@Elliot "Tout aussi absurde
est l’idée de rechercher dans les soi-disant livres saints les
racines des maux qui rongent les sociétés, ils sont inhérents à
la nature humaine qui a tendance à parfois s’enflammer pour le
meilleur et pour le pire." Ça n’est pas absurde pour autant ! Tout comme les traditions orales, les Livres Saints ont le mérite de condenser, élaborer et nous transmettre sous forme mythique les questionnements qui depuis l’aube des temps se posent aux individus et aux sociétés humaines sur leurs origines, leur devenir et leur nature. A moins de considérer nos ancêtres pour des cons jusqu’à l’invention de l’interrupteur et du fil à couper le beurre, les mythes regorgent de détails précieux à l’entendement de notre nature humaine ! Pour ceux que la fonction des religions dans la gestion de la violence inhérente à notre nature humaine intéresse, la perspective anthropologique ouverte par René Girard dans sa théorie du désir mimétique s’avère, sinon rassurante, à tout le moins incontournable.
@Clocel « Vous savez, rayon fantastique, je serais plutôt Silmarillion, ... » Pour votre gouverne, JRR Tolkien était un grand catholique. Et l’Ainulindalë est un des plus beaux mythes de création qu’il m’ait été donné de lire à ce jour, le seul à ma connaissance à initier la création par une musique, la Grande Musique des Ainurs. Par la dissonance qu’il y introduit, Melkor y introduit la problématique du mal.
@Alren « Ce paradoxe est insurmontable sans ... mauvaise foi ! » Mais non, mais non, juste de foi ! L’homme naît prédestiné, son libre arbitre consiste précisément à accepter ou se rebeller contre le destin qui lui est assigné, c’est du moins ainsi que je me représente les choses !
« Il faut bien qu’il ne soit pas si grand que ça, ce Dieu, pour justifier l’assassinat d’une personne qui croit elle aussi dans le Dieu Un. »
Tant du point de vue musulman que chrétien, un tel assassinat du fait d’un prétendu croyant ne constitue rien moins qu’un sacrilège. Quant à la grandeur du Dieu Unique, elle apparaît d’après mes classiques telle qu’il l’a poussée jusqu’à l’incarnation de son Fils Unique qui - préalable indispensable à sa résurrection d’entre les morts au troisième jour - a assumé sa condition humaine jusqu’à rendre l’âme dans les tourments de la crucifixion. Aux yeux du croyant, l’égorgement du Père Harmel l’élève au rang de martyr. « Car Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils, l’Unique-Engendré, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais ait la vie éternelle » Jean, III, 16.
« Dieu qui fait le bien mais laisse faire le mal et Satan qui veut le mal et fait le mal, voilà une bien étrange lecture du monde qui ne nous laisse pas grand choix : le mal que Dieu laisse faire ou le mal que Satan fait » Le choix ne se situe pas pour le croyant entre le mal que Dieu laisse faire ou le mal que Satan fait, mais entre une soumission éclairée à la volonté divine et la rébellion contre elle. Du point de vue mythique, n’est-ce précisément le fondement du Libre Arbitre ?
« Cessons-là, Satan est une invocation de la pensée magique. » Libre à Onfray ou tout un chacun de se considérer comme un « esprit fort » et renoncer à la pensée magique, sa pompe et ses œuvres. Personnellement, j’assume ma croyance toujours émerveillée en Saint-Nicolas et je préfère infiniment la profondeur parfois blasphématoire d’une âme tourmentée comme l’était celle de l’auteur des « Fleurs du Mal » aux platitudes masturbatoires et narcissiques de Michel Onfray : je trouve que çà a nettement plus de « gueule », mais à chacun ses goûts, bien évidemment !
« ... Soyez béni, mon Dieu, qui donnez la souffrance Comme un divin remède à nos impuretés Et comme la meilleure et la plus pure essence Qui prépare les forts aux saintes voluptés !
...
Je sais que la douleur est la noblesse unique Où ne mordront jamais la terre et les enfers, Et qu’il faut pour tresser ma couronne mystique Imposer tous les temps et tous les univers.
Mais les bijoux perdus de l’antique Palmyre, Les métaux inconnus, les perles de la mer, Par votre main montés, ne pourraient pas suffire A ce beau diadème éblouissant et clair ;
Car il ne sera fait que de pure lumière, Puisée au foyer saint des rayons primitifs, Et dont les yeux mortels, dans leur splendeur entière, Ne sont que des miroirs obscurcis et plaintifs ! » (Bénédiction in Les Fleurs du Mal, Charles Baudelaire)
En vous présentant, comme à l’accoutumée, mes cordiales salutations !