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quijote

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  • quijote 21 octobre 2016 23:00

    f@velosolex

    Je ne sais pas exactement ce qu’est votre avis sur le principe de « l’élève au centre » car votre propos n’est pas très clair sur le sujet. Mon avis est que c’est une des plus belles âneries, pour reprendre votre mot, jamais invoquée dans le domaine de l’enseignement, voire de l’éducation. Car mettre l’élève au centre, c’est mettre l’enfant au centre. Et mettre l’enfant au centre, c’est mettre le désir de l’enfant au centre. Or, je vous garantis que le désir de l’enfant n’est pas d’apprendre l’orthographe, ni d’apprendre le théorème de Thalès ou les déclinaisons latines...
    L’idéal est, certes, d’utiliser le moteur du désir de l’enfant pour enseigner, mais c’est loin d’être toujours possible. Dans certains cas, oui. Dans un tas d’autres, non. Je crois personnellement davantage à l’effort et donc à la volonté. Sans prétendre, pour des raisons évidentes, que ce soit la voie exacte à suivre, on est obligé de reconnaître que ce sont les pays d’Asie du sud-est qui arrivent en tête dans les études Pisa. Tout leur système est fondé sur l’effort. Nos élèves occidentaux n’y résisteraient pas. Il n’en demeure pas moins que l’on reste parfois confondu devant le manque de volonté de nombre de nos élèves, qui veulent réussir, absolument, mais n’ont pas le courage de faire les efforts nécessaires. On a le sentiment que la « modernité » leur a retiré toute colonne vertébrale « mentale », si je puis m’exprimer ainsi. Pourquoi faire un effort quand je peux rester sans rien faire ?



  • quijote 21 octobre 2016 22:36

    @Alren

    Je souscris tout-à-fait à vos diverses remarques, en particulier les dernières.



  • quijote 21 octobre 2016 22:30

    @Aristide

    Je prétends juste qu’on ne se mette pas à notre place quand on n’y est pas. Et donc, je n’ai pas de problème avec le fait qu’un élève parle de son expérience d’élève. Ni avec le fait qu’un parent parle de son expérience de parent ou d’ancien élève.
    Je répète que les variations des statistiques que vous évoquez ne changent rien sur le fond de ce que j’avance : les réformes imposées par nos élites n’ont fait que réduire les chances des enfants des classes populaires quand leur but avoué était strictement le contraire. Échec massif donc, que ces mêmes gens veulent résoudre par plus... de la même chose.



  • quijote 21 octobre 2016 13:06

    @Aristide

    Erreur, je n’interdis rien. Mais je prétends que, de même que pour pouvoir parler précisément du métier de boulanger, il me semble qu’il vaut mieux l’être, eh bien pour pouvoir parler précisément du métier d’enseignant, il me semble qu’il vaut mieux l’être ou l’avoir été. Car en parler uniquement depuis un point de vue extérieur, c’est simplement méconnaître la réalité du vécu, excusez du peu... D’où la remarque que je me fais souvent à la lecture d’opinions sur le sujet ( et il y en a infiniment plus que sur le métier de boulanger... ) : mais de qui parlent ces gens ? Ni de moi, ni de mes collègues en tout cas.
    Il est possible que je me sois trompé dans les chiffres. Donnez-moi donc les références des vôtres. Oui, je suis un peu méfiant : les derniers statistiques que j’ai lues à ce sujet ( incapable de dire où, j’avoue ) donnaient effectivement moins de 5%. Quoi qu’il en soit, comme vous avez l’honnêteté de le reconnaître, le fond de mon raisonnement n’est en rien remis en cause. A plus forte raison lorsque vous concluez votre commentaire très exactement de la même façon que moi.
    A savoir que le milieu socioculturel dans lequel baignent les enfants est d’autant plus prégnant que l’institution se révèle moins exigeante avec eux. D’où le tragique des décisions que j’ai évoquées dans mon premier commentaire, parfaitement contre productives.



  • quijote 21 octobre 2016 11:07

    Bon papier. Un des drames de ce métier est que les gens croient savoir ce que c’est que d’être face à une classe parce qu’ils ont deux ou trois enfants à la maison. D’où les sempiternelles conneries que l’on entend ou lit à longueur de forum. Je prétends qu’on ne peut savoir ce qu’est ce métier qu’en le pratiquant effectivement et suffisamment longtemps.

    Il faut aussi dire que les campagnes de presse initiées au début des années 80 ( enseignants = paresseux, privilégiés, etc ) ont globalement tout-à-fait bien fonctionné et ont été mises à profit par le ministère et nos élites pour imposer tout un tas de réformes plus ou moins funestes qui ont abouti aux formidables résultats que nous pouvons constater pour nos élèves français dans les études Pisa. Oui, je sais que ces fameuses études sont loin d’être exemptes de défauts mais tout de même... Qui ne s’est pas rendu compte du naufrage organisé qu’ont souffert des notions aussi fondamentales que l’orthographe, la grammaire et la conjugaison ? Aujourd’hui, un élève capable au lycée de distinguer à peu près sans faute un infinitif d’un participe passé ( chanter / chanté ) est un petit génie. Et je ne parlerai pas du subjonctif pour rester poli...

    Ces sabordages divers et variés organisés par les génies de l’inspection ( d’aucuns disent au sein des loges de nos « amis » francs-maçons, je n’ose y croire ) l’ont été au titre de la nécessaire égalité qu’il fallait imposer entre les élèves des différentes classes sociales. Aaah, l’égalité... Qui aurait le front de s’opposer à si beau et si juste objectif ?

    Moi. Et d’autres. Qui nous sommes rendus compte que depuis ces réformes, les écarts n’ont cessé de se creuser entre enfants des classes populaires et enfants des classes moyennes. Ni plus ni moins que l’effet opposé de celui que nos génies des loges et de l’inspection prétendaient atteindre... Pourquoi ? Très simple : plus vous baissez le niveau d’exigence scolaire, plus le niveau socio-culturel des parents devient prégnant dans les résultats des enfants. En conséquence, là où il y a 25 ans, grâce aux exigences alors en vigueur, qui permettaient à ceux des enfants des classes populaires qui le pouvaient d’atteindre les grandes écoles, ces derniers représentaient 20 à 25% des effectifs desdites grandes écoles. Aujourd’hui ? Moins de 5%...

    C’est pas grave : ça fait plus de places pour les enfants des inspecteurs et des francs-maçons. Des génies, je vous dis !

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