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Alexis Dayon

Alexis Dayon

24 ans, Toulouse.
Enseignant en philosophie.

Tableau de bord

  • Premier article le 11/05/2011
  • Modérateur depuis le 08/10/2011
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Derniers commentaires



  • Alexis Dayon Alexis Dayon 20 septembre 2011 21:54

    Bonsoir M. Samba.

    Toute d’abord merci pour vos deux messages et pour l’attention qu’ils me témoignent ; j’y suis sensible, sincèrement. Sans doute aurais-je dû prendre la peine de vous répondre en bonne et due forme plutôt que de vous citer simplement dans une réponse à wàng. Je vais donc le faire.

    Sachez que j’ai lu et relu votre commentaire ; je comprends bien que vous m’appelez à sortir de ma réserve d’observateur prétendument « neutre » et à m’engager. Je l’apprécie, même si je pense que vous-même n’avez pas bien cerné ce que je cherchais à sous-tendre dans cet article. Je n’ai pas écrit de tribune de soutien à un homme ou à une ligne politique - ce que j’ai déjà fait, sur ce site même. Mon choix était d’écrire un article sous forme de compte-rendu du premier débat socialiste ; ce n’était donc pas l’endroit approprié pour exprimer ouvertement mon opinion ou ma faveur - même si cet article reste un éloge à la radicalité politique.

    Mais je m’étonne que vous m’ayez lu comme un auteur si détaché de mon propos ; moi-même je pensais au contraire y avoir trop laissé transparaître ma sympathie pour la ligne d’Arnaud Montebourg. Seulement, à partir du moment où je décide de ne pas écrire une tribune partisane - exercice éminemment respectable auquel, je le répète, je me suis déjà livré - mais un article d’observation politique, je me dois par honnêteté intellectuelle de traiter à égalité Valls et Montebourg. D’examiner pour l’un et pour l’autre les chances comme les risques que me semblent impliquer leurs propositions.

    C’est pour cela que, je vous l’avoue, je comprends mal lorsque vous me dites qu’il y a dans cette phrase une « apparente sagesse » : « Mais au fond, y a-t-il réellement d’autre option que celles-ci : la pacification économique au risque de la compromission politique, ou la résistance politique au risque du conflit économique ? »

    Déjà, mon but n’est pas d’être sage ou de faire sérieux, il est d’être aussi pertinent que je le peux dans la présentation et la schématisation d’idées que je propose à mon lecteur. Je lui laisse la liberté de choix. Vous, semblez à l’évidence opter pour « la résistance politique au risque du conflit économique » ; c’est tout à votre honneur, et je vous confie que c’est moi aussi ce en quoi je crois. Mais je ne vois pas en quoi énoncer le fait que la résistance comporte intrinsèquement le risque de la violence est une « apparente sagesse » ; c’est juste de la lucidité.

    Voyez-vous, à la fac où je vais, j’en vois énormément des jeunes engagés trop fiévreusement engagés, un peu adolescents dans leur tête et qui pensent être de lyriques résistants dans un monde de compromission, mais qui, quand viennent les conséquences - parfois virulentes - de leurs actions, se décomposent et ne les assument plus. Car à ce qu’il me semble, on ne commence pas réellement à s’indigner tant qu’on n’a pas pris la mesure des conflits et des violences que cela peut amener, tant qu’on n’est pas prêt à les regarder en face et à les assumer. Avant cela on n’est pas un indigné, on est juste un gamin irresponsable.

    Ceci étant, laissez-moi vous dire à quel point je respecte quelqu’un comme Manuel Valls. Je ne suis pas sur sa ligne politique (celle de la « pacification économique » dont j’ai voulu avoir la lucidité de dire qu’elle comportait intrinsèquement le risque de la « compromission politique » - suis-je réellement si neutre et si sage en le disant ? smiley ) mais je trouve que cet homme tient sa position et qu’il la tient bien. Il croit dans ce qu’il propose, il a envie d’agir pour le bien de son pays et c’est un républicain. Aussi ai-je tenté de restituer de manière honnête ce qui me semble faire le bien-fondé de son propos. Ce qu’il propose est une réelle option dans les temps actuels, comme ce que propose Montebourg. C’est à la démocratie de choisir où elle désire cheminer entre ces deux lignes (ou ailleurs...) ; je ne prétendais donner ici que quelques éléments d’analyse.

    Puis dernière confidence, je ne suis pas socialiste. Je suis sympathisant écologiste. Je me suis engagé activement pour Nicolas Hulot ; j’ai été profondément déçu par Mme Joly. Aujourd’hui mon cœur balancerait plutôt du côté de M. Mélenchon. Je ne jette sur la primaire socialiste qu’un œil assez extérieur - intéressé, mais extérieur. À travers les hommes j’essaie de cerner la tectonique des idées. Je ne crois pas que le destin de la France dans les cinq ans se joue entre MM. Valls et Montebourg et n’ai donc pas besoin de m’enflammer ici plus que de raison. smiley

    Cordialement.

    Alexis.



  • Alexis Dayon Alexis Dayon 19 septembre 2011 20:48

    @Wàng>> Voilà pourquoi, contrairement à ce que me conseille M. Samba, je n’aime pas réagir avec ce type de mots trop outranciers. Je sais que bien souvent je les regrette parce qu’à me laisser emporter je dis aisément des amalgames et des choses inintelligentes. Je vous en ai dites quelques unes, et je vous ai fait des remarques irrespectueuses ; même si je vois que vous les prenez tranquillement, je n’aurais pas dû.

    Je ne vais pas revenir sur le fond du propos, je pense que vous m’avez bien compris. Nos logiques sont trop profondément divergentes ; si vous pensez sincèrement que votre attitude est civique et que sa généralisation correspondrait au bien commun, j’avoue qu’avec les plus intenses efforts d’imagination je ne puis comprendre dans quel phantasme libéral vous semblez vivre. Mais au moins, si vous avez la sincérité d’y croire, cela vous dispense de mes remarques à l’emporte-pièce concernant votre mère ou « l’estime de vous-même ».

    Juste pour rétablir un peu la facilité et la bêtise auxquelles je me suis laissé allé sur le point des obligations grecques. Bien évidemment, il serait stupide et autoritaire de vous reprocher de ne pas acheter des valeurs à l’évidence déclinantes : toute personne à le droit à ce qu’on n’exige pas d’elle qu’elle se ruine. Prenez plutôt ma remarque pour la teneur de vos propres mots : quand vous parlez de ce « genre de merdes », vous parlez de titres qui représentent le déclin de la condition sociale d’un peuple, dont des millions de pauvres gens qui n’ont jamais cherché qu’à travailler pour nourrir leur famille. C’est un niais lieu commun, mais c’est la vérité, et comprenez que le mépris de vos mots peut entraîner de compréhensibles - à défaut d’être légitimes - excès d’humeur chez vos interlocuteurs. De plus, c’est par ce genre de mots et de considérations que s’alimentent l’angoisse et la méfiance qui plombent les investissement, donc l’économie et les débouchés sociaux pour ce pays (comme pour d’autres). Vous le savez fort bien. En ce qui me concerne, mon portefeuille même ouvert est vide ; je n’ai donc pas la chance de pouvoir me culpabiliser à l’idée de ne pas secourir la Grèce.

    Je maintiens toutefois lorsque vous parlez de « tirer profit de l’inflation ou de la ruine des systèmes sociaux », je ne sais pas comment vous prétendrez que ce type de placements puisse être responsables, moraux ou citoyens. Ce mot de « traître », je vous l’écrivais plutôt en songeant à ces lignes que celles sur la dette. Comme je l’ai dit, vous avez très bien compris mon message ; le ton était inapproprié, mais je n’ai pas grand envie de me tempérer sur le fond.



  • Alexis Dayon Alexis Dayon 19 septembre 2011 07:47

    @Wàng>> Je suis désolé, je n’ai pas l’habitude de parler de la sorte (quoique cela doit souvent vous arriver qu’on vous parle de la sorte), mais là je ne peux plus vous lire à débiter des immondices pareilles. Alors je vais être carrément clair - et peut-être en partie intolérant - mais vos propos sont ceux d’un illuminé, d’un cynique et d’un traître à votre patrie.

    « Si vous croyez qu’on va vers l’hyper-inflation, la ruine des systèmes sociaux et l’effondrement du dollar et de l’euro, il y a moyen d’en tirer parti. »
    => Cette seule phrase est d’une répugnance telle que j’ai quelques instants songé à du second degré ou à de l’ironie. Mais il semble que ce soit bien plus grave que cela. Votre mode de pensée est une caricature de l’individualisme qui gangrène la société ; songez-y : pouvez-vous un instant concevoir cette conception comme étant généralisable ? équitable ? constructive ? intelligente ? À quelle vertu l’associez-vous ? Ou peut-être, simplement, vous complaisez-vous dans l’idée de ne correspondre à aucune vertu et d’être un salaud.

    « Perso j’ai acheté de l’argent juste après une correction artificielle du cours de près de 30%. Et si je me trompe en fin de compte et que je me ruine à cause de mauvais choix, je suis responsable. »
    => Et c’est tout le mal que je vous souhaite. Non pas pour que vous sombriez définitivement et ne remontiez plus, mais parce que cela serait la conséquence logique de votre pensée. Et parce qu’il y aurait une petite chance qu’au lieu de vous rendre encore plus cynique (mais enfin, que votre pauvre mère a-t-elle manqué dans votre éducation ? ne vous a-t-elle donné aucune affection pour que vous méprisiez ainsi le monde ?), que cela vous évite éventuellement de mourir avec une si basse estime de vous-même.

    "Quand aux états mis à genoux par la finance, je vous ferai une confidence : je n’ai aucune envie en ce moment d’acheter des obligations grecques (et pas plus françaises je vous l’avoue). Si j’avais fait un effort, mon geste aurait contribué à faire baisser le taux d’intérêt que l’état grec doit supporter. En refusant d’acheter ce genre de merdes et de mettre du fric dans des trous sans fond est-ce que je participe à un complot qui vise à mettre ce pays à genoux ?"
    => Pour vous répondre très directement : oui. Et c’est bien ce que je disais : un traître à votre patrie, et même à celle des autres. Vous n’avez ni honneur, ni panache, ni même intelligence ou véritable instinct de survie. Que le spectacle maghrébin ne vous a-t-il fait comprendre ? Amassez autant que vous pouvez, si les peuples en viennent à être mis à genoux, la jeunesse les fera se relever par la force. Et à ce moment, quand vous aurez perdu jusqu’aux institutions qui vous garantissent votre propriété, comptez bien que tout vous sera pris - ce qui ne sera qu’un juste dédommagement.

    Puis à cynique, cynique et demi : lisez donc Machiavel. Je déteste cet auteur, mais même lui s’était rendu compte qu’aucun gain de pouvoir n’était durable si l’on ne pacifiait un peu avec les peuples.



  • Alexis Dayon Alexis Dayon 18 septembre 2011 12:35

    @barrederire>> Remarquez que j’ai placé « réaliste » entre guillemets... et que pour moi, « idéaliste » est loin d’être péjoratif. smiley

    Ça n’enlève toutefois rien à mon précédent commentaire. Je pense que Valls est tout à fait sincère dans sa démarche d’acceptation de l’économie de marché comme bien d’autres sont sincères dans leur démarche de refus (Mélenchon, notamment). On peut contester son positionnement comme vous le faites, mais pas le résumer à un ersatz de la droite ou à un « vendu » aux marchés. Sa voix mérite d’être écoutée, respectée et analysée autant que celle de Montebourg.



  • Alexis Dayon Alexis Dayon 18 septembre 2011 11:47

    J’aurais dit « au service de l’économie réelle, et non de la finance ». smiley

    L’Etat trop puissant ou trop riche fait-il des merveilles ? Les moyens de la liberté doivent revenir à la nation, donc au peuple. Pas à l’Etat, pas au gouvernement.

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