Le quartier des prostituées se trouvait souvent près des remparts des villes antiques et médiévales. Rappelons-nous Rahab à Jéricho qui a fait basculer la bataille en faveur des assaillants cette fois.
Pendant que Labienus se joue avec brio des manoeuvres gauloises autour de Lutèce, César se retrouve en difficulté à Gergovie face à une armée gauloise assez faible par rapport à celle d’Alésia.
L’emplacement d’Avitacum n’est en soit pas décisif pour déterminer celui de Gergovie. Si on démontrait sans conteste qu’Avitacum était à Aydat, cela constituerait un indice mais pas une preuve pour y situer Gergovie. En faveur d’Aydat, il y a le lac bien connu et l’ancien nom Aidac.
Dans la même catégorie des indices, voyez la salamandre de François 1er avec la tête quasiment systématiquement tournée vers sa patte arrière droite, c’est à dire vers Mont Redon. Et la forme même du haut de cette patte dépassant de derrière le corps de l’animal fait penser au profil de Mont Redon. Ce n’est pas une preuve mais cela mérite qu’on y réfléchisse.
Sur le chapiteau de Jonas de Mozac, l’église et la ville semblent se situer au pied de la montagne de la Serre. Il s’agirait donc plutôt de Saint-Saturnin que du Crest. Sur ce chapiteau figurent deux têtes de monstre ; celle qui recrache située à l’extrémité de la mer/montagne de la Serre et celle qui avale Jonas placée plus en arrière, sous la barque/oppidum, un peu comme la patte arrière de la Salamandre : à l’emplacement de Mont Redon.
La description précise de Bibracte n’étant fournie par aucun auteur antique, il vous a fallu réfléchir à l’emplacement le plus logique à partir des maigres éléments fournis par Strabon (Cabillo = ville, Bibracte = citadelle) pour la localiser à Mont-Saint-Vincent, la plus importante forteresse des Comtes de Chalon. Et vous avez expliqué comment les Eduens ont organisé la défense de leur territoire autour de ce site certainement pas choisi au hasard.
Dans le cas de Gergovie, nous disposons de la description donnée par César. Je répète que je ne trouve rien à redire à votre explication de la bataille hormis que je suis toujours moyennement convaincu qu’on puisse lancer une attaque-éclair depuis la Roche-Blanche en espérant arriver au Crest avant les Gaulois retranchés sur l’éperon de la Serre. Les vestiges pouvant être reliés à la bataille y sont très maigres, le camp d’Orcet n’est peut-être qu’un camp de transit et les doubles-fossés de la Roche-Blanche sont à demi convaincants dans la mesure où énormément de sites sont dotés de double-fossés.
Grâce à l’Armorial de Revel, on peut constater que Le Crest était un site militaire majeur en Auvergne, ce qui est confirmé pas un historique très complexe où on voit régulièrement revenir de grands noms de la région (Roche-Aymon, Chazeron, Aycelin de Montaigu, Langeac...). Ce sont souvent des officiers haut placés à la cour du Duc ou du Roi qui deviennent seigneurs du Crest...
... Mais Mont-Redon peut aussi faire valoir ses arguments. Châtellenie disputée par le Comte et l’Evêque avant de tomber dans l’escarcelle des seigneurs de la Tour d’Auvergne dont la puissance n’a fait qu’augmenter au cours des siècles jusqu’à Catherine de Medicis. Un détail m’intrigue dans l’Armorial de Revel : l’excellent état de la forteresse. Alors que beaucoup de sites sont encore plus ou moins en ruines après la Guerre de Cent Ans, même Le Crest porte quelques stigmates ; Montredon semble avoir été remis à neuf prioritairement avant tous les autres. Seule la petite enceinte extérieure a été laissé à l’abandon.
Identifier Gergovie pour identifier Gergovie n’a en soit pas beaucoup de sens si on ne comprend pourquoi elle se situe à tel endroit plutôt qu’à tel autre. Il faut bien garder à l’esprit que le concept de capitale militaire est un OVNI pour les chercheurs universitaires. Tout au plus se contentent-ils de dire qu’un site est stratégique sans expliquer pourquoi. Pour être convaincant, il faut proposer un modèle applicable à toutes les cités gauloises et capable de faire « sortir de terre » toutes nos anciennes citadelles gauloises. Le modèle qui fonctionne pour Bibracte doit fonctionner aussi pour Gergovie.
La seule chose qui continue de me gêner avec la forteresse du Crest est qu’elle se trouve très en contrebas de la principale ligne de crête de la région séparant le bassin de la Sioule de celui de l’Allier. La montagne de la Serre est une ligne de crête secondaire dérivant de la première et le Crest se trouve tout au bout. Par comparaison, le Mont-Saint-Vincent est bien positionné sur la plus importante ligne de crête entre la Loire et la Saône.
On peut argumenter que le relief de la Limagne est bien différent de celui de la Côte Chalonnaise et qu’en Auvergne, la ligne de crête principale n’est pas centrée entre les deux cours d’eau. Elle est beaucoup plus proche de la Sioule que de l’Allier et cela s’accentue de plus en plus en direction du Nord. Cela explique pourquoi la capitale militaire de Montpensier, voisine septentrionale de Gergovie, se trouve sur une ligne de crête secondaire. La citadelle est ainsi placée au milieu de son « pagus », à quasi équidistance entre les deux rivières.
Dans l’idéal, Gergovie devrait se trouver sur le Puy de Vichatel, à la jonction entre la montagne de la Serre et la ligne de crête reliant les Monts Dore aux Monts Dôme. Le relief étant excentré vers l’Ouest et à l’exemple de Montpensier, il est normal que Gergovie soit décalée vers l’Est. Seulement, dans le cas du Crest, cela apparaît comme totalement exagéré. Il me semble que Montredon (au-dessus du Ponteix, à Aydat), est dans une situation beaucoup plus favorable et centrale permettant de rayonner sur tout le secteur alentour depuis les hauteurs.
J’avais envisagé que le Crest puisse étendre sa domination de l’autre côté de l’Allier. Le problème est que le Livradois est au moins aussi large que la région entre Sioule et Allier. On y trouve donc très vraisemblablement un ou plusieurs « pagus » militairement autonomes et dotés de leur propre capitale militaire ; ce ne sont pas les forteresses qui manquent dans le secteur.
Les villes antiques égyptiennes ont disparu et les pyramides sont toujours là. Elles auraient pu servir de carrière de pierres mais elles ont été conservées. Les bâtiments secondaires sont renouvelés plus rapidement que les grandes réalisations qui ont vocation à durer le plus longtemps possible. Le Colisée, le Pont du Gard sont inutiles depuis des siècles mais personne n’a osé y toucher.
Construire une cathédrale constituait un projet titanesque et sacré qui engloutissait des ressources démesurées pour l’époque. On ne s’amusait certainement pas à abattre les anciennes réalisations pour en bâtir de nouvelles de A à Z sans un motif sérieux. Encore une fois, où sont les traces de tous les grands bâtiments construits entre le Bas-Empire et l’époque capétienne ? Comment expliquer la technique similaire des berceaux transversaux employée à Rome, Tournus et Mont-Saint-Vincent et quasiment nulle part ailleurs ?