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Patrick Adam

Patrick Adam

55 ans - Résident dans l’ex Rio de Oro, aujourd’hui Sahara marocain. Chercheur autodidacte intéressé à l’histoire de l’Ouest saharien et du Maghreb. Spécialiste du raid de Michel Vieuchange, jeune Français mort en 1930 à son retour de Smara, cité interdite du désert, et dont les Carnets de route, préfacés par P. Claudel, ont connu leur heure de gloire avant de sombrer dans l’oubli. Auteur de différents articles sur le sujet et d’un ouvrage paru en février 2006, aux éditions L’Harmattan, intitulé : "De Smara à Smara".
 [décédé début décembre 2006]
 

Tableau de bord

  • Premier article le 07/02/2006
  • Modérateur depuis le 27/02/2006
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Derniers commentaires



  • Patrick Adam Patrick Adam 24 août 2006 10:07

    @ divers

    Et voilà la réapparition toujours aussi glauque de celui qui confond lamentablement « sottises » avec « sotties » et qui s’en vient donner des leçons de ridicule...

    Patrick Adam



  • Patrick Adam Patrick Adam 24 août 2006 09:22

    @ Marsu

    Salut le bucolique. Une fois de plus tu as raison. Et la réalité des villes arabes correspond à cette différence dans la conception du monde. A ce sujet, mon premier étonnement quand je me suis rendu dans un pays musulman a été de constater qu’il n’existe pas de structure d’accueil pour les personnes en difficulté (le problème étant confié à la famille, au clan ou à la mosquée). Dans le monde nomade, un homme sans famille, sans clan est fini et doit partir à la recherche d’un autre cercle d’accueil. J’ai réalisé de façon cruciale cette absence totale de structures collectives à Taroudant : ville ancienne, capitale du Sous marocain. Son architecture se résume à des tas de murs (remparts délimitant des espaces ecxtérieurs (ennemis) et intérieurs (juifs et musulmans), quelques places, des mosquées, et des quartiers d’habitation gérés par les tribus. Rien à visiter pour un étranger qui passe par là. Des murs, des portes, et c’est tout... Ah, bien sûr, de belles perspectives sur la palmeraie... Et tout le Maroc est ainsi. Le patrimoine architectural que l’on peut visiter est souvent celui qu’ont laissé les Portugais à la Renaissance (Asilah, Azzemour, El Jadida, etc.) les réfugiés andalous (Rabat et Salé), puis les puissances coloniales (Espagne à Tétouan, Larache, Ksar el Kébir, Sidi Ifni), et la France (Casa, Rabat, Mohamedia). Notons qu’Essaouira a été bâtie d’après les plans d’un captif français sur une ancienne place portugaise. A Marrakech, il n’y a pratiquement rien à visiter, sauf des murs, des portes, des places... On n’en sort pas. Les tombeaux des Saâdiens sont restés fermés pendant des siècles et n’ont été redécouverts qu’au début de la colonisation. Le palais de la Bahia est un squelette de terre sèche moins évocateur encore que les Termes de Caracalla à Rome. Celui de Badia est une belle maison bourgeoise vide et sans grand intérêt. Et l’un des monuments les plus visités dans cette ville reste le Jardin Majorelle...

    Pour ce qui est des monothéismes comparés, j’adhère à ta proposition de demander à l’islam de nettoyer ses écuries d’Augias, mais à mon avis, si on ne le pousse pas un peu, il n’est pas du tout disposé à le faire. Il sait très bien que c’est là que le bât blesse. Voir l’épisode des caricatures de Mahomet vite refermé. Agiter, oui. Réfléchir, non. Comme le font le Hamas, le Hezbollah et tous les fachos verts qui nous empoisonnent l’existence. Je pense qu’il faut accompagner les musulmans sincères et ouverts comme le sont Ka ou Wrysia dans un questionnement que seuls, ils ne peuvent affronter face à leurs coreligionaires. Si nous nous défilons, nous le paierons très cher un jour.

    Je reprends la camparaison que j’avais faite sur un fil à propos du Maroc et de sa canditature à la Coupe du Monde 2010. Je sais, ce n’était que du foot, mais c’était bien plus que ça. C’était la possibilité donnée à ce pays si près de nous (l’Afrique du Sud n’incommode en rien l’Europe) de sauter à pieds joints dans la modernité. Nous avons été lâches et inconscients. Le Maroc a été renvoyé pour trente ans à ses démons traditionnalistes et nous en paierons l’addition.

    Bonne journée. Heureux de t’avoir fait sortir la tête du bois... Patrick Adam



  • Patrick Adam Patrick Adam 24 août 2006 08:47

    Bonjour Ka

    Je voulais te répondre plus tôt mais je n’en ai pas eu le temps hier.

    Tu dis : « Oui la source n’étant pas la même, le message n’est pas forcément le même. La présence de la personnification de la souffrance dans la phrase extraite de l’Evangile s’explique peut-être par le fait que dans la religion chrétienne l’homme a été crée à l’image de Dieu alors que dans l’Islam l’homme a été créé à partir d’argile sans référence à l’image de Dieu. Peut-être que c’est de là que vient cette idée de compassion de cette appartenance à une même image donc à un partage de tout ce qui en découle aussi bien dans la pensée que dans les actes. Et dans la phrase de l’Evangile l’idée de compassion est bien présente et pas dans celle extraite du Coran, c’est vrai. Mais tu peux m’expliquer un truc parce que j’ai un doute dans »c’est à moi que vous le ferez« , le moi désigne qui ? Dieu ou Jésus Christ ? »

    A noter que, dans le Coran, l’homme est effectivement créé à partir d’argile mais que Dieu s’y est repris à trois foi,s car il n’arrivait pas à trouver le bon dosage, ce qui explique que les hommes sont de couleurs différentes... C’est quand même un peu bizarre comme explication...

    Effectivement pour un chrétien, Dieu a fait l’homme à son image et toute la vision du monde en est changé, notamment en ce qui concerne la notion de « libre arbitre ». En islam l’homme n’en dispose pas, tout ayant été « écrit » par Dieu, tout étant dans la main de Dieu. Dans le monde chrétien, l’homme conserve son libre arbitre, c’est à dire la liberté de décision à faire le bien ou le mal. Toute l’histoire des origines du christianisme tient à ce dilemne : savoir si le bien et le mal sont oeuvre de Dieu ou du diable et qu’elle est la part de responsabilité de l’homme à choisir l’un ou l’autre. Il est significatif qu’une pratique fort répandue en islam, consiste à laisser l’homme faire à peu près ce qu’il veut durant une bonne partie de sa vie, mais que sentant sa fin prochaine, il se met en règle rapidement avec la religion pour préparer son passage dans l’au-delà. Le péleroinage à La Mecque constituant le point d’orgue de cette « remise à niveau ». Cette pratique est considérée comme une faute par les chrétiens (péché) car si on considère qu’un précepte est loi divine, il n’est pas possible d’en différer son application. C’est ainsi qu’on peut aussi rencontrer en islam des personnes qui pratiquent la dissimulation dans les actes ou dans les paroles (taqqya). pour les chrétiens, le mensonge étant strictement interdit, on ne peut jouer avec la vérité. Il existe des textes intéressants sur ce que l’on a appelé la « restriction mentale » qui n’est pas le mensonge mais qui est de garder le silence sur une partie de la vérité. J. F. Khan a consacré un essai très intéressant sur le sujet, intitulé « Esquisse d’une philosphie du mensonge ».

    Tout ça pour dire qu’effectivement nous sommes devant deux conceptions du monde différentes l’une de l’autre et bien loin de la séparation que sur laquelle Wrysia revient sans cesse entre le monde de la Trinité et celui de l’Unicité.

    Je reprends ton questionnement : « Quand il est dit dans le Coran, »chaque fois que vous tuez quelqu’un c’est comme si vous tuiez l’humanité entière« le verset n’a rien à voir avec le précepte issu de l’Evangile qui est : »chaque fois que vous ferez du mal au plus faible d’entre vous, c’est à moi que vous le ferez« . La personnification de la souffrance est absente dans un cas, alors qu’elle est capitale dans l’autre. »

    Si effectivement il y a personnification de la souffrance, il y a aussi le concept que la souffrance, si elle peut être considérée comme « oeuvre de dieu », la mission de l’homme est de la prendre en charge ainsi que Jésus (donc Dieu pour les chrétiens) s’en est lui-même chargé. Et c’est là toute l’ambiguité et l’originalité du message chrétien où l’on voit Dieu confier aux hommes la tâche de réparer ses propres erreurs lors de la création du monde. Le monde est imparfait et c’est l’homme qui est chargé de le rendre meilleur... Mais tout ça parce que Dieu a voulu donner son « libre arbitre » à Adam. Choisir entre le bien et le mal.

    Plus loin, tu dis : « Peut-être que l’intérêt humaniste ou humanitaire n’existe pas dans ce type de société car elle regroupe un nombre réduit d’individus dans un vaste espace, ce qui facilite l’organisation en communautés tribales et l’exclusion de tout élément extérieur à cette communauté, même si je suis sûre que tous les nomades ne pensent pas comme ça. Mais de toute façon l’intérêt humaniste ou humanitaire tend à disparaître également dans les sociétés où les individus sont concentrés dans un espace réduit pour laisser place à l’individualisme. »

    Et là aussi tu as le don d’avoir les mots justes et de poser les vraies questions. Effectivement le tribalisme fonctionne généralement dans de vastes espaces dans lesquels rien n’est figé. Par définition, les populations s’y déplacent suivant l’intérêt de leur troupeaux. Leur vision du monde dépend du respect de traditions qui définissent les règles dans une famille (jusqu’à l’emplacement immuable des tentes par rapport au chef de clan) et ses rapports avec les autres. Le Coran définit des rapports figés avec les parents, le christianisme suggère qu’il est possible de se révolter contre eux. Donc comme tu le vois, dans le concret, nous sommes loin d’une continuité entre l’islam et le christianisme. Je considère, pour ma part, que l’islam a été un gigantesque retour en arrière par rapport aux questionnements qu’avait soulevé l’apparition du christianisme au sein de sociétés qui, durant plus de 2000 ans, avaient fait passer l’homme d’un univers tribal (où l’individu n’existe pas) à un monde de citoyen (donc un individu relationnel).

    Je sais que de tels propos vont choquer. Je les crois pourtant profondément exacts, et je ne suis pas le seul à penser de la sorte. Et ce n’est que quand, des deux côtés, nous nous exposerons de nouveau à ce genre de questionnement que nous pourrons bâtir une véritable compréhension entre les hommes et non en reconstruisant des mythes sans grand consistance (je pense notamment à celui d’une Andalousie heureuse qui n’a jamais existé que dans le cerveau enfiévré des romantiques français du XIXème siècle).

    Bisous, Ka. Toujours un régal de parler avec toi. Patrick Adam



  • Patrick Adam Patrick Adam 24 août 2006 00:37

    @ divers

    Pour ce qui est de Bush qu’on ressort à toutes les sauces, vouloir le comparer à un fondateur de religion me semble bien osé. Dans 2 ans, Bush sera dans les poubelles de l’histoire et personne n’aura envie de soulever le couvercle. en sera-t-il de même pour les fondateurs d’une religion ou d’une « secte qui a réussi » commme le rappelait un intervenant.

    Pour ce qui est du CRIF, je n’ai jamais dit qu’il s’occupait de politique, mais certaines déclarations concernant une possible loi sur le blasphème n’ont pas manqué de m’inquiéter... A suivre donc.

    Patrick Adam



  • Patrick Adam Patrick Adam 24 août 2006 00:33

    @ IP:xxx.x02.193.186

    Mille fois raison de le souligner. Les gens du MRAP sont tous des copains de ceux de l’UOIF. Ils se sont clonés. Dommage que SOS Racisme finisse comme ça. Il y avait du bon au départ, mais des ambitions personnelles et des querelles de chapelle (et d’ethnies) ont tout gâché... Mektou !

    Le tribalisme, voilà l’ennemi ! Patrick Adam

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