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pingveno

Informaticien professionnel et linguiste amateur.

Tableau de bord

  • Premier article le 01/09/2009
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Derniers commentaires



  • pingveno 4 septembre 2009 14:00

    "en attendant d’avoir l’eo comme langue internationalle pour tout le monde, on fait quoi ? On abandonne l’apprentissage de l’anglais au risque de perdre sur le maché international".

    Un bon point pour vous, je vous l’accorde.
    Il est évident que l’eo ne peut être imposé du jour au lendemain.
    Mais on peut déjà commencer par :
    - arrêter de présenter dans les médias l’anglais comme la panacée universelle, surtout si c’est pour culpabiliser les gens à coups de sondages bidons (je partage en partie votre scepticisme sur Eurobaromètre) ou de statistiques truquées (sujet de mon premier article)
    - arrêter de rendre l’anglais artificiellement obligatoire (exemple d’artificialité : dans le primaire on ne peut enseigner que les langues poursivies par le collège voisin ; or le collège voisin n’enseigne que l’anglais en LV1 - et voilà donc l’anglais devenu obligatoire)
    Pour rester dans le thème de l’article (c’est fou ce qu’on dérive vite dans les commentaires) vous et quelques autres nous avez montré qu’il existe des écoles bilingues pas seulement pour la langue anglaise. Très bien. Ce serait parfait si tout français avait le droit de choisir l’école où il souhaite scolariser ses enfants, et ce, sur les critères qu’il veut. Sinon, ayez le malheur d’habiter dans la mauvaise rue et l’anglais sera une nouvelle fois obligatoire pour vous.

    Après, quand ce choix sera effectivement là, il est évident qu’à court terme on n’en aura pas moins une majorité qui choisiront l’anglais. Mais ceux qui feront un choix contraire ne seront plus considérés comme des bêtes curieuses à jeter au bûcher, ce sera déjà un grand pas.



  • pingveno 4 septembre 2009 00:04

     Car intensifier les cours d’anglais, ça veut dire prendre des heures de cours, »

    Peut-être. Ou inventer des méthodes plus efficaces.

    D’accord pour changer les méthodes. Pas sûr par contre que ce soit le sens du mot intensifier, surtout dans la bouche de nos politiques.

    Et ce n’est pas parce qu’on rajoute des heures d’anglais qu’on en soustrait à d’autres matières. En théorie.

    Jusqu’à une certaine limite.

    les réformes de l’orthographe sont tout simplement ignorées par la plupart des gens,

    Pourtant elles font beaucoup de bruit sur le moment. Après je suis d’accord on finit par ne plus y penser. Mais ce phénomène se vérifie partout, on en a vu un exemple récent en Allemagne. Preuve qu’on est quand même un minimum attaché à notre langue telle qu’elle est.

    Je ne suis pas linguiste, et je ne connais pas des masses de langues construites.

    Je ne vous demandais ça que pour vous faire assumer votre affirmation. Je me doutais bien que vous n’étiez pas un spécialiste en ce domaine, pas plus que je prétends n’être un spécialiste en linguistique.

    J’ai trouvé ce candidat sympa : 1, 2, 3

    Toki pona est, si j’ai bonne mémoire, l’oeuvre d’un espérantiste (d’ailleurs le site est disponible en espéranto) et a un but principalement artistique. Ce n’est pas un projet concurrent. Mais je veux bien croire qu’on puisse ensuite vouloir l’utliser comme tel.

    Si ça marche, pourquoi pas. Je suis avant tout attaché au principe de la langue internationale politiquement neutre, et un tel projet rentrerait aussi bien dans ce cadre que l’espéranto. Et cette remarque peut valoir aussi pour nos autres concurrents comme l’ido que vous citiez plus haut. N’empêche que c’est avec l’espéranto que j’ai un vécu et donc c’est lui que je défends, même si je suis prêt à entendre les arguments des autres.

    << Mais bon, je parle comme si la facilité d’une langue était un aspect déterminant. Ce qui n’est pas vraiment le cas >>

    La facilité de la langue est le but, pas le moyen. Quand je citais l’article d’ASP c’était pour dire qu’en effet, utiliser la culture est un moyen de faire aimer une langue bien plus efficace que tout argumentaire sur sa simplicité. Mais concernant le but, c’est à dire disposer d’une langue internationale que tout un chacun puisse parler après quelques années d’apprentissage, alors la facilité doit être un critère de choix.

    Après reste à savoir si l’espéranto est suffisamment conforme à ces critères. Pour avoir vécu de nombreuses rencontres espérantistes, avec des chinois comme des hongrois, des ouvriers comme des docteurs, je peux au moins témoigner que ça me semble mieux marcher que les rencontres internationales anglophones (que j’ai vécues aussi pour des raisons professionnelles) qui ont tendance à rester très « Corporate », on vient pour une raison et on s’y tient faute d’avoir un auditoire suffisamment anglophone pour parler avec la même facilité de son métier et de ses loisirs entre midi. Maintenant je ne dis pas que les rencontres en anglais ne marchent pas du tout, je trouve juste le rapport « effort initial » / « résultat final » bien en deça de celui de l’espéranto. Après si on peut faire encore mieux pourquoi pas, mais n’ayant jamais eu de retour des congrès ido ou interlingua (pour Toki Pona je ne suis même pas sûr qu’il en ait existé mais la langue est encore jeune), je demande à voir.



  • pingveno 3 septembre 2009 23:41

    « A titre exceptionnel, j’ai lu le post de Masson. Faut vraiment avoir du temps à perdre... »

    Entendons-nous bien ASP, je reste espérantiste et donc plus proche des idées de Krokodilo et Masson sur le fond. Par contre je les avais mis en garde avant (sur une liste espérantiste) que je voulais éviter les échanges de noms d’oiseaux et ça valait dans les deux sens, pour vous comme pour eux. Krokodilo n’est pas tombé dans le piège, Masson (que je connais personnellement car j’avais participé à l’organisation d’un de ses congrès, mais dont l’association a depuis beaucoup changé) s’est engoufré dedans à pieds joints donc je ne pouvais pas rester sans le dire.

    Pour le reste j’ai parcouru vos articles et j’ai constaté que :
    - hors espéranto nous avons certaines idées en commun, par exemple sur la loi Hadopi ou sur votre conception de la démocratie ;
    - sur l’article « Henri Potier », tout dépend du sens qu’on lui donne ;
    ** en lisant le début de l’article on pourrait le comprendre comme « vous voyez bien que tout le monde parle anglais puisqu’ils lisent un livre de 900 pages en version originale » ; là je ne suis pas d’accord, je dirais plutôt que tous les prétextes sont bons, y compris un livre populaire, pour mettre les jeunes à l’anglais ;
    ** en lisant l’article jusqu’au bout, donc avec l’exemple des mangas et de Tokio Hotel, alors je suis d’accord pour dire qu’un attrait culturel suffit à apprendre n’importe quelle langue. Et donc que si la culture de l’espéranto, puisqu’elle existe, peut et pourrait attirer des gens si elle était mieux connue et diffusée.

    Après tout dépend de votre but. Si vous avez des objections constructives sur mon article (comme vous pourrez le voir dans mes réponses à d’autres intervenants, même pour manifester un désaccord, j’essaie de répondre de façon tout aussi constructive, après on est d’accord ou pas mais on n’échange pas les noms d’oiseaux) alors essayons d’avoir un débat propre. Mais si le but est de se servir de l’article pour attaquer des personnes (ce que votre premier post pouvait me laisser tout lieu de croire, humour ou pas il visait directement un de vos adversaires et ne s’adressait donc pas à moi et n’avait donc à mon sens rien à faire là) vous comprendrez que ça ne m’intéresse pas.



  • pingveno 3 septembre 2009 21:07

    « Je n’ai pas l’impression qu’il y ait une part du cerveau réservé à l’apprentissage des langues où l’apprentissage d’une langue supplementaire se fasse au détriment de l’autre »

    Hélas il y a justement une zone du cerveau qui s’occupe des langues maternelles (même quand il y en a plusieurs) d’une part, et une autre qui s’occupe des langues étrangères, d’autre part. Vous pouvez sans problème être tri- ou quadrilingue de naissance même quand il s’agit de langues très différentes, français et japonais par exemple. Alors qu’après l’age de six ans environ, toute langue supplémentaire est une langue étrangère et doit donc être apprise à part, même si elle est très proche de l’une des langues maternelles.



  • pingveno 3 septembre 2009 20:52

    << Oui. D’où la solution préconisée par le gouvernement actuel (au moins sur le plan des intentions avouées, la réalité du terrain étant un autre problème) qui consiste à intensifier l’enseignement de l’anglais. >>

    Cette solution trouvera bien tôt ou tard ses limites. Car intensifier les cours d’anglais, ça veut dire prendre des heures de cours, et il faudra bien les trouver quelque part. Et on risque alors de les prendre sur des domaines fondamentaux, un jour les mathématiques et peut-être demain le français.

    Le risque étant qu’à terme on n’ait le choix qu’entre l’abandon de la langue maternelle et une situation où les cours d’anglais (et non pas seulement les cours en anglais) occupent plus de la moitié des heures de cours. Et si on choisit la seconde solution, on aboutira à ce que je connais de mes voisins au Luxembourg : des polyglottes incontestables mais un niveau dans les autres matières tellement bas qu’il leur est difficile d’intégrer les universités à l’étranger, même en passant le bac un an après nous. C’était le sens de ma dernière phrase dans l’article.

    C’est pour ça que je dis : à court terme oui à long terme, non.

    << Ça me fait penser que j’ai collé un bandeau sur l’article de wikipedia parlant de la « propédeutique de l’espéranto », parce que cet article est rempli de citations invérifiables. >>

    D’accord, moi aussi j’aimerais bien avoir des détails un peu plus fournis sur cette étude.

    Je profite donc de l’occasion pour lancer un appel : si un espérantiste est capable de me donner un lien vers une version détaillée de l’étude de l’Institut Cybernétique de Paderborn, je suis preneur.

    << Je ne vais pas vous citer l’Ido, mais arrêtons nous dessus un instant : voila un exemple de tentative d’amélioration de l’espéranto. [...] parmi tout les gens qui reconnaissent que « l’espéranto n’est pas parfait » pour reprendre vos mots, il s’en est trouvé des qui pensaient qu’en corriger des défauts était une bonne idée. >>

    A mon tour je ne vais pas me lancer dans un cours sur les différences entre l’espéranto et l’ido, mais je vais quand même reprendre vos interrogations.

    << il y a eu schisme, controverse violente, >>

    Que l’ido ait ou non les attraits qu’on lui prête, je dirais que c’était inévitable. Si quelques réformes faisaient consensus il aurait été difficile pour une réforme aussi radicale de faire l’unanimité de dizaines de milliers de locuteurs (l’espéranto connaissait une belle croissance à cette époque).

    Le même phénomène se produit en France à chaque fois qu’on fait une réforme de l’orthographe.

    << et depuis personne ne s’est risqué à réformer l’espéranto. >>

    Ce qui veut dire qu’une langue qui est devenue vivante ne peut pas être réformée de cette manière. Aujourd’hui l’espéranto évolue quand ses locuteurs l’utilisent. Certaines réformes de l’ido sont passées, non par une décision de l’académie mais parce que les locuteurs les ont fait leurs et les ont utilisées. D’autres améliorations sont arrivées de la même manière.

    Pour finir sur ce point je réponds à une question d’un de vos précédents messages :

    << l’espéranto a été créé avant la création de la linguistique et sa formalisation, que sa grammaire, sa phonétique, et son vocabulaire le rattachent au groupe indo-européen >>

    Quand je vous disais qu’il est difficile de trouver des réformes qui font consensus, en voila un exemple. Vous trouvez l’espéranto trop rattaché au groupe indo-européen (vrai pour le vocabulaire, moins pour la grammaire). Ceux qui ont créé l’ido pensaient exactement l’inverse et ont donc préféré doter leur langue d’un vocabulaire franco-français. L’ido est plus facile que l’e-o pour un français ou un anglais, mais beaucoup moins pour un russe et pire encore pour un chinois. Est-ce une amélioration ?

    Après il existe des projets de langue construite qui ont la logique inverse : éliminer toute référence même inconsciente à un groupe linguistique identifiable. Cet

    D’où ma réaction à votre phrase "en matière de langues faciles qui mettraient tout le monde sur un pied d’égalité, on a fait mieux depuis. " : telle que je la comprends elle sous-entend qu’il existe un concurrent de l’espéranto qui est de meilleure qualité sur les critères que vous évoquez (et sur les critères je suis d’accord). On ne peut donc pas faire une telle affirmation en restant vague, surtout de la part de quelqu’un qui il n’y a pas si longtemps me demandait de citer des noms.

    << Lorsqu’il s’effondra, sa langue lui survécut pendant dix siècles comme langue véhiculaire des institutions de l’Occident catholique. >>

    "On a enseigné l’espéranto dans de très mauvaises conditions durant quelques décennies, et voici que des êtres humains s’aiment en espéranto. On a enseigné le latin durant des siècles, très intensivement, mais vous pouvez être certain que même un prêtre et une religieuse, s’ils font l’amour, ne l’utilisent pas dans de telle circonstance. Concluez vous-même !" (Umberto Eco)

    Vous citez ensuite des idéologies qui ont mal tourné. D’accord. Alors pour moi l’anglais est un peu la langue lithurgique de la religion ultra-capitaliste. Et donc à moins de considérer que l’ultra-capitalisme est la logique en soi, immuable, et non pas simplement l’idéologie dominante, rien ne dit que sa domination lui survivra.

    PS. Désolé mais il y a semble-t-il des soucis avec l’éditeur de texte d’Agoravox, on ne voit pas toujours quand je vous cite et quand je vous réponds. Mais vous avez fait une remarque en ce sens dans un autre message donc visiblement vous le savez.

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