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Robin Guilloux

Robin Guilloux

Je suis professeur de Lettres.

Tableau de bord

  • Premier article le 12/10/2011
  • Modérateur depuis le 17/09/2012
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Derniers commentaires



  • Robin Guilloux Robin Guilloux 14 février 2018 15:54

    @Attila

    Vous avez raison, les Hébreux ont ignoré le concept (grec) de « nature » (Phusis). 
    Je voulais dire que celui dont on ne peut prononcer le nom est absolument transcendant par rapport au monde (ce n’est ni une plante, ni un animal (Egypte), ni un homme (Grèce)...) ; il est interdit de le représenter, de s’en faire une image (idolâtrie). 
    Dans la discussion que vous évoquez sur les conditions de possibilité de la pensée scientifique, on a réinvesti (indûment) le concept grec de nature dans la pensée juive en affirmant que la pensée judéo-chrétienne en séparant Dieu de la nature, en affirmant la transcendance divine par rapport au monde avait permis le developpement de la science, ou plus exactement, l’accouplement de la science et de la technique, ce que n’ont pas fait les Grecs pour des raisons religieuses (le danger de l’Ubris, de la démesure et la sacralisation de la Phusis (que reprend sans examen Heidegger). 
    Il n’empêche que les Grecs de l’âge classique semblent s’être volontairement abstenus de développer la technique (selon Marcel Conche) jusqu’à l’époque hellénistique (Alexandrie), les Romains n’ayant pas été aussi regardants sur cette question, malgré le culte de Cybèle, et que l’affirmation de la non sacralité du monde (de la nature, de la Phusis) a certainement été l’unes des conditions de possibilité de la techno-science.


  • Robin Guilloux Robin Guilloux 13 février 2018 21:23
    • @Attila
    La pensée de Philippe Descola n’est effectivement pas aussi connue qu’elle le mériterait. 
    On assiste actuellement à une sorte de sacralisation de la nature (qui provient de l’hypostase de la notion de nature) qui est l’essence même du paganisme et qui différencie les religions païennes du judéo-christianisme. 
    J’ai beaucoup de respect pour Spinoza, mais son « Deus sive Natura » ne pouvait que déclencher l’anathème des autorités juives d’Amsterdam que je comprends (sans admettre la tentative d’assassinat)
    Spinoza s’attaquait au cœur même du judaïsme. Le judaïsme ne cesse d’affirmer que la nature n’est pas sacrée, que Dieu est transcendant par rapport à la nature et qu’il n’est pas sacré, mais « saint ».. Sans être climato-sceptique, j’avoue avoir du mal avec l’idéologie de la décroissance et l’opprobre jetée sur la technique et la science. 
    Ce n’est pas un hasard, je pense si la critique de la technique est au cœur de la pensée crypto-nazie de Heidegger. 
    Descola déconstruit toute cette idéologie européocentriste. Les peuples premiers ignorent superbement cette dichotomie entre nature et culture. En fait, ils ignorent ces notions que la pensée occidentale projette sur eux et dont ils font l’essence du réel.
    Lire Descola, c’est faire une « expérience de pensée ».


  • Robin Guilloux Robin Guilloux 10 février 2018 02:35

    @Christian Labrune


    Je suis d’accord. Vous avez bien vu, je pense, l’amalgame étrange entre la pensée de Heidegger (qui figure sur la photo au-dessus de l’article, aux côtés de Granet) et le marxisme chez Granet.

    Granet fait partie des penseurs « électrocutés » qui se laissent traverser par des contradictions qu’il n’arrive pas à penser sereinement. Après le « freudo-marxisme », le « marxisme heideggerien »... On nage en plein surréalisme !. Sa préface est un témoignage d’une époque brouillonne qui n’arrive pas à différencier les « niveaux ». Il y a des moments où il faut faire une cure de silence, aller se promener dans les bois et arrêter de penser à vide (le bouddhisme Zen peut aider !)

    Mon article visait à exhumer et à interroger une curiosité. Car c’est tout de même étrange qu’un homme qui a pris la peine de traduire un pavé de plus de 600 pages écrive dans la préface à sa traduction que le texte est « désuet » et sans intérêt. 

    Ceci dit, c’est vrai que la « solution » de Husserl à la crise qui secoue l’Europe dans les années 30 et qu’il semble réduire à une crise de la raison (de la science) paraît un peu... comment dire ?. C’est dans ce sens qu’il faut prendre la qualification « d’idéalisme ».

    Husserl est « idéaliste » quand il confond la maladie avec un de ses symptômes (Hannah Arendt a noté qu’il était tout-à-fait étranger à l’histoire et à la politique), mais il ne l’est évidemment pas dans son approche phénoménologique : la phénoménologie est bien une pensée qui veut aller droit aux choses mêmes, abolir le dualisme sujet/objet et la notion platonicienne d’arrière-monde. Et quoi qu’en pense Granet, tout n’est pas réductible à la politique et à l’histoire.


  • Robin Guilloux Robin Guilloux 9 février 2018 17:14

    @rogal


    Mon article est surtout une incitation à faire une cure de désintoxication avec la lecture des analyses de Bourdieu, de Farias et de Faye. Je ne pouvais pas reprendre tous les arguments des uns et des autres et en plus ceux des défenseurs de Heidegger.

    Je reconnais son aspect « superficiel » et « à charge ». Je me situe principalement du point de vue de ceux qui ont subi la loggorhée oraculaire du « plus grand philosophe du XXème siècle » dans les années 70 et qui en veulent à leurs aînés de leur manque de recul et de sens critique.

    J’ai relu hier soir l’article de Palmier dans les Cahiers de Lherne. Palmier est complètement dans le déni. Il a peut-être l’excuse de l’ignorance (années 80). Mais Waelhens, lui, persévère et signe en 2017, alors qu’on sait maintenant pratiquement tout.

    On s’attendrait, étant donné ce que l’on sait maintenant, aussi bien par les textes que par les faits (participation de Heidegger à la commision du droit allemand jusqu’en 42, cours des années 33-35, désormais disponibles) à ce que ses thuriféraires les plus zélés fassent amende honorable. Mais comme je le dis dans l’article, on a l’impression qu’ils ont été envoûtés comme les Allemands l’ont été par Hitler. 

    L’urgence actuellement est d’exiger l’ouverture des archives gardées par le petit fils de Heidegger, Arnulff et la mise à disposition de tous les documents, sans exception en toute transparence.


  • Robin Guilloux Robin Guilloux 8 février 2018 11:13

    @Titarmo
     smiley

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