Le jour où les citoyens partageront votre vision des choses, ils voteront pour des partis nationalistes et hostiles à la construction européenne. Au jour d’aujourd’hui, ils choisissent, toujours, de donner leur confiance à des élus qui ont compris que la construction européenne était nécessaire et souhaitable pour établir un cadre commun à l’action de nos pays. D’ici à ce que cela change vos afirmations sont gratuites et non fondées.
Les Irlandais ont votés conte le traité car des questions qui les préoccupaient ont été évoquées au cours de la campagne : il me semble donc légitime de leur apporter des réponses et de leur proposer de voter à nouveau non pas sur le même texte mais sur le traité accompagné de garanties concernant les points litigieux. En effet de nombreux problèmes soulevés par les adversaires du traité sont des faux problèmes : il est dès lors très simple d’apporter explicitement aux citoyens irlandais des garanties sur ces questions.
Ils seront parfaitement libres de décider s’ils estiment ces garanties suffisantes - -considérant ainsi que leur premier vote a été convenablement pris en compte, comme ils l’avaient fait au sujet du traitré de Nice — ou de le rejeter à nouveau. Je trouve étrange l’argumentation qui consisterait à décréter qu’une nouvelle consultation référendaire ne serait pas démocratique, alors précisément qu’il s’agit de valider la manière dont le vote précédent a été pris en compte.
En outre, depuis le premier référendum les élus de 26 peuples européens se seront prononés en faveur du texte, ce qui ne peut pas laisser non plus l’électorat irlandais indifférent. Cette situation justifie également une nouvelle consultation : en effet onpouvait imaginer que le texte rencontrerait des difficultés dans plusieurs pays, or il s’est avéré qu’il n’en est rien. Il ne me semble pas particulièrement démocratique ni raisonnable d’exiger que la décision d’un seul pays puisse s’imposer à tous les autres.
- en dépit de l’amalgame savamment entretenu par le smilitants natrionalistes, le traité de Lisbonne et le traite de Rome de 2004 sont bien deux textes différents, même s’ils sont issus tous deux des travaux de la Convention sur l’avenir de l’Europe. En particulier, le nouveau traité ne comporte pas la dimension constitutionnelle qui avait été à la base de l’argumentation des adversaires du traité de 2004. Il ne comporte pas en outre la troisième partie qui avait fait l’objet de nombreuses critiques (celle-ci étant de toute manière composée de textes qui étaient déjà en vigueur et ne faisaient donc pas l’objet de la consultation). Une argumentation honnête mérite donc de distinguer les deux textes.
- en ce qui concerne le traité de Lisbonne, les élus de 24 peuples européens l’ont d’ores et déjà ratifié. Les procédures démocratiques ont été respectées et elles aboutissent à une très large majorité en faveur du nouveau traité.
- enfin, même en cumulant les votes populaires sur les deux textes, et donc deux procédures de ratifications distinctes qui n’ont rien à voir entre elles, on est forcé de constaté que le vote populaire donne une majorité au Oui.
Globalement on se rend compte que la nécessaire complexité des questions européennes donne tout simplement une occasion à l’extrême-droite nationaliste et aux sociaux-nationalistes de l’extrême gauche de semer la confusion dans les opinions en propageant des contre-vérités flagrantes sur le nouveau traité européen et la procédure de ratificationqui le concerne. Cette situation est regrettable mais on ne peut que blamer les repsonsables politiques nationaux qui n’animent pas, sur les questions européennes, le débat politique de manière assez constante.
En toute hypothèse le moment du débat démocratique sur les questions européennes arrive : comme tous les cinq ans les citoyens de l’Union pourrotn choisir au printemps prochain leurs députés. Le Parlement européen qui sera élu à ce moment sera le plus puisant jamais élu. Il le sera encore plus une fois le nouveau traité de Lisbonne entré en vigueur, dès qu’un accord sera trouvé avec les Irlandais.
A ceux qui ne sont pas satisfait pas les lois européennes et l’orientation décidée aujourd’hui, je dis simplement : votez pour des partis désireux de modifier cette orientation, comme la Parti Socialiste Européen, aujourd’hui minoritaire. Pour mémoire les citoyens européens, à commencer par les Français ont votés pour des partis de droite ces dernières années. En outre sur 90 élections nationales depuis 1996, dans les 27 pays de l’Union actuelle, aucune n’a donné de majorité à des partis nationalistes adversaires de la construction européenne. Enfin, sur 27 référendums qui se sont déroulés depusi 1995 sur les quesitons européennes, 20 ont donné des résultats positifs.
Globalement l’opinion ressent bien le besoin d’Europe. Il est vrai que la crispation des gouvernements nationaux sur leurs prérogatives rend ce processus lent et frustrant mais la démocratie européenne existe bel et bien : nos élus ont leur mot à dire, souvent décisif, sur les lois européennes, ils peuvent les infléchir ou les rejeter et ils l’ont fait. Ils exercent un contrôle très pointu de l’action de la Commission européenne et sont respectés par cette dernière. Même Sarkozy a compris l’importance du Parlement européen et a pris soin de ne pas le heurter en vue de préparer sa présidence du Conseil européen. Les discours fondés sur la théorie du complot commencent à se faire vieux.
Le Taurillon est un magazine collectif : il serait souhaitable que lorsque l’équipe d’Agoravox reprend un des articles qui y sont publiés ils ajoutent le nom de l’auteur de l’article conformément à la licence Creative Commons qui leur est attaché.
Il s’agit ici ’un article du politologue Dominique Reynié.
Excellent article de Dominique Reynié qui remet bien des choses à leur place.
Outre les informations données par l’auteur j’attire votre attention sur un sondage récent quivient confirmer que sur les questions européenens l’opinion est loin d’avoir jeté le bébé avec l’eau du bain : Les Français apprécient à nouveau l’Europe, selon un sondage
En réalité si l’on souhaite mélenger torchons et serviettes, c’est à dire le nouveau traité de Lisbonne et feu le traite constitutionnel, les votes référendaires cumulés continuent à donner une majorité au Oui. En réalité seuls comptent pour le nouveau traité les procédures de ratification concernant ce denier. A l’automne, 26 des 27 Etats membres l’auront ratifié ce qui devrait permettre detrouver avec l’Irlande un modus-vivendi pour que nous puissions bénéficier des avancées institutionnelles et démocratiques prévues par le mini-traité. Ce dernier n’est toutefois pas entièrement satisfaisant, même s’il est clair qu’il n’est pas aujourd’hui possible de trouver à 27 un meilleur accord. Il faudra à terme engager de nouvelels réformes. Au jour d’aujourd’hui les rpgrès que le traité de Lisbonne permet amélioreront significativement le fonctionnement de notre Union.