Que se serait-il passé si la propriété privée n’avait pas existé ? Difficile de répondre à cette question, mais un écrit du philosophe John Locke fait réfléchir.
Jusqu’au XVIIème siècle, les grands propriétaires terriens ne pouvaient pas posséder absolument tout. Une partie de la terre près des villages était un bien collectif, dont les habitants pouvaient profiter pour faire pousser leur pitance. ce système a très bien fonctionné pendant longtemps. Mais les progrès agricoles passèrent par là, et, très vite, les habitants se les approprièrent. La production des terrains communs commençait à devenir importante, au point d’en arriver à des surproductions, que les habitants commencèrent à vendre sur les marchés. Appatés par le gain, ils finirent même par épuiser le sol, tant et si bien que plus rien n’y poussa plus !
Il fut alors décidé de lotir les terrains communs, de désinger des propriétaires et de faire payer une taxe sur les surproductions. Bien évidemment, les surproductions céssèrent et les terrains redevinrent fertiles...
(si les terrains n’avaient pas été répartis, on serait entré dans un règne du plus fort, dont le but aurait été de pouvoir exploiter l’ensemble des terrains...)
Ce que je retiens de cette histoire, c’est que propriété privée ou non, l’être humain est cupide. Là où Rousseau dit "l’homme nait bon, c’est la société qui le corromp", j’ajouterais qu’il est bien assez grand pour se corrompre lui-même...
L’Inquisition marche toujours très bien dans les périodes et les endroits où les gens remplacent la réflexion et l’argumentation posée par l’attaque personnelle - "tu ne comprends rien", "tu es un imbécile", "je t’emmerde", "lis avant d’écrire", "arrête de faire ceci", "arrête de faire celà", ça doit vous rappeler des choses...
Il faut reconnaître qu’en France, pour le meilleur et pour le pire, à gauche comme à droite, on ne sait pas confronter des idées contraires intelligemment, c’est-à-dire de façon pacifique, posée et argumentée ! Par contre, on sait très bien pointer du doigt, monter des Comités de Salut Public, dresser des guillotines, des tribunaux de jugement des traîtres, puis les pelotons d’exécution des dits traîtres, tondre celles et ceux qui ont fricoté avec l’ennemi. Cette faiblesse dans le débat se retrouve dans nos journaux et dans notre classe politique, où se confrontent non pas des idéologies, mais des symboles.
Dans un tel contexte, il en effet très facile pour celui qui est le plus fort, c’est-à-dire, dans notre merveilleuse civilisation, pour celui qui a accès à la télévision, de pointer du doigt, jeter des anathèmes et finalement décreter la nécessaire mise à mort médiatique du gêneur ! C’est d’autant plus facile pour ceux qui ont un minimum de références culturelles, qu’ils saupoudrent dans leur discours pour faire taire tout contradicteur qui ne les maîtriserait que trop peu.
Ainsi, une autre raison qui explique le retour de la Police de la pensée est la paresse de notre bulbe ! Celui-ci préfère Julien Courbet à Guillaume Durand (qui au moins propose la possibilité de faire un petit effort intellectuel...), L’Equipe au Monde ou au Figaro, retenir pour le bac de français Grand Corps Malade plutôt que Baudelaire, Mitterrand à Rocard, Chirac à Barre, etc. etc. etc. Je trouve que cette paresse intellectuelle est très bien identifiable dans le dernier COMBATprésidentiel à la fin duquel se sont opposées 2 personnes n’affichant aucune structure théorique, mais glânant des références parfois contradictoires dans le but de plaire aux plus nombreux. Et ça continue ! On a d’un côté un président qui utilise beaucoup le discours et la forme, comme l’explique très bien Zénon ici-même, et de l’autre une meute de chiens enragés qui ne se battent que pour avoir le "nonos" en agitant des prétendus complots, en utilisant des mots "choquants" pour son auditoire (le "je suis libéral" de Delanoë) mais qui évitent de parler de leurs idées craignant par dessus tout d’ennuyer les gens, ce qui les chasserait de notre Sainte-Mère la Télé... (j’arrête tout de suite tous ceux qui vont se précipiter là-dessus pour dire que c’est la faute de sarko et de ses accointances avec les patrons des médias, car ça a commencé bien avant. Je ne sais pas quand exactement mais ces exemples d’élévation sprituelle qu’étaient les Loft Story furent diffusés alors que Jospin était à Matignon).
Ainsi, l’Inquisition n’a pas de frontières, elle s’insinue partout, même ici ! Je ne suis plutôt un nouveau dans le monde A’vox, mais j’ai déja remarqué qu’un commentaire d’un vide intersidéral mais témoignant d’une opinion anti-sarko et/ou anti-libérale et/ou anti-néocons et/ou anti-capitalisme, etc. sera souvent considéré comme plus constructif qu’un commentaire aussi vide mais témoignant du contraire (il suffit pour s’en convaincre de prendre n’importe quel commentaire du brillantissime et tellement fin Bulgrox, de comparer son rating, très souvent négatif, avec les autres nullités qui l’entourent...).
Le secteur Retail face à une "situation mortelle" ? mmmouais...
Pour info, les dernières publications financières annuelles (rapports annuels 2007 et/ou 2008) des grands distributeurs mondiaux montrent un accroissement des chiffres d’affaires et des bénéfices chez la plupart d’entre eux. Vous noterez cependant une différence notable entre les acteurs US, les acteurs Européens à forte internationalisation et les acteurs Européens à faible internationalisation. Les 2 premiers croissent beaucoup plus que les seconds, confrontés il est vrai à un bassin de consommateurs en difficultés croissantes. Voici quelques chiffres des plus grands mondiaux, de quelques français et de sélectionnés au hasard (d’abord l’évoution du CA puis entre parenthèses celle du bénéf. net).
- Wal Mart (qui est au passage la plus grande entreprise du monde tous secteurs confondus, en termes de chiffres d’affaires) : +8,6% (+12,1%)
- Carrefour : + 6,8% (+0,6%)
- Tesco : + 6,2% (+12,1%)
- Kroger : +6,2% (+5,9%)
- Intermarché : + 3,8% (nc)
- Casino : +2,9% (+35,7% !!!)
- Best Buy : +11,4% (+2,1%)
- Fnac : + 6,9% (+31%)
- Sainsbury’s : +4% (+1,5%)
- Rewe : + 1,6% (nc)
- Auchan : +5,8% (+28,8%)
etc., etc.
On a déja vu des entreprises plus malades que ça (comme GM, que vous nommez). Vu les montants colossaux des chiffres d’affaires de ces sociétés, je ne m’inquiète vraiment pas pour elles.
QUe Starbucks ferme des boutiques, je n’y vois rien d’alarmant, car ils se comportent aujoud’hui de la même façon que la Bourse vec une bulle (chose que vous décrivez très bien) : ils ont grandi très très très vite, en ouvrant des magasins partout, sans se soucier de l’éventuelle rentabilité de l’endroit. Maintenant qu’ils ont presque saturé certains marchés, ils coupent les branches qui ne se portent pas bien... rien d’anormal pour une entreprise en forte et rapide croissance pendant longtemps ! (d’ailleurs, en règle générale, les entreprises capitalistes n’arrêtent pas d’acheter et de vendre des actifs, même dans les périodes où tout va bien)
Vous écrivez dès la manchette : "Une seule voix a eu raison de l’immense multitude des électeurs du PS et du MoDem (et d’une partie des électeurs de l’UMP et du Centre). Les candidats Royal et Bayrou, représentant à eux seuls une majorité écrasante de citoyens, présentaient un programme quasi identique de réforme des institutions françaises."
D’après cette logique (qui est aussi celle des hommes politiques), est pour la 6ème rép. la somme des électeurs de Royal et Bayrou ( + quelqu’uns de l’UMP). C’est une pure conjecture ! En effet, voter pour un candidat ne signifie pas adhésion complète à l’ensemble de son programme : ainsi certains ont peut être voté SR pour cette raison, mais d’autres peut être contre la 6ème rép. peuvent avoir pour elle par réflexe de parti, etc. Personnellement, je suis persuadé qu’enterrer la 5ème rép. ne changera absolument rien si les personnes qui animent la politique française ne changent pas profondément de logiciel... Ils devraient par exemple tous et toutes se souvenir qu’ils sont des hommes et des femmes libres de voter pour une idée du camp adverse qui leur plaît ou contre une idée de leur camp qui leur déplaît, les partis et les leaders politiques devraient se souvenir que leurs élus et leux militants sont libres de formuler des opinions et positions différentes (sans pour autant être traité de "traître"), etc. Bien sûr, Bayrou appelle ceci de ses voeux également, mais aucun changement de texte ne permettra d’yarriver...