Courage, ajoutez le concerto pour violon, ce qui doit être assez facile puisqu’il a été enregistré de très nombreuses fois par tous les violonistes avec cd sur rue...
A nouveau, mes compliments Taverne ! Ce compositeur était effectivement un excellent technicien et un orchestrateur de génie dont il est difficile de tout survoler en un simple article mais vous avez oublié tout de même l’une de ses oeuvres la plus jouée et tout à fait admirable, je veux dire son concerto pour violon qui fait partie de la poignée de compositions forgées à cet instrument. On lui a reproché la facilité et le sentimentalisme alors qu’il était capable d’audaces comme dans sa dernière symphonie. C’est pourquoi vos exemples ne sont pas, de ce point de vue, parfaits puisqu’ils conduisent à cette conclusion. Vous pourriez, par exemple, ajouter la scène de la lettre et l’air du prince Grémine d’Eugène Onégine, bien entendu son concerto pour violon, aisément accessibles à l’oreille commune.
Ah que nenni ! Glinka est le véritable initiateur du style russe et Balakirev n’a été qu’un catalyseur. Ce dernier a été un honorable compositeur mais seules ses deux symphonies méritent de la considération, ses oeuvres pour piano, à l’exception d’Islamey et de la seconde sonate, n’étant que du Chopin et du Liszt au rabais, ce qui est au total fort peu. Les liens entre les hommes sont importants mais restent secondaires au regard de la filiation des oeuvres, d’où l’intérêt de relever le cheminement musical Glinka-Dargomijski-Moussorgsky-Debussy. Il est vrai que vous avez cité Dargomijski mais il m’a paru opportun de le replacer dans la perspective. Je partage en partie votre enthousiasme pour les Dances mais vous devriez emporter tout l’opéra car il contient d’autres pages de toute beauté et surtout, seules et souvent par le seul orchestre, elle perdent alors une bonne partie de leur charme puisque leur originalité consiste en six épisodes choraux et instrumentaux contrastés. Là aussi le seul groupe des cinq n’y a pas suffi puisque leur orchestration a été réalisée collectivement par Borodine, Rimski-Korsakov et...Liadov.
Bravo encore une fois Taverne ! Votre sujet pourrait noircir des milliers de pages mais, s’il n’y avait qu’une oeuvre à retenir, c’est bien sûr Boris qui domine toute la musique russe et constitue avec une poignée d’autres oeuvres la tête de gondole de l’histoire de la musique. Pour sa filiation, vous avez manqué une marche : Glinka est effectivement le fondateur de l’école russe par opposition aux influences étrangères, italienne, allemande et française mais le maillon suivant est Dargomijski qui, outre l’incorporation du folklore russe à la Glinka, créé un nouveau réalisme lyrique très particulier. Moussorsky en est alors le continuateur et devient l’incarnation de l’opéra russe par rupture avec le séculaire art lyrique occidental avec Pelléas pour aboutissement.
Précisément l’opus 15 est le numéro 1 mais le deuxième (et non le premier) ! On pourrait même dire qu’il s’agit du troisième puisque Beethoven à quatorze ans a composé un concerto inédit en mi bémol majeur dont seule la partie de piano a été conservée.