Il y a deux choses qui m’agacent à chaque fois que ce débat se retrouve sur la table :
- Les partisants de la sortie de l’Euro ne parlent pas ou survolent en termes suggestifs d’une conséquence mécanique : si la monnaie est dévaluée de x% le coût des importations augmente automatiquement de x% Ils omettent donc, systématiquement, que les entreprises françaises paieront plus cher leur matières premières (il faut du métal, des plastiques pour faire une voiture ou un mixer), et que les consommateurs paieront tous les biens importés plus cher (ordinateurs, pétrole...) On serait amené à consommer local, certes, mais tout n’est pas relocalisable (comme une mine de cuivre) et consommer local n’est absolument pas gage de prix stables, et sur ce contrôle de la sécurité des prix : vous n’y avez même pas pensé
- Les catastrophistes envisagent le scénario de la sortie de l’Euro tel quel, sans aucune autre mesure et dans un contexte capitaliste et mondialisé à l’identique. Ils ignorent le fait que tous ceux qui souhaitent sortir de l’Euro vont systématiquement apporter un certain contrôle dans le processus pour le rendre le moins sauvage possible : le contrôle absolu sur la banque de France, peut-être nationalisation des banques. Les catastrophistes tronquent les calculs de la même manière.
Donc sortir de l’Euro est-ce une bonne idée : personne ne le sait, car aucun des deux camps n’expose un plan ou une simulation macroéconomique suffisement détaillée pour prouver ses propos. Des modèles de simulation macroéconomiques existent, comme VIEW par exemple. Quelqu’un a-t-il crée une simulation plausible, avec des marges de maoeuvres face aux réactions du marché ? Non
Politique politicienne ? Lobyisme ? Fainéantise ? C’est toujours et encore les même symptômes !
La sortie de l’Euro est possible, et je vais me repeter :
Sortir de l’UE, changer la monnaie, et tout ce qu’il s’en suit,
chaque étape étant conditionnée au succès total de la précédente... C’est très risqué, c’est être vulnérable à chaque étape contre tous les opportunistes et tous les Soros du monde.
Vous vous défendez bien, et je n’ai pas dit que ce que vous dites est
impossible à réaliser, je ne suis pas contre. C’est réalisable mais
avec une équipe de génies aux aguets qui font du zero-faute.
Personne ne signera une sortie de l’Euro sans un plan extrêmement clair, parfaitement détaillé, habilement flexible à chaque étapes pour se jouer de l’opportunisme du marché
Hélas, au vu de la crise structurelle (et non pas conjoncturelle) du
système, il n’y a pas d’amélioration en vue à moyen et même long terme,
c’est-à-dire dans une perspective à trente ans.
En plein dans le mille.
Anécdote : Ce qui m’a surpris le plus dans la crise greque quand je l’ai vécue, c’etait pas tant l’ampleur généralisée digne d’un film catastrophe s’étalant sur un an. C’était la réaction du peuple grec face au drame : maladroite, grotesque, timide, hyper divisée. En écoutant les grecs de tous bords, des communistes aux fachos, des étudiants aux retraités on pouvait relever un point commun : chacun défendait son intéret en premier et l’intéret général devenait vite une compilation de doléances sans colonne vertébrale. Il s’en est suivi une interminable succession de faux espoirs quotidiens, qui firent que absolument rien de changea. Et ça continue aujourd’hui
Quelque chose d’essentiel est chibré dans le logiciel humain.
Nous sommes victimes de notre capacité d’adaptation qui combinée avec la peur de perdre ce que l’on a, peur qui surpasse toutes les autres, creént un enlisement qui va durer des décénies, c’est ma certitude (et c’est pour ca que des dictateurs ont tenu 30 ans dans certains pays pas si peu développés) La révolution ça arrive quand on n’a vraiement plus rien à bouffer deux hivers de suite et c’est pas pour demain.
Quant au dénoument de la chose dans votre conclusion.
Si l’on fait le tour des valueurs montantes, qui ont la côte chez les hommes : - Individualisme (qui existe chez les communistes, la preuve, ils ne font que se diviser) - Méfiance (face au voisin, face à la qualité des biens, face aux élites de faits ou élus) - Impuissance (face aux lobbies, aux promesses politiques non tenues) - Opportunisme (décuplé par l’impuissance, l’impunité et surtout la disparition de la déontologie)
C’est donc la confiance qui est en crise, et c’est l’une des fondation de notre société (en politique bien sur, mais c’est ce qui donne de la valeur à la monnaie) La crise va se développer le monde devrait changer principalement autour de la perte graduelle de confiance. Du coup je ne pense pas qu’il y aura de réelle opposition de classes, puisque les riches ne pourront plus vivre parmi les pauvres : ils fuiront tous à Dubai ou se construiront des pardis artificiels en se lamentant d’avoir perdu Paris. Les pauvres devraient continuer à se diviser, chacun pour soi.
Approchant de la quarantaine, on va dire que j’extrapole un peu, je suis entre les deux mondes :
- D’un coté j’ai connu la joie de vivre dans la 4L de mes parents, le charme des congés payés à l’ancienne.
- D’un autre coté, je suis informaticien sans emploi et sans perspective qui a eu la chance de connaître des jeunes gens pas très fréquentables chez l’Aube Doreé et chez les Kibice (supporters de foot polonais ultra-violents) Et bien que j’adhere pas à leur méthode, je les comprends.
Aujourd’hui il n’y a plus beaucoup de place pour l’espoir entre le chômage, le sauvetage de la planète, les MST, la vue de ses parents qui survivent avec leur retraite, les mensonges perpétuels des politiques. Même les bronzés font du skis est devenu un film ostentatoire pour les jeunes : des vacances hors de prix à la neige dans l’insouciance ? Quelle arrogance alors qu’on peine à payer le loyer et qu’on est bombardés de mauvaises nouvelles au quotidien ! . Beaucoup de jeunes pensent seulement que le vieux sont envieux de la jeunesse des jeunes.
Je crais au contraire que beaucoup de jeunes soient envieux de la jeunesse des vieux
De l’autre coté, les vieux je connais un peu. Au lieu de toucher le RSA et d’autres aides, au lieu que ma mère aille dans un EPHAD ou autre mourroir hors de prix, elle m’héberge et je m’occupe d’elle au quotidien.
Vous les vieux vous vous l’êtes coulé douce toute votre vie. Vos grands combats vous les avez faits dans les salons à grands coups d’égo. Pourtant vous connaissiez les problèmes qui allaient survenir. L’équilibre des caisses de retraites ou écologie par exemple, étaient des thèmes qui sont nés au début des années 70, et l’immigration ? un thème récurrent avec les polonais, les italiens, les espagnols et le portugais...
Vous n’avez rien foutu, et je peux ressortir la vieille photo de vous dans votre Fuego polluante à ceux qui se vantent d’avoir tant contribué. Tout le monde savait que le pétrole s’arrêterait un jour et vous vous en foutiez.
Avant, fallait vraiement être un manche pour pas avoir de boulot, et maintenant on est un cador quand on en a un... Et vous aviez un boulot pour quoi ? pour vous offrir la télé et la Fuego pardi ! Et encore, maintenant les jeunes sont payés au lance-pierre et faut qu’ils financent le troisième age par dessus le marché.
Alors pourquoi bosser ? Pourquoi en chier des années de droit ou de médecine pour des cacahouettes ? Pourquoi garder propre une planète que vous n’avez pas respecté ? Le communisme est un mensonge, le capitalisme est un mensonge, le boboisme est un mensonge alors autant tout casser.
Hum, pas si sûr, vu qu’il y a plus de religiosité (superstition) en
Russie qu’en UE. La vitesse à laquelle les russes ont reconstruit leurs
églises dorées à la feuille d’or prouve bien que 70 ans de communisme
n’a pas réussi grand chose en matière de religion.
C’est exactement ce que je voulais dire : le choix de l’UE est avant tout un rejet viscéral de l’héritage communiste, essentiellement à cause de l’opression contre l’église par l’ancien pouvoir.