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Phil

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46 ans, journaliste, consultant et formateur multimédia.
Lauréat en 2002 de la Fondation Varenne, pour une série de reportages (titre générique « L’homme au fond du trou »).
J’anime un blog consacré à l’évolution des médias, confrontés à la révolution numérique.

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  • Premier article le 13/03/2006
  • Modérateur depuis le 16/06/2006
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Ses articles classés par : ordre chronologique













Derniers commentaires



  • Phil Philippe Gammaire 4 août 2006 11:35

    Boîte à idées ? Non je crois que celà va bien au delà : NewAssignment me paraît un moyen intéressant pour que la journalistes exercent leur métier de manière légitime et indépendante. Pour se débarasser des pressions économiques (depart de July viré par l’actionnaire), des pressions politiques (départ de Genestar suite à la couv’ de Match sur Cecilia Sarkozy), de l’auto-censure face aux annonceurs et des connivences journalistico-politiques. Toutes ces contraintes qui pèsent sur les journalistes de la presse traditionnelle.

    Derrière ce projet de journalisme citoyen, il y a aussi je crois l’exigence de plus en plus forte de la population de démocratie participative (usages plus fréquent des referendums d’initiative populaire, comme en Suisse par exemple), exigence de vérité face aux « affaires », de transparence aussi dans la vie démocratique.

    C’est bien plus qu’une simple « boîte à idées » pour journalistes en mal d’inspiration.



  • Phil Philippe Gammaire 4 août 2006 11:17

    @ « qui passe par là » : J’abonde dans ton sens. L’analyse concernant un journalisme formaté, simpliste, qui s’autocensure est juste. Sur le fait que le journalisme ou plutôt les journalistes, retombent vite dans leurs propres défauts, je dirais que c’est humain. Effectivement, donner aux citoyens la possibilité de discuter du choix des sujets peut constituer un aiguillon, une incitation permanente à un meilleur journalisme. C’est une motivation supplémentaire, pour un journaliste (et j’en suis), que de savoir qu’il y a des lecteurs qui attendent un sujet.

    Cela dit, dans ce système, attention à ne pas transformer les journalistes en « chevaliers blancs » (ce qu’ils ne sont pas).



  • Phil Philippe Gammaire 4 août 2006 01:09

    Je ne veux pas trop m’avancer mais tout de même, cette discussion semble montrer qu’il n’existe pas UNE opinion citoyenne, mais autant d’opinions que de citoyens. Et que pour arriver à un consensus sur des sujets ou dees enquêtes il faudra dégager des majorités : pas évident.

    Ensuite, une réflexion me vient à l’esprit à propos du journalisme citoyen. Cette expression fait bondir la plupart du temps : foutaises, disent les uns ; manipulation d’antimondialistes disent d’autres, etc.

    Pour moi, le journalisme citoyen c’est oser poser les questions qui dérangent, affronter les pouvoirs, donner la parole à ceux qui ne l’ont pas, dire la vérité sans se cacher derrière de faux prétextes. En celà, c’est un journalisme engagé, qui veut parler du réel sans langue de bois ni connivence. Enfin, c’est une pratique du journalisme qui se réconcilie avec ses lecteurs, en sortant des sentiers battus des medias traditionnels.

    Pour autant, cela ne signifie pas que le journalisme citoyen est partial : sur chaque sujet, il doit donner la parole à toutes les parties en présence. Mais lorsqu’une vérité surgit il s’agit de la dire, y compris si elle dérange les lecteurs (ou même le journaliste qui l’écrit).

    Une petite citation pour finir (tirée du blog d’Olivier Tredan, qui explique la pensée de Jay Rosen) :

    « La « fonction » des médias, selon Rosen, est de contribuer à un meilleur « rendement » de la démocratie et revoir en profondeur certains fondements de la pratique du journalisme. Ce mouvement se situe politiquement dans une forme de continuité du « progressisme » américain du XIXème siècle, rétif à la confiscation du politique par les machines partisanes. Il exprime une exaspération des journalistes devant l’habileté du personnel politique à gérer les médias, la réduction des débats politiques à la « course de petits chevaux » entre candidats. Il traduit aussi une réaction à la désaffection des lecteurs pour la presse écrite, une réponse alternative à la concurrence des chaînes audiovisuelles d’information permanente. Le « Public journalism » vise à faire surgir un « agenda de l’opinion », à se faire l’interprète des citoyens quant à la hiérarchie des problèmes et au chois des solutions. Il repose sur une vision procédurale de la démocratie où la confrontation des opinions est le moteur de la délibération et du choix, le journaliste devenant l’animateur désengagé de ces échanges. »

    Pas mal comme projet, non ?



  • Phil Philippe Gammaire 3 août 2006 14:34

    Une autre remarque : Agoravox fonctionne très bien mais montre aussi ses limites, telles que les décrit Gilles Klein. Effectivement, chacun se rend bien compte qu’il n’y a pas à proprement parler d’infos exclusives sur le site, ce qui n’empêche pas d’y lire par ailleurs d’excellentes analyses.

    D’où votre projet de wiki je suppose. Mais personnellement, je ne suis pas prêt à m’investir bénévolement. Pas par égoïsme, mais par nécessité économique. Chacun pourra aussi comprendre que l’info de bonne qualité a un coût qu’on ne peut éluder. Au risque de me répéter, l’idée de Jay Rosen me séduit car elle concilie la démarche citoyenne et la nécessaire rémunération des journalistes contributeurs.



  • Phil Philippe Gammaire 3 août 2006 14:21

    A mon tour de vous remercier Carlo pour la réponse rapide à l’article. En fait, je pense que NewAssignment.net pourraît concilier deux aspects importants : la participation citoyenne active au processus de choix des enquêtes, de collecte de l’info, de rédaction. Et le financement de journalistes professionnels chargés d’enquêter ou d’aller sur le terrain tout simplement pour rapporter de l’info exclusive. Cette partie-là prend du temps, nécessite des déplacements, bref du travail qui mérite rémunération. Sur la forme que prendrait la structure chargée de collecter des fonds, je ne vois que l’association loi 1901 : pour une question de crédibilité, il faut à mon sens que la structure ne génére pas de profits mais redistribue ses fonds pour son objet (c’est aussi l’avis de Jay Rosen).

    Le projet NewAssignment pose quand même problème, sur la question du choix des sujets. Imaginons qu’une majorité de lecteurs financent un projet d’article sulfureux, aux relents xénophobes, communautaristes, etc. Jusqu’où les lecteurs (qui ne sont pas tous bienveillants, équilibrés, humanistes) auraient-ils raison dans leurs choix de reportages ou d’enquêtes. En celà, je rejoint le point de vue de Ludovic, ci-dessus.

    Sur le fond du projet lui-même, je vous renvoie à l’excellente note d’Olivier Trédan : http://oliviertredan.wordpress.com/2006/08/01/le-renouveau-du-public-journalism-via-internet/ Il adopte un angle sociologique intéressant et explique la démarche de Jay Rosen plus complètement que je ne l’ai fait.

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