Il faut se replacer dans le contexte de l’époque pour comprendre ces cartes. L’île représentée à la jonction des deux rivières symbolise le Comté du Charolais. Celui-ci constituait une enclave des Habsbourg au coeur du Royaume de France. Ils s’y sont accrochés tant qu’ils ont pu. Le Comté du Charolais n’a été arraché à l’Espagne que sous le règne de Louis XIV. C’est évidemment la place forte de Mont-Saint-Vincent qui en constituait l’intérêt principal.
Si quelques décennies plus tôt, François Ier, cornaqué par Antoine Duprat, a choisi la salamandre de Gergovie (Le Crest) comme symbole ; c’est parce que Bibracte (Mont-Saint-Vincent) était tenue par les Habsbourg, nouveaux empereurs romains visant à l’hégémonie sur toute l’Europe. Ces cartes sous-entendent que l’unité gauloise ne pourra pas être réalisée tant que le Charolais n’aura pas réintégré le Royaume de France.
Un lieu vient de me sauter aux yeux : la Fourche de Vendenesse-lès-Charolles. Sur la carte, la zone de Froche semble revêtir une dimension très symbolique de jonction entre la Loire et la Saône. Or s’il est un endroit qui a pu inspirer cette symbolique, c’est bien cette Fourche au carrefour des grandes routes rectilignes en provenance de Digoin, Macon, Chalon et ... Mont-Saint-Vincent.
L’identification à mon sens la plus probable de « Froche » risque de ne pas vous plaire : il s’agit d’une mauvaise retranscription de Laroche(millay), capitale militaire d’un « pagus » compris entre l’Aron et l’Arroux et pas très éloignée du ... Mont-Beuvray. Les rivières de la carte reliant Decize et Chalon sont un mix entre l’Aron, l’Alène, l’Arroux, la Bourbince, la Dheune et la Grosne.
Ces cartes datent d’une époque où on commençait à chercher les ancienne capitales gauloises. Les trois principales candidates étaient le Mont-Beuvray, Autun et Beaune. La carte d’Oronce Fine milite clairement pour Beaune mais celle de Forlani qui a repris la précédente place « BIBRACTA » dans une situation plus floue entre « Froche », « Chalon » et « Beaulne ».
Concernant l’origine du nom du Mont-Beuvray, j’avais fait l’hypothèse qu’il venait de celui des Ambivaretes mentionnés à la fin du Livre 7 de la Guerre des Gaules et qu’on peut situer par déduction à l’ouest des Eduens. Autre possibilité, les Eduens ont pu rebaptiser l’ancienne Gorgobina en « Mont de Bibracte », non pas parce qu’il s’agit de Bibracte mais bien pour marquer leur prise de possession des lieux. Les Ambivaretes pouvaient éventuellement dominer le Nivernais entre la Loire et l’Aron depuis la citadelle de Montenoison.
Le Dubis des Séquanes est le Doubs, le Dubis des Eduens est la
Dheune, le Dubis des Ségusiaves est la Dunières. Ce n’est pourtant pas
compliqué à comprendre. Toujours chez les Ségusiaves, on a un exemple de
capitale militaire dans une configuration assez similaire à celle de
Bibracte au Mont-Saint-Vincent : Yzeron commandant un « pagus
militaire » s’étendant grosso-modo entre la Brévenne-Azergues au Nord,
la Saône-Rhône à l’Est, le Gier au Sud et l’Anzieux-Loire à l’Ouest.
Pour faire honneur à la salamandre de Gergovie, on peut noter que la
forme générale des Monts du Lyonnais est celle d’un scorpion géant. Ses
« pinces » enserrent la vallée de la Coise en direction des forteresses
de Saint-Symphorien sur Coise d’une part et de Riverie de l’autre. Leur
base se trouve trouve aux abords d’Yzeron. L’épine dorsale de l’animal
suit la ligne de crête jusqu’au Mont-d’Or formant sa queue et le dard
est le château de Saint-Cyr. Des sites comme Saint-Bonnet-le-Froid et
Rochefort assuraient la garde rapprochée d’Yzeron.
En Auvergne, le relief entre Issoire et Clermont est un vrai
casse-tête. Le « pagus militaire » de Gergovie s’étend en réalité entre
entre la Sioule et la Dore bordées de hauteurs alors que les abords de
l’Allier sont beaucoup plus accessibles. C’est pour cela que Gergovie /
Le Crest se trouve aussi près de l’Allier qui ne constitue pas une
frontière militaire en amont de la confluence avec la Dore. Si la ligne
de crête entre la Sioule et la Dore passant par le Crest est loin d’être
idéale, c’est néanmoins la meilleure du secteur. Mauzun, Usson, Murol
ou Tournoël sont autant de verrous protégeant l’accès à cette ligne de
crête.
Le Dubis des Séquanes est le Doubs, le Dubis des Eduens est la Dheune, le Dubis des Ségusiaves est la Dunières. Ce n’est pourtant pas compliqué à comprendre. Toujours chez les Ségusiaves, on a un exemple de capitale militaire dans une configuration assez similaire à celle de Bibracte au Mont-Saint-Vincent : Yzeron commandant un « pagus militaire » s’étendant grosso-modo entre la Brévenne-Azergues au Nord, la Saône-Rhône à l’Est, le Gier au Sud et l’Anzieux-Loire à l’Ouest.
Pour faire honneur à la salamandre de Gergovie, on peut noter que la forme générale des Monts du Lyonnais est celle d’un scorpion géant. Ses « pinces » enserrent la vallée de la Coise en direction des forteresses de Saint-Symphorien sur Coise d’une part et de Riverie de l’autre. Leur base se trouve trouve aux abords d’Yzeron. L’épine dorsale de l’animal suit la ligne de crête jusqu’au Mont-d’Or formant sa queue et le dard est le château de Saint-Cyr. Des sites comme Saint-Bonnet-le-Froid et Rochefort assuraient la garde rapprochée d’Yzeron.
En Auvergne, le relief entre Issoire et Clermont est un vrai casse-tête. Le « pagus militaire » de Gergovie s’étend en réalité entre entre la Sioule et la Dore bordées de hauteurs alors que les abords de l’Allier sont beaucoup plus accessibles. C’est pour cela que Gergovie / Le Crest se trouve aussi près de l’Allier qui ne constitue pas une frontière militaire en amont de la confluence avec la Dore. Si la ligne de crête entre la Sioule et la Dore passant par le Crest est loin d’être idéale, c’est néanmoins la meilleure du secteur. Mauzun, Usson, Murol ou Tournoël sont autant de verrous protégeant l’accès à cette ligne de crête.