas et il est fort probable qu’il ne sera toujours pas possible de prouver que Dieu existe ou n’existe pas.