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Terrien français né au milieu des années quatre-vingt. Passionné par l'histoire ancienne et la géographie humaine.

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  • Antenor antenor 24 novembre 2009 14:59

    Pour Gergovie comme pour Bibracte, il faut savoir si on cherche la principale ville commerciale arverne ou une citadelle « de la dernière chance ». Dans le premier cas, il faut chercher dans la plaine de Clermont (Clermont, Chamalières, Beaumont...) là où se rejoignent la plupart des grandes routes d’Auvergne qu’il est indispensable de contrôler si on veut avoir les moyens de dominer politiquement l’ensemble de la région. Dans le second cas, on peut élargir un peu le champ des recherches étant donné que la citadelle n’a pas besoin d’être en plein sur l’axe commercial. Dans cette perspective, le Crest a de solides arguments à faire valoir même si d’autres sites comme Chateaugay peuvent aussi avoir leur mot à dire. Pour trouver le graal, il faut déjà arriver à déterminer ce que c’est.

    Le problème n’est pas tant de savoir comment s’appelait tel ou tel endroit à l’époque gauloise que d’arriver à reconstituer de manière crédible l’organisation géographique d’une cité. On peut placer Gergovie sur n’importe quelle hauteur comportant des vestiges conséquents si on ne sait pas précisément ce qu’elle est.



  • Antenor antenor 22 novembre 2009 21:54

    Le terme de « colons » est beaucoup trop fort dans le cade d’un traité d’amitié. On ne peut l’employer qu’après Alésia et la soumission des Gaulois. Si on fait l’hypothèse que les Gaulois n’étaient pas trop débiles, ils avaient installé leurs échoppes aux meilleurs emplacements. Les marchands latins avides de bonnes affaires se sont logiquement implanter dans les villes pré-existantes avec l’accord des autorités.

    Le Crest, Veyre-Monton et Corent sont les cerbères de la porte sud de la Limagne. Le principal intérêt de ces sites est militaire. On devait éviter d’y laisser s’implanter trop de marchands étrangers mais les marchands eux-mêmes n’avaient probablement guère envie de s’installer dans ces lieux peu attrayants.

    L’origine de l’agglomération commerciale clermontoise n’est peut-être pas à chercher dans le Vieux-Clermont mais plutôt à Royat et Chamalières. Le premier est relativement isolé dans la plaine, il fallait donc que la ville soit très développée pour organiser la défense autour de ce point. Ce qui n’était probablement pas encore le cas à l’époque de Vercingétorix. Par contre les deux autres sites sont adossés à des hauteurs où la population pouvait facilement se réfugier. On a notamment l’exemple du Puy Chateix à Royat avec ses « Greniers de César » et qui a été assiègé par Pépin-le-Bref. A l’image de Lyon, le coeur commerciale de la ville a dû progressivement glisser du pied des hauteurs vers la plaine au fur et à mesure que sa taille augmentait.

    Vercingétorix ayant sûrement fait évacuer sa/ses petite(s) ville(s) ; César ne pouvait plus l’obliger à redescendre du Crest pour les défendre.



  • Antenor Antenor 22 novembre 2009 15:08

    @ Emile

    Corent est beaucoup plus intéressant pour les marchands que Merdogne et le Mont-Beuvray mais les sites de Clermont, Cournon ou Riom restent quand même imbattables dans ce domaine.

    On peut se demander si les vestiges récemment mis à jours ne sont pas ceux d’une base logistique de l’armée arverne. Le fait d’avoir le sanctuaire en plein milieu du plateau n’est pas sans rappeler l’organisation des camps romains. Le site de Corent a l’avantage de permettre d’établir une vaste garnison à proximité de la Limagne tout en isolant les soldats de la population locale. Il est généralement admis que le village actuel de Corent bâti à flanc de colline trouve son origine au Haut Moyen Age. Ce qui signifie que même à cette période troublée, les villageois préféraient se rapprocher de la vallée plutôt que de rester retrancher sur le plateau. A méditer.



  • Antenor Antenor 22 novembre 2009 14:08

    « Mais son hypothèse sur la bataille a-t-elle un début de vérification expérimentale ? »

    Celle qui situe la bataille à Montmort n’en a pas plus. C’est un peu facile de nous reprocher de ne pas pouvoir vérifier nos thèses. Le fait qu’il n’y ait rien d’évangélique dans les plus vielles églises romanes ne vous interpelle pas ?

    L’âge du fer a duré du cinquième siècle avant Jésus-Christ jusqu’à la révolution industrielle. Les villes ont-elles changé de place entre l’Empire Romain et le dix-neuvième siècle ? La réponse est non. Pourquoi l’auraient-elles fait entre l’époque gauloise et l’époque romaine ? On a l’impression que dès qu’il s’agit des Celtes les contraintes de la vie matérielle doivent s’effacer. On construit des capitales économiques au sommet des montagnes. On les protège avec des murs en terre et en bois. Et on les déménage tous les cinquante ans ...

    Voici mon opinion : les archéologues ne pouvant que rarement faire des fouilles dans le sol de nos villes, ils sont obligés de se rabattre sur des sites en rase campagne. La combinaison entre la vison misérabiliste de la civilisation celtique et la découverte sur ces sites de vestiges beaucoup plus importants que ce qu’on imaginait a fait qu’on s’est persuadé qu’il ne pouvait s’agir que de sites majeurs.



  • Antenor Antenor 21 novembre 2009 15:56

    Difficile d’évaluer la durée séparant la construction de l’église de Mont-Saint-Vincent de celle de Gourdon. Dans la première, les scènes des chapiteaux sont très figées, statiques alors qu’à Gourdon, c’est déjà plus vivant.

    Le pagus de Gourdon et de Mont-Saint-Vincent est agricole et c’est bien là le problème. J’ai du mal à croire qu’ils aient pu financer seuls la construction de leur église. Le Mont-Saint-Vincent est certes moins isolé que le Mont-Beuvray mais on est toujours dans une logique de capitale relativement coupée du monde. Là encore, je ne vois pas avec quels moyens les occupants de Mont-Saint-Vincent auraient pu soumettre ceux de Chalon. Ils pouvaient mener une guerilla depuis leur montagne mais avec des moyens limités. Tout ce qu’ils risquaient de récolter, c’est une coalition des nombreux habitants des vallées.
     
    Les chefs éduens auraient abandonné Chalon à Arioviste pour aller se réfugier à Mont-Saint-Vincent ? C’est tenable quelques semaines voir quelques mois mais pas pendant des années. Quand Charles V a quitté Paris, il s’est réfugié dans une grande ville, Bourges, d’où il a pu réorganiser sa défense. Imaginez les discussions entre les paysans éduens voyant leur pays occupé par les troupes d’Arioviste et apercevant au loin le Mont-Saint-Vincent où se terrent leurs dirigeants affamés. Je verrais plus le Mont-Saint-Vincent comme une balise lancée par Chalon en direction de l’Ouest que comme le centre du pouvoir éduen. A partir du moment où les principales villes sont tombées, il n’y a plus de ressources pour se défendre.

    Je ne pense pas qu’Arioviste se soit emparé de Chalon. Au moment où César franchit le Rhône, le Suève ne devait occuper que le Mont-Beuvray/Gorgobina ravitaillé par les Arvernes. Si Chalon et Autun étaient tombées aux mains d’Arioviste, Divitiac n’aurait jamais pu rentrer chez lui après son voyage à Rome. Autun était peut-être un peu moins puissante économiquement que Chalon mais semble plus facile à défendre. Chalon avait le grand désavantage d’être très excentrée sur les bords de la Saône et relativement exposée aux attaques des Séquanes. Tout comme elle était sous la protection de Dijon au Moyen-Age, elle était peut-être sous celle d’Autun à l’époque gauloise. Autun est située sur un noeud commercial moins important mais elle a un pagus qui semble plus facile à contrôler. Elle est au centre d’un réseau de vallées relativement faciles à bloquer alors que Chalon est coincée entre le fleuve et les hauteurs et exposée à tous les vents.

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