Excellente idée ... sur le papier : elle soustrait le bac aux aléas à la source et le fait dépendre du moindre cafouillage dans un des quelconques lycées concernés (combien de centaines ?). Petit calcul : si la probabilité de cafouillage est de 1% pour chaque lycée, la probabilité d’au moins un cafouillage annulateur sur 500 lycées est supérieure à 99,3% . Sans commentaire !
Chacun sait - ou devrait savoir - que les notes sont attribuées par les Recteurs et pas par les correcteurs ni les examinateurs. Pression est exercée sur ces derniers pour obtenir les taux de réussite que l’on sait, sans que les Recteurs n’aient à passer leurs soirées à bidouiller les notes eux-mêmes.
Les fuites ne peuvent qu’avoir l’effet de dispenser les esclaves du stylo rouge d’une partie de la corvée, ou de faire encore grimper le taux de réussite, mais là ce serait un peu voyant. La réponse du Ministre est illogique : cela conduit à faire sauter un exercice très facile et conséquemment à gonfler le reliquat de notes de façon d’autant plus éhontée. Un geste public et généreux (compter l’exercice à tout le monde), tempéré par un moindre bidouillage dans le secret des jurys, permettrait de maintenir le taux sacré à son niveau habituel, et tout le monde serait content.
Les esprits chagrins parleront d’injustice. Certes, mais en l’espèce il n’y a pas de solution juste, sauf à faire revenir tout le monde pour une nouvelles session le 1er Août. Mettez-vous à la fenêtre et savourez les clameurs ...
Et puis la justice est-elle compatible avec cette politique démagogique qui a transformé le premier grade universitaire en certificat de scolarité ? Vous me direz qu’il y a bien des candidats qui ratent. C’est vrai, mais comme les dossiers scolaires sont appelés à jouer un rôle accru, gageons que les idiots conformistes seront charitablement repêchés.
On ne peut pas tantôt reprocher aux journalistes leurs bidonnages - et certes la matière est copieuse - et tantôt leur pusillanimité. Les réactions ici-même sont révélatrices, entre ceux qui dénoncent le « silence des media » et ceux qui craignent que l’incident fasse le jeu du FN, toujours lui. Mme Royal est interrompue en pleine réunion. Qu’elle soit ou non une élue, ce n’est pas admissible. Combien y avait-il de perturbateurs ? A quoi ressemblaient-ils ? Il y avait des femmes voilées, je veux bien le croire. Là-dessus certains intervenants ici-même crient à l’intégrisme. Et comme il n’y a que le premier pas qui coûte, on évoque l’excision pour faire bonne mesure ! Sont-ce les paroles qui ont été prononcées ? Pas du tout. L’interruption n’était certes pas aimable, mais ce n’est pas une raison pour mentir. Ou alors allez jusqu’au bout : voile=intégrisme=AlQaeda=SaddamHussein=Hitler, et voilà un joli point Godwin pour pas cher. Et ça pose auprès des voisins. J’aimerais savoir si des trublion(ne)s ont été interpellé(e)s et identifié(e)s, et sinon pourquoi. Ce serait plus intéressant que de s’acharner sur des journalistes qui doivent, les pauvres, se frayer un chemin entre le mutisme et le procès d’intention.
Pas très convainquant, ce message de webrunner ... Faut-il que l’auteur de l’article vous le renvoie, comme s’il avait filé dans une corbeille à papier ? Est-ce une façon « cordiale » de faire comprendre qu’il n’est pas censuré tout en l’étant sans l’être ?