Pourquoi pas un écart de 1 à 10 ? Voire un jour, plus d’écart du tout ? Et croyez-moi, je suis sérieux...
De toute façon, ce n’est ni à vous ni à moi d’en décider, mais au pays, le jour lointain (si ça arrive) où il aura repris le contrôle de sa destinée. Réagir à mon post en évoquant les « 300 000 » des méchants riches, c’est, hélas, tomber dans le piège de ce genre d’enfumage fiscal. L’important, bien sûr, ce sont les gens qui gagnent beaucoup moins que ça, et qui seront lourdement pénalisés par la « progressivité de l’impôt » alors que leurs revenus, aujourd’hui, sont le principal moteur de l’économie.
Maintenant, on peut aussi se croire au temps des Misérables ou de Germinal et donner dans l’ouvriérisme à trois balles comme à la grande époque du Bastion du Socialisme. Dans une France qui n’a jamais été aussi riche, on peut, comme M. Hollande, rogner sur tout et bousiller la machine. On peut considérer comme riche, ainsi que le ferait sans doute aussi M. Mélenchon, un couple avec deux enfants qui vit en région parisienne avec des revenus mensuels de 5800 euros. Tant qu’on y est, comme les imbéciles de BFM, on peut prôner la rigueur salariale, la diminution des déficits et les réformes structurelles tout en éclatant en sanglots parce que le carnet de commande des entreprises est vide.
En matière d’âneries, on peut faire bien des choses. L’essentiel est de choisir son camp...
Le vrai problème du FDG, c’est son programme, qui est un tissu d’âneries. Au matraquage fiscal de Hollande, Mélenchon oppose une vitrification fiscale. En d’autres termes, incapable de s’attaquer au moteur du capitalisme (les banques et les entreprises qui défendent des intérêts privés) le FDG s’en prend aux revenus, qui sont eux le moteur de l’économie. (Je suis aussi pour l’égalité, mais pas par le biais d’une confiscation de Père Fouettard. Ce qui s’impose, c’est de réévaluer la redistribution - en déterminant qui vaut réellement quoi, pour faire court.) Dans ses livres, un homme pourtant intelligent comme J. Généreux profère des bêtises qu’on ne pardonnerait pas à un gamin de 6ème.
Rabotez les niches fiscales ? Au lieu de raconter n’importe quoi, allez donc voir ce que sont ces fameuses niches, M. Généreux. Si beaucoup sont farfelues (mais plus que marginales) la plupart (et les plus importantes) sont déjà des dépenses sociales.
La fraude fiscale (des particuliers) ? Connaissez-vous la différence entre redressement et recouvrement effectif ? Au mieux, de toute façon, ce serait un fusil à un coup.
Un impôt sur le revenu plus progressif. Traduction : un coup de massue sur les classes moyennes qui aura des conséquences désastreuses sur les plus défavorisés, comme on le voit déjà avec la politique des socialistes. « Jusqu’à 300 000, je ne laisse presque rien, et après 300 000 je prends tout. » Lamentable ! Tout le monde au SMIC pendant que la BNP,Total et Cie continueront paisiblement à accumuler des milliards.
L’Europe et l’Euro des peuples ? Du pipeau alors que tout nous montre que la construction européenne est un piège mortel - parce qu’il s’agit d’un entité profondément anti-démocratique, comme le capitaine de pédalo, après avoir tout signé, fait mine de le découvrir.
En Allemagne, Die Linke déconne aussi à plein tube en prônant ce fichu socialisme fiscaliste en lieu et place d’une véritable (et difficile) refondation du monde.
Bref, bravo à l’auteur. Parce qu’une fois le PS écrabouillé (pour ça, il n’y a qu’à attendre), le grand débat sera : c’est quoi, changer le monde ?
Hollande a été un très mauvais premier Secrétaire du PS. C’est un exécrable président de la République. S’il était concierge, ce serait un mauvais concierge. L’auteur, avec sa « lettre au Père Noël », m’aura au moins fait rire cinq minutes. Maintenant, redevenons sérieux : pour que la gauche ait une chance de se refonder, il faut qu’il n’y ait pas de candidat socialiste au second tour de 2017. Il faut quece parti, après une baffe aux municipales et une déroute aux européennes, se fasse laminer aux législatives, et devienne un groupuscule. Sinon combien de temps encore traînerons-nous ce boulet qui perd des élections toutes faites (2002 et dans une certaine mesure, 2007) et qui pratique une politique de droite lorsqu’il lui arrive par hasard de gagner ?
Delors, c’est l’eurocrate qui a posé certaines des première pierres de cette saloperie d’Union Européenne. Delors, c’est le dégonflé de 1995 qui a préféré ouvrir un boulevard à la droite plutôt que d’affronter les dures réalités du pouvoir - et non la joyeuse impunité des organes européens où n’y a aucun contrôle démocratique à redouter. Delors, comme Rocard, c’est un irresponsable qui peut se permettre de dire une chose un jour et son contraire le lendemain.