Il y a en effet des locuteurs natifs en espéranto, je le sais, mais il ne faut pas oublier les particularités suivantes :
— ce n’est jamais la seule langue que parle l’enfant, ni même la dominante ;
— un locuteur non natif motivé souvent (je dirais même presque toujours) surpasse un natif.
L’espéranto n’est plus cette langue neutre, comme on le prétend ou le revendique souvent, mais bien une langue « communautaire ».
Alors c’est un cercle vicieux : dès qu’une langue acquiert des locuteurs, elle n’est plus neutre. Et tant qu’elle n’a pas de locuteurs, ce n’est pas une langue mais un projet.
Toutes les alternatives (à l’espéranto), que j’ai citées dans un commentaire précédent, et sans doute plus encore, sont des langues vivantes
Relisez la définition d’une langue vivante.
Je regette de ne pas sentir ne serait-ce qu’un soupçon de ce respect des langues, de toutes les langues, de cette diversité d’expression de l’Humain, dans la propagande espérantiste
Argument assez vicieux, je trouve. Si vous ne voyez pas de respect envers les langues chez les espérantistes, soit votre perception est défaillante, soit vous déformez la réalité exprès.
Et si seulement deux interlocteurs s’en sortent, cette langue est déjà une langue pratiquable, qui n’est ni inférieure, ni supérieure à une autre, car précisément, comme vous le dites il s’agit bien ici de respecter l’Humain dans sa diversité.
Donc, votre seul critère d’une langue internationale, c’est de « s’en sortir ». Mézalor, n’importe quelle langue, non construite y compris, correspond à ce critère.
Ce qui parle en faveur de l’espéranto : une langue construite n’a pas de locuteurs natifs, donc, tous ceux qui l’étudient et ensuite utilisent le font de leur plein gré. Vu que les langues construites ne sont même pas enseignées dans les écoles, cet effort est encore plus important. Un projet de langue peut être comparé avec une graine : il ne suffit pas de le concevoir, il faut qu’elle prenne, commence à pousser. Il existe près de 600 projets de langues construites, mais en ce moment seul l’espéranto est devenu une langue vivante. L’espéranto est un compromis entre l’internationalité et facilité ; de plus, il laisse la possibilité d’intégrer d’autres mots, de n’importe quelle origine.
En ce qui concerne les experts, il faut qu’ils le soient réellement. Alors la condition serait d’apprendre plein de langues construites à un bon niveau, et n’excluons pas de ce cercle les sociologues, car l’élément humain est indissociable d’une langue, et l’histoire de l’espéranto a fourni une expérience unique dans le genre : le passage du projet au statut de langue vivante - grâce aux locuteurs totalement bénévoles.
Non m’sieu : récupérer, c’est essayer de tirer des profits d’un évènement. Présenter une chose complexe comme résultat d’un seul et unique problème, c’est également une récupération au profit d’une seule idée.
Chacun voit midi à sa porte, c’est sûr. Cette affaire pose plusieurs questions, mais la présenter comme un problème d’antisémitisme en France, c’est une autre sorte de récupération.