César dit que les Arvernes et leurs alliés Séquanes ont fait venir des mercenaires germains en Gaule pour lutter contre les Eduens. Ce qui est tout à fait logique étant donné que les Arvernes avaient auparavant été affaiblis par leur défaite contre les Romains. Après la défaite des Eduens, ces Germains se sont emparés du territoire séquane et ont fait venir de nouvelles troupes de Germanie.
Il y a eu deux batailles opposant les mercenaires germains aux Eduens. Si la seconde a eu lieu à Mesvres/Magetobriga, cela signifie très probablement que la première a vu la prise du Mont-Beuvray par les Germains soutenus par les Arvernes aux dépens des Eduens. Le coeur du pays éduen s’étendait peut-être entre la Saône et la Dheune mais la zone contrôlée par ce peuple devait être beaucoup plus grande, sinon il n’aurait pas été un des deux plus puissants de Gaule. Le Mont-Beuvray/Gorgobina n’a dû être que très brièvement germano-arverne.
Quelle a bien pu être l’attitude des Arvernes vis à vis des Germains après leur trahison. La mort de Celtillos n’allait-elle pas dans le sens des ambitions d’Arioviste ?
A première vue sur la carte au 25 000, l’itinéraire par la D956 d’Auxerre à Aisy-sur-Armançon puis par la D905 jusqu’à Alise-Sainte-Reine convient très bien au cheminement d’une troupe lourdement chargée. Il est possible qu’avant l’apparition des automobiles certaines pentes étaient contournées mais dans sa globalité cet itinéraire est tout ce qu’il y a de cohérent.
Tout à fait d’accord avec vous pour utiliser ces cartes. Jusqu’à la généralisation des automobiles, il n’y a guère de raisons pour que les routes aient changé de place. Et on ne voit pas pourquoi il n’y aurait pas eu de routes en Gaule. Il faut cependant se méfier des routes « royales » et « nationales » qui étaient avant tout dédier au transport rapide des passagers et du courrier. Les attelages légers qui les empruntaient faisaient qu’elles pouvaient « tailler » à travers certains massifs pentus, chose que ne pouvaient pas toujours faire les lourds convois de marchandises ou militaires obligés de les contourner.
Le terme de « col » est exagéré pour la région mais il n’en reste pas moins que César devait maintenir une certaine cadence et éviter d’avoir des retardataires. Il lui fallait donc choisir les itinéraires les plus sûrs pour parer aux attaques surprises.
Comme on le voit bien sur votre schéma, ce n’est pas évident de se faire une opinion sur l’itinéraire précis suivi par César étant donné que sa marche est globalement orientée Est-Ouest et qu’elle coupe donc de façon quasi perpendiculaire les principales vallées de la région qui sont orientées Nord-Sud. Il faudrait regarder de près quels sont les petits cols qui permettent de passer le plus aisément d’une vallée à l’autre.
De même, dans la course-poursuite entre Bourges et Gergovie, il paraît beaucoup plus simple et rapide après Moulins de faire suivre aux belligérants la route par Saint-Pourçain sur Sioule, Gannat, Riom que d’aller faire un détour par Vichy.