La disposition du gros des troupes gauloises au Sud-Est de la « Chaussée de Brunehaut » laisse penser que c’est l’accès menant à Le Quesnoy (capitale militaire du pagus entre Escaut et Sambre ?) plutôt qu’à celui de Bavay que les Gaulois protégeaient. Il faut peut-être considérer Bavay comme une capitale administrative placée au centre symbolique de la cité et construite à proximité de la capitale militaire du plus puissant pagus ?
Simon est appelé « fils de Jonas » par Jean dans son évangile, rappelant sa situation d’exilé. Une des questions les plus cruciales est de savoir où se situait le centre du pouvoir essénien à cette époque : en Galilée ou en Gaule ? Le chapiteau de Jonas à Mozac incite à pencher vers la seconde option. Elle est appuyée par le fait que les Oniades disparaissent de la scène après le règne de Jannée. Sans oublier l’exil gaulois des Hérodiens qui ont toujours cherché à se concilier les bonnes grâces des Esséniens. Le Simon-Pierre des Evangiles ne serait donc que le dirigeant de la succursale galiléenne. Succursale « dévoyée » par Jean-Baptiste et d’où est sortie le Christianisme.
Je me demande si on ne prend pas le problème à l’envers. A l’époque des vestiges du Mont-Beuvray, cela faisait déjà un petit moment que le rapport Orient-Occident avait commencé à s’inverser (Alexandre, les Galates, Rome...). S’il y a un lien entre la synagogue de Capharnaum et le bâtiment du Mont-Beuvray, il est peut-être dû à l’installation de Gaulois en Galilée. On en revient à l’armée judéo-galate d’Annanias sortie d’Egypte pour sauver Alexandre Jannée et avec laquelle il a sans doute conquis la Galilée : Marie-Clopas.
Au-delà du cas gaulois, c’est l’apparition sur tout le pourtour méditerranéen de l’architecture dite romaine qui pose question. Le cas des villes puniques d’Afrique du Nord est particulièrement éloquent. L’ancienne Carthage aurait été rasée jusqu’à ses fondations par les Romains avant de construire la ville dont on peut toujours voir les vestiges. Plus aucune trace de la ville phénicienne du temps de sa splendeur. Difficile à croire. Et encore plus difficile à croire quand on s’intéresse à Utique, sa voisine ralliée à Rome. Elle n’a pas été détruite et pourtant là aussi, on ne nous montre que du romain. Les villes phéniciennes étaient manifestement biodégradables.
Coïncidence ou pas, les plus anciennes constructions maçonnées au mortier de chaux ont été identifiées à Chypre au 8ème siècle avant J.C. Quand on sait que Chypre était le principal relais des villes phéniciennes du Levant vers l’Occident, il y a de quoi se poser des questions. Cette architecture au mortier de chaux dite romaine ne serait-elle pas en réalité une architecture phénicienne diffusée en Occident par Carthage et ses colonies ? Les vestiges actuels présentés comme romains de Carthage et ses consoeurs seraient alors ceux des villes puniques à leur apogée. Rome se serait inspirée à la fois des Grecs et des Phéniciens ; l’histoire retrouve son sens.
Dans ce contexte, les Gaulois auraient eux aussi très bien pu être influencés par les Phéniciens et imiter leur architecture particulièrement adaptée au climat local. Les villes modernes rencontrées par César en Gaule, notamment Avaricum, étaient donc bien construites au mortier de chaux comme sur tout le pourtour méditerranéen à cette époque. Clin d’oeil de l’histoire, la conquête romaine s’est achevée à Alésia qui nous renvoie à Alashiya, l’ancien nom de Chypre. La boucle est bouclée.
Merci pour l’info, on va voir ça même s’il n’y a pas grand chose à en espérer. Ce genre d’émission est davantage destiné à promouvoir le tourisme local que la recherche scientifique. Les archéologues sont en train de s’enfermer dans une logique de rentabilité économique et politique court-termiste qui les mène droit dans le mur.
@ Emile
Je suis en train de reprendre à zéro mes réflexions sur les capitales militaires. Je pense avoir compris pourquoi la situation du Crest est la plus intéressante du secteur. Un gros détail m’avait échappé et il faut que je compare avec la configuration d’autres capitales militaires bien attestées pour confirmer.