@Fifi Brind_acier « Rien de nouveau donc sous le soleil grec. »
Et sous le soleil €uropéen ? Quelle que soit l’issue de cette « crise », elle révèle le déficit démocratique dont souffre une €urope qui a de longue date renié toutes ses valeurs et principes fondateurs sur l’autel des « lois du marché ».
En cinq mois de « négociations » dans l’aquarium aux requins, Alexis Tsipras et Syriza ont eu l’immense mérite d’exposer aux yeux de tout qui sait voir la duplicité du discours de nos dirigeants, affirmer la prééminence de notre dignité sur la soumission à des traités gravés dans le marbre par des €urocrates sans âme pour et finalement - par le biais d’un référendum - infliger à nos hiérarques le Stalingrad démocratique de leur IVème Reich financier.
A considérer la manière magistrale dont - de Moscou au Parlement €uropéen - le « David » grec use de ses atouts et oblige le « Goliath » technocrate à abattre son jeu, Alexis Tsipras se révèle d’ores et déjà un politicien et un tacticien hors pair, de même envergure qu’Hugo Chavez ou Evo Morales, et mérite à tout le moins respect.
Si la Grèce ne compte que pour 2% de l’économie €uropéenne, l’Espagne en représente un morceau nettement plus gros. Et bien malin qui prétendrait connaître la suite de l’agenda grec, mais les lignes ont bougé et soit les règles du jeu changent radicalement pour tout le monde, soit c’est la fin programmée d’une zone €uro qui ne peut que se déliter sous les coups du boutoir démocratique, les prochaines échéances en revenant aux électorats espagnols et portugais. Cette dernière hypothèse - un Grexit - reste néanmoins de loin la plus vraisemblable, tant l’impéritie de nos dirigeants et le dogmatisme germanique s’opposent à toute solution rationnelle.
Mais comme je le signalais, il n’est pas - encore - interdit de rêver et - n’en déplaise à ce qui relève de vos beaux principes ou de votre dogmatisme « borné » -, je n’en ai pas encore fait mon deuil ce qui, à tort ou à raison, semble aussi être le cas d’une majorité de Grecs.
« Les rêves sont d’or, la réalité est torve » (Hugo Pratt)
Moi, un truc qui me scotche, c’est de constater que personne dans mon entourage ne voit l’intérêt de chiffrer ses communications, sécuriser ses données - pas même par des backups -, ne surfer qu’en https et de préférence par le biais de proxies, ... Résultat : pas un volontaire simplement prêt à utiliser gpg pour ses mails ! C’est à ce moment qu’on se sent seul !
Un autre point m’intrigue : l’évidente vulnérabilité numérique des infrastructures publiques, étatiques et industrielles, alors même que le « blindage » numérique qui protège le système financier se révèle apparemment beaucoup plus efficace ! Question de moyens ?
Sur le fond, je suis d’accord ! L’« OXI » grec n’est pas un non à l’Europe, mais à la soumission au joug austéritaire imposé par des €urocrates vendus et sans âme. En ce sens, il nous montre la voie d’une restauration de notre dignité et de notre espoir Et je rêve moi aussi - ce n’est pas encore interdit ! - d’une Europe des droits de l’homme, de la solidarité des peuples, de la culture, de la civilisation, du bonheur et de l’art de vivre plutôt que la botte du IVème Reich financier. Mais il semble y avoir encore loin de la coupe aux lèvres !
« C’est non à l’UE ! » Pas à en croire les Grecs ! Et à en croire les médias à la botte, ce serait plutôt non de l’UE ! Disons que le non Grec s’adresse - avec raison ! -à cette Union €uropéenne là ! « ... la seule alternative au capitalisme : le socialisme. » Quoique très attaché au socialisme, il relève - en bon français - du capitalisme : la seule différence notable entre capitalisme « privé » et socialisme réside dans l’attribution de la plus-value, mais le mythe de la « croissance » leur est commun. Des alternatives, il en existe d’autres. Si, si, ...
Et je sais, il n’est pas encore interdit de rêver et ce n’est pas beau de « troller », mais le billet est tellement drôle que je n’ai pas pu résister !
J’ai bien apprécié l’analyse particulièrement féroce de Frédéric Lordon sur son blog. La très vertueuse intransigeance teutonne poussant au Grexit, l’€uro ne sera probablement bientôt plus qu’un (mauvais) souvenir, surtout si l’électeur espagnol, plutôt que d’écouter les sirènes €uropéistes, décide à son tour de secouer le joug austéritaire. Qui vivra verra !