Entièrement d’accord avec vous, on trouve des planqués dans le secteur privé aussi ! Mais il y a tout de même une différence de taille : de façon très schématique et avec des mots "crus", le planqué du privé pénalise les riches, alors que le planqué du public pénalise les pauvres !
Dans les deux cas, la planque accroît les coûts de fonctionnement. Dans le secteur privé cela entraîne une diminution du bénéfice opérationnel, reversé en partie à des personnes et des institutions détentrices d’un capital, alors que dans le secteur public, elle diminue la richesse de la Nation toute entière, ce qui est d’abord ressenti par les personnes les moins favorisées.
Je ne cherche donc pas à opposer des situations individuelles, mais j’en appelle à la responsabilité collective de tous, fonctionnaires, cadres, dirigeants d’entreprise, etc. C’est possible même dans un système libéral ! JP Morgan, le fondateur de la banque du même nom, et donc certainement pas un marxiste , avait écrit au début du 20ème siècle, que dans une entreprise libérale saine, la différence de rémunération entre deux niveaux hiérarchiques ne doit pas dépasser 20%, et que le salaire le plus élevé ne doit pas être supérieur à 20 fois le salaire le plus faible (ceci a été ensuite adapté dans les années 60 je crois à un rapport de 1 à 50 !) Dans l’entreprise mondialisée, il faudrait sans doute encore adapter ce rapport (notamment à cause des différences de niveau de vie entre les pays) mais ça doit pouvoir se faire sans trop de difficulté...
Monsieur Bob, (Tahiti Bob ? votre style est en tout cas ressemblant )
je pense que nous ne parviendrons pas à nous accorder sur ce qui définit un cadre. Je vous rejoins toutefois lorsque vous dîtes que le cadre ne se définit pas par sa fiche de paye (ce que je n’ai d’ailleurs jamais prétendu...). Je vais quand même essayer de trouver une définition moins polémique et plus rigoureuse que la votre : depuis l’application de la loi sur les 35h, schématiquement, est non-cadre celui qui a un contrat de travail avec une base horaire de 35h par semaine, et est cadre celui qui a un contrat de travail annualisé en jours.
En ce qui concerne la distinction entre cadres dirigeants et cadres non dirigeants, je ne faisais que réagir à ce que vous aviez écrit :en substance, vous aviez employé le verbe "souhaiter" devant "gains de productivité" et "baisse de coûts". Selon moi justement, la distinction entre le dirigeant et le non dirigeant est dans le souhait, pas dans la responsabilité, qui est bel est bien partagée !
Venons-en maintenant à votre passage sur Boboland : le smiley que j’avais ajouté ne s’est pas affiché... j’avais bien saisi la nature ironique de votre propos. Vous avez peut être contemplé des carrières d’ingénieurs informaticiens français, mais je ne pense pas, vu ce que vous en dîtes que vous ayiez vu beaucoup d’informaticiens indiens. Pour ma part, je travaille tous les jours avec eux... Ils sont excellents quand tout ce qu’ils ont à faire est parfaitement spécifié et décrit. Ils ne sont pas particulièrement productifs. En revanche pour l’innovation et les initiatives, ils sont très mauvais. Les projets informatiques se déroulant comme un projet de construction, avec un donneur d’ordre non spécialiste technique (la maîtrise d’ouvrage - MOA) et un constructeur (la maîtrise d’oeuvre -MOE), la MOE se doit de conseiller la MOA et donc de prendre des initiatives. Ceci impose donc à celui qui travaille avec des indiens de doubler certaines fonctions de la MOE ici et là-bas. Je pourrais vous parler de ce sujet qui m’occupe énormément ces mois-ci, mais je m’en abstiendrai ici... Comme je pense que vous ne me croirez pas, je vous invite à lire des interviews qui pullulent sur le Net, par ex. celle de Daniel Marovitz, un des patrons de l’informatique de la Deutsche Bank, http://www.silicon.com/research/specialreports/insideindia/0,3800013641,391 66363,00.htm). Chacun, indien et français a ses forces, ses mérites et ses faiblesses ! De toute façon, "informaticiens" ne veut pas dire grnad chose, car il recouvre un nombre très considérables de spécilités radicalement différentes (entre celui qui prend les appelstéléphoniques en cas de problème et doit être capable de trouver une solution, et celui qui supervise le bon fonctionnement des salles machines il y a tout un monde !!). Votre définition de l’informaticien correspond je pense au développeur, dont il est vrai qu’on en trouve des très bons en Inde, mais là encore, pas pour toutes les spécialités... (si vous êtes familier avec ces choses là, vous en trouvez de très bon pour le Java, le C++, le PHP, etc. par contre il n’y en a que très peu pour l’ABAP - langage de SAP, solution de gestion très répendue).
Ce que vous dîtes sur l’ingénieur est vrai mais incomplet : certes, on cherche soit celui qui apporte de la plus-value, soit celui qui coûte le moins cher, on cherche aussi celui qui existe ! Et d’autre part, n’oubliez pas que la plus-value pour une entreprise peut aussi être représentée par l’accessibilité au marché : une entreprise vendant peu dans un pays peut être tentée de s’y installer pour se faire connaître et apprécier (c’est par exemple un des moteurs qui a poussé Toyota à s’installer à Valenciennes...).
Une des raisons qui font que les délocalisations ont du succès, c’est aussi l’accessibilité de certaines spécialités insuffisamment représentées dans le pays d’origine.
Pour vous convaincre que les délocalisations ne sont pas dues au coût seulement, lisez ceci : http://www.management-issues.com/2007/5/11/research/offshoring-not-a-cost-costing-panacea.asp puis naviguez là, il y a plein de choses intéressantes http://www.mckinsey.com/mgi/publications/emerginggloballabormarket/Part1/In dex.asp
Je vous souhaite une excellente soirée acommpagnée peut être d’un petit peu de vin rouge !
Je ne stigmatise pas la glande des fonctionnaires qui peut se discuter et doit s’affiner (certains sont des situations terriblement difficiles, avec des horaires de fou, mais d’autres, il faut savoir aussi l’admettre, en font le moins possible...). Je reproche par contre à certains de râler pour plus d’avantages et moins de travail, ça n’est pas tout à fait la même chose selon moi ! (le pire du pire pour moi étant certains des régimes spéciaux dont on ne peut pas dire que leur travail ait pesé sur leur espérance de vie, comme par exemple les cadres des établissements publics)
Je ne vous conteste évidemment pas le droit de ne pas être d’accord avec ce que je reconnais être un propos un petit peu caricatural. En revanche, je vous refuse le droit à l’insulte personnelle qui n’a rien à faire ici et qui n’enrichit en rien le débat (lisez les petites lignes rouges au-dessus de la zone où vous écrivez vos commentaires...).
Vous auriez pû tout autant vous insurger contre ce que j’ai écrit à propos des patrons ou à propos des financiers
Pour en revenir au fond, je ne méprise aucune situation personnelle dont je sais parfaitement qu’elles peuvent être très dures (les profs en zone sensibles, les infirmières de nuit, etc.) et dont le dévouement et le professionalisme ne peuvent être discutés ! En revanche, je trouve beaucoup plus contestables certains reflèxes corporatistes et disons-le, égoïstes : chacun sait que la dette de l’Etat grossit à un tel rythme qu’un jour nous ne pourrons plus la supporter. Chacun sait que la démographie est telle que l’on ne pourra pas indéfinimement financer un régime de retraites par répartition. Cela n’empêche en rien des groupes à continuer à revendiquer une retraite avant 55 ans (y compris des cadres qui n’ont en rien exercé un métier si pénible que leur espérance de vie s’en trouve raccourcie), à continuer de pratiquer l’absentéisme dans des proportions injustifiées (voir le rapport annuel de l’Etat http://www.fonction-publique.gouv.fr/IMG/rapport_annuel_fp_2008.pdf, un document très intéressant et instructif qui démonte un certain nombre de préjugés que peuvent avoir autant les "admirateurs" que les "critiques" de la fonction publique).
Moi aussi je respecte tous les gens qui travaillent, nettement moins ce qui en font le moins possible et se permettent de réclamer des avantages auxquels ils n’ont pas droit, et alors qu’ils devraient laisser leur place à tous ceux sans travail qui aimeraient beaucoup travailler...