@Joseph Si vous avez pu vous sentir offensé par mes propos, je m’en excuse, ce n’étais pas mon intention.
Sur le fond, je maintiens bien que si chaque démarche spirituelle est personnelle, je ne crois pas à une équivalence des démarches. La spiritualité, c’est laisser une place à Dieu ou à un esprit dans son cœur et tout ce qui prend la place n’est pas forcément Dieu. Votre colère me pose justement des questions à ce sujet. Qu’est-ce qui a réellement pu déclencher cette colère ? Je ne crois plus que le mot syncrétisme en soit l’origine. Alors quoi ? Est-ce l’évocation d’Al Hallaj ou des incompatibilités entre Islam et Christianisme ? Est-ce le témoignage répété de la spiritualité chrétienne ? Je n’ai jamais parlé de votre chemin spirituel parce que vous ne l’avez pas dévoilé mais de l’Islam tel que je peux le connaître par les textes et les témoignages. La spiritualité permettant de transcender les textes, vous n’auriez logiquement pas du vous sentir personnellement offensé.
« Dieu étant le même pour tous » Je pense que c’est vrai parce que si Dieu existe, il ne peut y en avoir deux, mais les descriptions que l’on peut trouver dans toutes les religions ne coïncident pas. Il ne nous appartiens d’ailleurs pas de connaître la nature exacte de Dieu.
L’Islam parle d’un Dieu miséricordieux et là nous sommes d’accord, mais l’Islam insiste ensuite sur le jugement de Dieu. En tant que Chrétiens, nous pensons qu’il y a là une incompatibilité. Si Dieu est miséricordieux, il nous accorde le pardon sur toutes nos fautes, pourquoi reprendrait-il son pardon au moment du jugement ? De mon point de vue, s’il y a un jugement, il ne peut venir que de nous même qui refusons cette miséricorde lorsque nous ne la portons pas en nous. Et si Dieu ne juge pas, qui peut juger ? Soyons miséricordieux et nous verrons Dieu !
Joseph, qui êtes-vous vraiment ? Qui se cache derrière ce prénom qui ne semble pas être le votre ? Est-ce le faux nez d’un Islam conquérant et rigoriste qui s’imagine pouvoir convertir tous les Chrétiens ?
@Joseph Les voies de Dieu ne sont pas toujours les nôtres et certains musulmans ont fait l’expérience de l’amour de Dieu, mais autant que je sache, pas de l’amour de Mahomet et de plus les témoignages ne sont pas très répandus en dehors du soufisme. Dans certains cas, on est allé jusqu’à leur donner la mort comme pour Al-Allaj : « Ô gens, quand la Vérité s’est emparé d’un cœur, Elle vide tout ce qui n’est pas Elle. Quand Dieu s’attache à l’homme, Il tue en lui tout ce qui n’est pas Lui.
Mon cœur a banni tout amour, car un autre que le tien m’est interdit. Tu es pour moi esprit et vin, tu es la rose et le parfum, tu es toute joie et tout souci, guérison et maladie. Et couronnant désir après désir, en toi on trouve une paix. » (D 11) Ces propos sont presque compatibles avec le christianisme. Si on ne lui avait pas coupé la tête, le visage de l’Islam aurait probablement été changé.
Si l’Islam reconnaît le Christ et les prophètes, ce qui en est écrit dans le Coran diffère largement de ce qui est écrit dans la Bible et les Evangiles. En ne reconnaissant pas la mort du Christ, le Coran nie la résurrection. En niant la résurrection du Christ, le Coran nie également sa divinité et son enseignement. Difficile d’être moins consensuel avec les Chrétiens. Dire que la spiritualité transcende ces différences est sans doute vrai puisque, une fois le contact avec Dieu établit, le rôle du livre change, mais quel chemin reste à parcourir !
Le syncrétisme est une impasse intellectuelle, car chaque religion a sa cohérence mais la somme des religions n’a aucune cohérence. Puisque vous parlez de recherche spirituelle, je vous encourage à aller dans ce chemin et de prendre le temps d’interroger et de réfléchir. Cherchez et vous trouverez. Si vous demandez directement au Christ s’il est ressuscité ou pas, il vous répondra lorsque vous serez disposé à entendre la réponse et vous n’aurez aucun doute sur le fait que la réponse vient de lui. Quelque soit le chemin que vous prendrez, il est possible que nous nous rencontrions au bout puisque c’est là que Dieu se tient.
@Joseph Je sais que Dieu peut habiter nos erreurs pour nous faire cheminer dans la bonne direction et qu’il est nullement nécessaire d’être baptisé pour avoir accès à son salut.
« Le musulman prie Abraham ou Jésus comme il prie Muhammad »
Aujourd’hui, seul le Christ me donne des signes concrets de son existence. Il m’encourage à suivre son enseignement, mais pas celui de Mahomet ou du Bouddha. Ces signes me sont très personnels et peuvent difficilement être partagés. Je ne peux rien démontrer, donc je ne peux pas convertir moi-même, je ne peux que témoigner. Il revient donc à chacun de rechercher ces signes. Demandez donc sincèrement à Abraham, Jésus ou Mahomet de vous envoyer des signes et vous pourrez vous faire votre propre opinion. Je ne vous encouragerais jamais à demander le baptême si vous n’avez pas fait vous-même l’expérience de l’existence réelle du Christ. La plupart des Musulmans que je connais se sont en fait convertis au Christianisme et je ne suis donc pas forcement objectif. Nous ne sommes jamais allé les chercher, mais tous ces convertis parlent d’une rencontre avec le Christ. Pour eux, le christianisme est un aboutissement de leur démarche de foi qui se traduit très concrètement par un changement de leur personnalité. L’amour reçu du Christ ne laisse pas indemne ! Les relations avec l’Islam seraient sans doute bien meilleures si l’apostasie n’était pas aussi sévèrement réprimée dans l’Islam. A l’inverse, la conversion à l’Islam n’est pas une faute, car la liberté religieuse est nécessaire à une conversion du cœur.
@Joseph Je crains qu’il n’y ait pas de juste milieu, les deux approches me semblent incompatibles. Rudolph Steiner avait cherché une telle approche lorsqu’il a fondé la théosophie dont il reste une petite église protestante : la Communauté des Chrétiens, mais leurs pratiques magiques sont plutôt un frein pour la spiritualité chrétienne.
Personnellement, je suis catholique, ma spiritualité va forcément vers le Christ et c’est pour moi la source d’un très grand bonheur.
Rencontrer des catholiques avec une vie spirituelle n’est pas très facile, car cela de représente guère plus de 10% des catholiques pratiquants. Si vous êtes sur la région parisienne, je vous conseille d’aller faire un tour vers la chapelle de la médaille miraculeuse (rue du Bac) ou vers la paroisse St Nicolas des Champs (rue St Martin). A St Nicolas, les prières pour les malades du jeudi sont très impressionnantes. On peut y comprendre que le Christ veut nous guider dans un chemin de conversion et de spiritualité et la guérison des corps est un signe de son existence mais pas un objectif. De toutes façons, les guérisons restent anonymes, les messages sont donc individualisés et ne s’adressent que très indirectement à la foule présente. Il n’est absolument pas nécessaire d’être baptisé pour y assister.
En tout cas, je vous souhaite de rencontrer rapidement un catholique.