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Terrien français né au milieu des années quatre-vingt. Passionné par l'histoire ancienne et la géographie humaine.

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  • Antenor Antenor 8 novembre 2021 20:13

    Le Dubis des Séquanes est le Doubs, le Dubis des Eduens est la Dheune, le Dubis des Ségusiaves est la Dunières. Ce n’est pourtant pas compliqué à comprendre. Toujours chez les Ségusiaves, on a un exemple de capitale militaire dans une configuration assez similaire à celle de Bibracte au Mont-Saint-Vincent : Yzeron commandant un « pagus militaire » s’étendant grosso-modo entre la Brévenne-Azergues au Nord, la Saône-Rhône à l’Est, le Gier au Sud et l’Anzieux-Loire à l’Ouest.

    Pour faire honneur à la salamandre de Gergovie, on peut noter que la forme générale des Monts du Lyonnais est celle d’un scorpion géant. Ses « pinces » enserrent la vallée de la Coise en direction des forteresses de Saint-Symphorien sur Coise d’une part et de Riverie de l’autre. Leur base se trouve trouve aux abords d’Yzeron. L’épine dorsale de l’animal suit la ligne de crête jusqu’au Mont-d’Or formant sa queue et le dard est le château de Saint-Cyr. Des sites comme Saint-Bonnet-le-Froid et Rochefort assuraient la garde rapprochée d’Yzeron.

    En Auvergne, le relief entre Issoire et Clermont est un vrai casse-tête. Le « pagus militaire » de Gergovie s’étend en réalité entre entre la Sioule et la Dore bordées de hauteurs alors que les abords de l’Allier sont beaucoup plus accessibles. C’est pour cela que Gergovie / Le Crest se trouve aussi près de l’Allier qui ne constitue pas une frontière militaire en amont de la confluence avec la Dore. Si la ligne de crête entre la Sioule et la Dore passant par le Crest est loin d’être idéale, c’est néanmoins la meilleure du secteur. Mauzun, Usson, Murol ou Tournoël sont autant de verrous protégeant l’accès à cette ligne de crête.



  • Antenor Antenor 16 septembre 2021 23:43

    @ Emile

    J’ai longtemps pensé que Vidubia désignait Veuvey-sur-Ouche parce que la distance correspond et qu’il y a une certaine ressemblance phonétique mais l’itinéraire menant ainsi de Chalon à Langres s’en trouve inutilement compliqué et pas vraiment satisfaisant.

    Vidubia est beaucoup plus vraisemblablement Arnay-le-Duc. On retrouve exactement les 19 + 28 lieues séparant cette dernière de Langres. L’itinéraire actuel le plus direct entre Chalon et Arnay indique 52 kilomètres mais fait un crochet par Chagny et la Rochepot. On peut sans doute récupérer les 2 kilomètres en trop par rapport à la Table de Peutinger (20 lieues) en faisant précisément passer l’itinéraire antique par Agneux puis sans doute par Nolay.

    Dans ce schéma, Filena serait bien Talant comme vous le pensez à condition ici aussi de raccourcir un peu l’itinéraire actuel à travers la Côte d’Or. Ce qui correspond assez à ce que nous connaissons des voies « romaines » qui avaient tendance à couper au plus court. On obtient un itinéraire logique à l’échelle de la Gaule : Chalon-sur-Saône Arnay-le-Duc Talant/Dijon Langres.



  • Antenor Antenor 11 septembre 2021 11:08

    @ Emile

    J’aimerais bien que les intelligents nous expliquent où sont passés les trois siècles de vestiges puniques manquants à Utique qui contrairement à Carthage n’a pas été détruite par les Romains. On ne peut donc pas arguer que ce sont eux qui les ont fait disparaître. Les première traces de mortier de chaux ont été identifiées à Chypre au VIIIème siècle. Chypre nous mène à Carthage et en Méditerranée Occidentale. Ce sont sans doute bien les Puniques qui ont diffusé cette technique chez nous, y compris à Rome, même si je pense que vous la faites remonter un peu trop loin en arrière dans le temps.



  • Antenor Antenor 11 septembre 2021 10:15

    @GoldoBlack

    Dans un premier temps, il est déjà aberrant qu’aucun historien n’est fait le rapprochement entre le Panégyrique de Constantin Auguste mentionnant Chalon et « le plus beau temple de l’univers » avec la vignette de Chalon sur la Table de Peutinger, une des très rares à être représentées par un temple. Ici, on est dans de l’étude littéraire pure. Dans un second temps, l’utilité de l’archéologie serait de confirmer si Emile a raison d’identifier ce temple à l’actuelle cathédrale ou s’il faut le chercher dans son sous-sol. Rien qu’analyser au carbone 14 les parties organiques des mortiers serait en soit très intéressant pour tout le monde.



  • Antenor Antenor 8 septembre 2021 22:13

    La validation erronée de l’emplacement de Bibracte au Mont-Beuvray et de Gergovie à Merdogne a été effectuée par le Colonel Stoffel. N’est-ce pas au Service Historique de la Défense de réparer cette erreur ? On ne peut pas se servir de l’argument d’autorité pour un site et pas pour un autre. Une localisation proposée il y a plus d’un siècle par un militaire est aujourd’hui remise en cause par un autre militaire ; quoi de plus logique ?

    D’ailleurs, si les archéologues ne pensent pas que Bibracte et Gergovie étaient des capitales militaires pourquoi se placer en héritier de Stoffel ? S’ils pensent qu’il s’agissait de capitales économiques qu’est-ce qui les empêche de faire appel à des spécialistes des transports et de l’urbanisme ? La peur du ridicule avec leur capitale éduenne située pratiquement au pire endroit possible à des centaines de kilomètres à la ronde et à la durée d’occupation quasi-insignifiante ?

    N’est-il pas également temps de se débarrasser une fois pour toute de l’ambigu terme de « Proto-Histoire » utilisé pour caractériser les siècles qui ont précédé la conquête romaine ? Soit on fait de l’Histoire et on accepte la critique soit on n’en fait pas. Derrière la « Proto-Histoire » se cache l’idée qu’une interprétation archéologique aura toujours raison face à un récit d’époque. On prend quelques éléments du récit pour mettre en valeur son site de fouilles et on oublie tout le reste qui ne colle pas.

    Qu’on adhère complètement, largement ou très partiellement aux conclusions d’Emile ; le fait est que sa démarche démontre à quel point la recherche historique marche sur la tête dans ce pays. Tout est cloisonné dans l’espace et dans le temps. Il n’y a pratiquement aucune vue d’ensemble. De vieilles certitudes basées sur pas grand chose comme le début de l’ère des églises romanes, sont considérées comme des vérités absolues parce que les remettre en question nécessiterait de remettre en question tout le système.

    La Gaule était donc peuplée de petites principautés quasi-indépendantes qui construisaient leurs villes au milieu de nulle part afin que les archéologues puissent tranquillement les fouiller 2000 ans plus tard. Comment peut-on intellectuellement se satisfaire de cette situation ? Le but des fouilles est-il simplement de garnir les vitrines des musées pour satisfaire les distributeurs de subventions ?

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