« Tous coupables d’avoir voté pour NS et FH » ? Vous parlez pour vous, mais n’embarquez « tous » là-dedans ! Par contre, tous coupable de lâcheté au quotidien, c’est plus probable : - Lâcheté face aux actionnaires et aux « chefs » qui tuent la production pour des profits à court terme. - Lâcheté face aux syndicats qui mènent des combats corporatistes, parfois moralement stupides, plutôt que de mettre leur énergie dans des combats dans le sens du progrès social - Lâcheté face aux tentations : toute ces petites corruptions du quotidien qui nous amènent à trouver normal de bénéficier de petits (forcément) avantages que n’ont pas les autres, mais aussi à pleurer sur les gros (forcément) avantages des autres que nous n’avons pas. - Lâcheté face aux administrations qui refusent de se rendre compte du décalage de leur mode de fonctionnement avec celui du reste de la société et qu’on laisse dériver avec bienveillance (ou dans le cadre du point précédent) - Et aussi, oui, lâcheté face aux élus. Mais pas au moment de leur élection, la naiveté (bétise ?) n’est pas punie par la loi. Mais lâcheté face aux décisions prises que l’on ne combat pas, face à la gabegie que l’on admire en espérant ramasser quelques miettes, face aux faux nez qu’ils nous exhibent (mariage pour tous) pour masquer leurs pouces qui se tournent. Etc... Tous coupables, peut-être ! Mais surtout de continuer à croire au père noël à un age ou l’on devrait être responsable.
Jeff, je pense aussi que la recherche d’un niveau d’étude systématique implique beaucoup de dérives sur le marché du travail. Par exemple les cooptations par les réseaux d’anciens élèves, qui ferment à des tas de gens potentiellement plus qualifiés grace à leur expérience des tas de postes.
Mais une autre dérive est que les diplomés veulent, à juste titre, commencer plus haut dans la hiérarchie. Or le pendant de cela est qu’il est plus difficile de les faire progresser. Certains commencent directement leur carrière à leur niveau d’incompétence. On génère ainsi beaucoup d’aigris, de déçus. Alors que si ils avaient commencé plus bas, on aurait pu les valoriser, les faire progresser plus doucement, et certainement finalement les amener plus haut que là ou leur magnifique diplôme les fait échouer.
Mon point de vue est que si l’on cautionne la notion d’intervention humanitaire (c’est en soi un débat), il faut confier aux soldats des missions de soldats : à savoir faire la guerre aux bourreaux (en tout cas, ceux que notre point de vue positionne ainsi. On voit avec le temps que les amis d’un jour peuvent devenir les ennemis du lendemain). Mais que la protection et la prise en charge des populations civiles doit être confiée à une autre entité, civile, coordonnée avec les soldats, mais non hiérarchique pour éviter les positionnements embigûs. Un film (« état de siège » me semble t’il) faisait apparaître caricaturalement la contradiction et la schizophrénie engendrée par la volonté de faire porter par une même entité (l’armée) un rôle légitime de pourfendeur de l’oppresseur (avec les moyens, et aussi les débordements intrinsèques à l’action militaire) et celle de protecteur attentionné des populations.
Merci à vous de vos articles et de vos contributions qui permettent très souvent d’alimenter les débats de manière constructive et réfléchie.
Je suis d’accord avec votre dénomination, mais dans ce cas, on voit que c’est le recrutement qui ne va pas ! Un protecteur des populations civiles ne peut pas être un guerrier de vocation ... Sinon, c’est l’oxymore et l’échec assuré.