Il faut reconnaître que sans les cartes je serais bien en peine d’établir un tel raisonnement. Mais il faut tenir compte de l’expérience acquise au cours des millénaires par nos ancêtres. A l’époque de Vercingétorix, cela faisait pas loin de 4000 ans que des lingots de cuivre se baladaient d’un bout à l’autre de l’Europe et 30000 ans que les chasseurs-cueilleurs arpentaient le terrain en tout sens. Autant dire que les chefs militaires gaulois connaissaient le terrain de leur cité comme leur poche et avaient identifié depuis longtemps les lieux les plus stratégiques.
Sur le plan symbolique, je pense que vous raisonnez à l’envers. Les peuples de l’Antiquité vénéraient les « dragons » parce que les montagnes en forme de reptiles géants offraient les meilleures caractéristiques défensives. Sur le dos du dragon de la Serre, on peut littéralement « voler » de l’Allier aux volcans et menacer toute la vallée.
Pour Saint-Romain, je fais référence à l’ancien bourg fortifié situé un peu au nord de La Rochepot. Site qui a notamment appartenu aux Damas (vicomtes de Chalon), aux Ducs et aux Pot. Le secteur me paraît intéressant parce qu’il domine tous les axes éduens importants et contrairement au Mont-Saint-Vincent, il n’y a pas besoin de zigzaguer entre les collines pour intervenir rapidement sur Chalon. Tenir Chalon sans tenir le sud de la Côte d’Or me semble très compliqué.
Il est gentil Fillon de vouloir donner à nos entreprises les moyens de se développer... à l’étranger. L’augmentation de la TVA en faisant baisser la consommation pénalisera le plus les entreprises qui font l’essentiel de leur chiffre d’affaire en France. On est heureux de savoir qu’EDF gère l’électricité de Londres. La question n’est pas celle du capitaliste ou du communiste, la question est celle des frontières et du protectionnisme. Diminuer les impôts sur les multinationales, c’est affaiblir nos défenses. La baisse des impôts ne peut être envisagée qu’en échange du rapatriement des activités délocalisées et cela doit se doubler évidemment d’une politique douanière hyper agressive. Le but n°1 des entreprises françaises doit être de fournir le marché français avec des produits fabriqués dans des conditions décentes. C’est cela une politique de civilisation.
Le pays éduen est traversé par deux routes principales : celle reliant la Mer du Nord à la Méditerranée et celle reliant l’Atlantique au Rhin. La jonction s’effectuant à Chalon à la périphérie orientale de leur territoire. Articuler ledispositif militaire éduen autour de Mont-Saint-Vincent crée un fort déséquilibre en faveur de l’axe Chalon-Digoin mais laisse à l’écart les autres voies tout aussi importantes si ce n’est plus. D’où mon intérêt pour des sites comme Aluze, La Rochepot ou Saint-Romain. Les deux derniers en particulier permettent de passer d’une voie à l’autre tout en restant en permanence sur la ligne de crête. Ne faudrait-il pas attribuer la plaine entre Beaune et la Saône aux Eduens avec Vergy comme garde-frontière du pagus de Dijon ?
Ce qui est piègeux dans cette affaire, c’est le statut particulier de Bibracte, Gergovie et accessoirement Alésia par rapport aux autres grands sites de la guerre des Gaules.
Avec Lutèce, Cénabum, Vesontio, Cabillo ou Avaricum, les choses sont claires, on a affaire à des villes commerçantes.
A Gergovie et Alésia, la description de César fait beaucoup plus penser à des citadelles militaires.
Pour Bibracte, les choses sont plus compliquées, pas de description directe. Mais étant donné que Bibracte semble avoir eu le même statut chez les Eduens que Gergovie chez les Arvernes, il s’agit sans doute aussi d’une citadelle.
Où situer ces citadelles ? Les villes gauloises ayant précéder les villes médiévales sur les mêmes sites, on ne voit pas pourquoi il n’en aurait pas été de même avec les citadelles.
Pour Gergovie et Alésia, la description de César alliée à l’histoire médiévale connue des sites du Crest et d’Alise-Sainte-Reine permet d’avoir une forte certitude quant à leur localisation.
C’est plus compliqué pour Bibracte, pas de description de César. Seules la logique militaire et l’histoire connue des forteresses médiévales peuvent nous aider. Quand on voit Le Crest et Alise-Sainte-Reine, la localisation de Bibracte à Mont-Saint-Vincent interroge. Les deux premiers sont au contact direct des grands axes de circulation alors que le dernier domine les siens de très loin.
Quand on regarde l’axe Clermont-le Crest-Issoire et qu’on le transpose à la Bourgogne, l’axe Chalon-Aluze-Autun saute aux yeux. Aluze fait beaucoup penser au Crest et permet d’intervenir directement de la Dheune à la Saône ; alors que l’accès du Mont-Saint-Vincent à la Saône est vraiment compliqué : vallée de la Guye, vallée de la Grosne, hauteurs autour de Brancion...
Sauf à suivre la ligne de crête qui rallonge beaucoup le parcours et atterrit à... Aluze.
Je ne pense pas que le nom d’Alésia ait été attribué à certains sites à la légère et Aluze est le seul à le porter dans la région de Chalon, c’est peut-être le signe de sa prééminence. Le rôle des forteresses de Rully, Chamilly et Montaigu n’était-il pas avant tout de protéger les accès à Aluze ?