Question intéressante... On a déjà prédit plusieurs fois la fin du livre « papier », et pourtant... Je lis depuis mes 3 ans (oui, j’ai appris à lire tôt ), je suis sur la Toile depuis 1994, et j’ai toujours aimé des gadgets électroniques. Qui plus est, le nombre de livres que j’ai lus sous forme électronique a déjà dépassé le nombre de livres papier... Mais je ne serais pas aussi catégorique que l’auteur.
Premièrement, le prix d’un lecteur électronique est encore trop élevé pour le peu de fonctions qu’il offre. Mais bon... Le confort est également important, et l’apparition de l’encre électronique est un pas en avant. Le plus grand problème pour moi, c’est le prix de livres électroniques : trop élevé, vu qu’il n’y a pas de frais de typographie, de transport etc. Ensuite, le trop-plein des DRM qui empêchent de lire un bouquin sur d’autres supports, faire du copier-coller, de prêter à un ami sans lui donner le lecteur en même temps... Sur l’ordi bureau, c’est pénible : la qualité du pdf est plus que moyenne (je présume que c’est pour éviter que les gens fassent une capture d’écran et passent à un logiciel OCR), l’obligation d’installer un Acrobat quelconque en plus, parce que le livre ne peut être lu qu’avec celui-ci...
De plus, ce Cloud computing ne m’emballe pas. L’être humain aime posséder ses possessions, excusez le style, et dépendre du serveur (ne pas pourvoir accéder à son propre livre, si le serveur connait des problèmes) me déplaît. On peut également perdre le livre dûment acheté, comme c’est déjà arrivé (Amazon qui a retiré les livres de Orwell ).
Par contre, je pense que le format électronique devrait se répandre davantage. C’est vrai que les livres papier prennent de la place... Mais que la longueur de textes doit changer - je ne vois pas pourquoi. Si on n’est pas obligé de trimballer un gros bouquin, pourquoi les 5 stations de métro devraient déterminer la longueur du roman ?.. Et s’il faut faire 7 stations, on passe à un autre livre et on interrompt la lecture au moment de sortir ? Alors il est possible d’interrompre
En Russie, le livre électronique a fait son apparition depuis bien longtemps. Déjà, une fois connectée à la Toile, je me suis précipitée sur les sites de mon pays d’origine, car il n’était pas facile d’acheter des livres russes en France - et j’ai découvert tout plein de textes... Scannés par des volontaires, pas de DRM ni d’autres joyeusetés... Depuis, la situation a quelque peu changé, les « défenseurs » des droits d’auteur ont voulu verrouiller l’accès au livre, mais en parallèle plusieurs auteurs se publient eux-mêmes en ligne. Par exemple, les frères Strougatski (dont certains oeuvres sont traduits en français) mettent en ligne tous leurs romans, gratuitement et sans DRM. Et il y a plusieurs autres... Malgré cela, les livres se vendent bien en Russie : souvent, les gens paient leurs auteurs préférés après avoir téléchargé gratuitement leurs oeuvres, pour remercier du plaisir qu’ils ont pris en les lisant. Il est possible que la plupart d’écrivains ne vivra pas de leur plume, mais c’est déjà le cas actuellement. Cette peur du « piratage » est irrationnelle, ça mène au verrouillage de la culture, et la réalité démontre que les livres électroniques sont une bonne pub pour les écrivains. La preuve : en Russie, il faut souvent faire des tirages supplémentaires, malgré le fait que le livre est accessible sur la Toile, gratuitement et sans protections diverses et variés ! Et, pour en revenir au longueur des textes - non, la tendance n’est pas au raccourcissement.
Bref, je pense que les formats différents peuvent coexister, mais qu’il faudrait repenser plusieurs choses à l’ère numérique.
Denneb, et moi en tant qu’étrangère, je trouve le français plus accessible que l’anglais. Chacun son expérience, et vous n’incarnez pas l’avis de tous les étrangers. Quant à votre accent « natif » anglais, ne faites pas rire mes pantoufles. Lequel des accents ?.. En anglais, ils sont plusieurs. Décidément, il vous faut une pilule anti-manie des grandeurs...