"Vive la République" est un blog de réflexion politique. Loin des dérives médiatiques et de la politique spectacle il s’agit de redonner ses lettres de noblesses à l’engagement politique et de réfléchir sur l’exercice du pouvoir, la morale, la nation ou encore le capitalisme. Voici un lien direct vers ce blog.
Comme d’habitude, je profite de ces commentaires pour faire de la pub pour mon blog http://vivelarepublik.blogspot.com qui est très bien (si si je vous jure) et sur lequel vous retrouverez d’autres réflexions générales sur la vie politique et sur la campagne présidentielle.
C’est le Tsar Alexandre qui a imposé aux autres coalisés de mettre Napoléon à l’île d’Elbe pour faire peser une menace permanente à la France et à l’Angleterre. Cet exemple montre bien les intérêts divergents qui existaient entre les diverses forces européennes de l’époque. C’est ce qui a permis à Talleyrand de manoeuvrer avec autant d’habileté lors du Congrès de Vienne.
Ce qui est frappant à la lecture de la biographie d’Orieux, c’est qu’à aucun moment Talleyrand ne doute que le retour de l’usurpateur lors des cent jours se terminera par un échec. L’auteur suggère même que ce sont Talleyrand et les Anglais qui lui ont permis de s’échapper de l’île d’Elbe afin de le prendre en flagrant délit et de l’exiler beaucoup plus loin des côtes françaises. Talleyrand connaissait l’état des finances de la France, de son armée, la lassitude de la population. La France était exsangue et même si Waterloo avait souri à l’Empereur, cela n’aurait pas empêché la défaite finale.
Au-delà de cette boutade, je pense en effet que Talleyrand n’était pas un républicain convaincu, en tous cas c’était un républicain déçu par les égarements du régime révolutionnaire pendant la Terreur. Pour lui le régime importait peu pourvu que la France y trouve son compte. C’est certainement un point de désaccord que j’ai avec lui.
Je persiste et je signe, Talleyrand est le grand homme de la France pendant la période post-révolutionnaire, il a été le trait d’union entre ce qui faisait l’identité de la France de l’Ancien Régime et la modernité des idéaux de la Révolution.
En ce qui concerne l’argent qu’il a « amassé », il faut souligner qu’il n’a pas conservé une immense fortune à la fin de sa vie, il a beaucoup dépensé au jeu (ce qui est condamnable je vous l’accorde) et surtout en réceptions fastueuses. C’est grâce à ses réceptions qu’il a pu se maintenir au coeur de la vie politique et diplomatique, c’était donc davantage un moyen qu’une fin pour lui.
Enfin, quelle vision de l’avenir ! Il a été le précurseur de l’Entente Cordiale avec l’Angleterre en pariant sur la nécessaire alliance des nations les plus civilisées d’Europe. Lors du congrès de Vienne, il a très mal vécu le fait que la Ruhr soit accordée aux Prussiens car cela leur donnait une frontière commune avec les Français et des velléités guerrières que l’Histoire, malheureusement, confirmera.
Pour toutes ces raisons, Talleyrand mérite mieux que des critiques mesquines sur son train de vie.