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Annie

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  • Premier article le 07/02/2009
  • Modérateur depuis le 19/11/2011
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Derniers commentaires



  • Annie 21 décembre 2007 12:59

    Je voudrai revenir dans le débat parce que tout ce qui a été dit jusqu’à présent est très juste, mais il me semble que cet attrait pour la gouvernance a aussi deux autres raisons d’être. La première est que malheureusement, nos hommes d’état aujourd’hui sont de moins en moins des penseurs, ou intellectuels, mais des gens qui suivent des filières extrêmement spécialisées et dont la réflexion est réduite à une approche économique et managériale, une approche de rentabilité. La deuxième qui à mon avis est plus psychologique, est que la gouvernance, les codes de conduite, la redevabilité, tout cela relève du désir de mettre de l’ordre dans le chaos. C’est pour cela que tout le monde fonctionne aujourd’hui aux cadres logiques, une pensée linéaire qui ne laisse aucune place aux imprévus, à l’incertitude, aux doutes. Je voudrai reprendre un commentaire de Vilain petit canard à propos de Blair, et pour avoir vécu de près cette époque, je ne pense pas que sa pensée libérale dérive d’un choix mais de ses propres limitations intellectuelles à voir le monde différemment. Le libéralisme est moins un complot délibérée qu’une déficience de pensée.



  • Annie 20 décembre 2007 14:59

    Merci Zen pour ce document. La grande force de MSF (et je suis très partiale à ce sujet) est la qualité de son analyse et de sa réflexion. L’organisation décrit l’action humanitaire comme un geste subversif. Elle refuse de se laisser séduire par le discours développemental, parce que dans la pratique, l’humanitaire pour des ONG dîtes humanitaires comme Oxfam est subordonné à des objectifs politiques et de développement, et implique donc une proximité incestueuse avec les donateurs, gouvernements et institutions internationales confondus, qui ont de plus en plus tendance à dicter les règles d’engagement. Par exemple au Darfour où les ONG ont attendu avant d’intervenir et porter secours aux populations déplacées parce qu’elles ne voulaient pas compromettre les négociations de paix entre le Sud et le Nord ; Certaines de ces ONG ne sont ni plus ni moins que des « contractors », c’est-à-dire des sous-traitants des gouvernements, surtout dans un climat de concurrence acharnée, où il est de plus en plus difficile de mobiliser des fonds auprès du public, sauf pour les urgences hypermédiatisées comme le tsunami asiatique. A cela s’ajoute le risque de la privatisation des projets de développement avec l’incursion des capitaux privés dans ce secteur, par exemple la Fondation Gates. Cela nous éloigne un peu du sujet de la gouvernance, bien que dans une certaine mesure, ce projet de gouvernance est aussi une tentative de ramener au bercail des ONG qui au départ incarnaient une remise en cause de l’ordre établi.



  • Annie 20 décembre 2007 13:24

    Merci Zen pour cet article. Il a le mérite d’aborder une question qui est rarement débattue ces jours, le rôle des ONG dans la promotion de certains groupes de la société civile, aux dépens d’autres qui sont moins alignés sur leur projet de société. Je connais surtout la littérature anglo-saxonne à ce sujet, avec des organisations comme Global South, qui sont très critiques des ONG, d’abord, parce que dans la pratique, elles considèrent qu’elles fragmentent la société et les revendications sociales en une multitude d’intérêts corporatistes, à savoir, les femmes, les petits producteurs etc. qui sapent le pouvoir de négociation des syndicats lorsqu’ils existent et interdit tout rassemblement national autour d’un thème mobilisateur. Les ONG se drapent également dans un rôle de négociateurs entre gouvernements et citoyens, désarmorçant toute vélléité de confrontation, confrontation comme des grèves par exemple, qui dans des pays comme les nôtres ont débouché sur des acquis sociaux. L’autre point concernant les ONG et la gouvernance, est le soutien que certaines ONG (Oxfam) par exemple ont accordé à la Banque Mondiale sur la question de gouvernance dans les pays en développement, débouchant sur le détournement des budgets de l’aide au développement vers des pays à « bonne gouvernance », c’est à dire vers des pays où il y a peut-être moins de corruption, mais aussi des pays plus malléables, qui acceptent le principe des services publics payants (eau et santé) et qui ne renaclent pas devant les ajustements structurels qui portent aujourd’hui un autre nom. L’expression « société civile » est utilisée à toutes les sauces, comme gage de l’implication des citoyens dans la gouvernance de leur pays. En fait bien souvent ces organisations de la société civile incarnent la privatisation des services publics, et une diminution du rôle de l’état, et de ses responsabilités envers ses ressortissants.



  • Annie 28 novembre 2007 11:37

    Il y avait ce matin un article dans Rue89 sur les RG, qu’on peut difficilement accuser d’être révolutionnaires, en 2005 qui prévoyaient que le moindre incident dans lequel serait impliqué un jeune referait flamber les banlieux, et je cite un extrait parce que je trouve que l’analyse est en fait très bonne, et qu’il est d’autant moins compréhensible que personne n’ait rien fait. « Les violences urbaines sont par essence anti-institutionnelles (même si à l’occasion d’émeutes des commerces sont saccagés et pillés), ce sont essentiellement les institutions (éducation nationale, collectivités locales) qui sont visées. (...) Tout s’est passé comme si la confiance envers les institutions mais aussi le secteur privé, source de convoitises, d’emplois et d’intégration économique, avait été perdue. »



  • Annie 28 novembre 2007 10:53

    Vous avez raison, mais je n’essayais pas de proposer le modèle anglo-saxon comme un exemple à suivre pour la France. Personnellement, je n’aime pas du tout ce côté ghéttoisation, mais je voulais simplement dire qu’il y a un enseignement à tirer de la manière dont le gouvernement britannique a décider d’aborder le problème des banlieues. Les émeutes auxquelles je faisais allusion, étaient bien raciales (avec les communautés noires), mais le pays a énormément investi dans un rapprochement avec les différentes communautés, a cultivé les relations avec leurs représentants. Au bout du compte, c’est un investissement qui a payé, car cela coûte bien moins cher financièrement que les émeutes, et socialement que la polarisation actuelle en France. Mais je ne préconiserai pas le modèle anglo-saxon, loin de là.

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