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armand

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Enseignant à l’Université après avoir exercé un certain nombre de métiers divers et variés ; convaincu que la culture peut encore améliorer l’homme - ou tout au moins lui permettre de vivre en paix avec ses semblables.

Tableau de bord

  • Premier article le 21/09/2009
  • Modérateur depuis le 16/10/2010
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Derniers commentaires



  • armand armand 13 novembre 2007 09:22

    Cher furtif,

    Comme je l’ai exprimé plus bas, la politique des administrations américaines était fluctuante et souvent incohérente ; Elle était prise entre trois forces, pour résumer : une approche légaliste qui consistait à signer des traités avec des tribus dont la notion d’état ou de foncier n’était pas la même, qui en faisaient tour à tour des ’nations’ souveraines ou des peuples ’sous tutelle’ (wards) du Grand Père Blanc de Washington. La pression des centaines de milliers de colons qui se répandaient sur les plaines en faisant fi de tous les traités signés. Pour finir, les turbulences des tribus elles-mêmes, en état de guerre larvé les unes avec les autres, dont les chefs peinaient à contrôler leurs jeunes guerriers tout simplement... parce que le système de gouvernement tribal (fort ’moderne’ à bien d’égards) ne leur donnait pas ce type de pouvoir !

    En somme, colons et guerriers incontrôlables garantissaient un état de guerre quasi-permanent.

    De part et d’autre il y avait des hommes de bonne volonté -on parle souvent de la ’Piste des Larmes’ des Cherokees, mais on oublie que leur expropriation fut ordonnée illégalement par le président Jackson qui, passant outre à la rebuffade de la Cour Suprême, a déclaré ’le Juge Marshall a pris sa décision, maintenant qu’il l’applique !’ Même Bush n’irait pas jusque là (je pense...).

    Fait qui pour moi infirme totalement la comparaison avec l’hitlérisme : les Indiens ont toujours bénéficié d’un certain prestige auprès des blancs : il n’était pas déshonorant d’avoir du sang indien, certains ont même atteint des grades élevés dans l’armée (l’aide-de camp du général Grant, par exemple, le général Parker, sachem iroquois à 100 pour cent).

    Et il n’y a jamais eu de plan d’extermination, sauf dans la tête de quelques malades. On sait que la fameuse phrase de SHeridan (et non de Custer) ’un bon Indien est un Indien mort’, fut prononcée lors d’un échange verbal avec un chef belliqueux qui avait dit, quand on lui reprochait ses déprédations, ’je suis un bon Indien, moi’. En fait, la politique de terre brûlée que Sheridan appliqua aux Indiens des Plaines ne différait en rien de celle qu’il avait infligée aux habitants - blancs - de la Vallée du Shenandoah pendant la G. de Sécession. Ce qui n’enlève rien à sa cruauté.

    En revanche, je ne nie pas une volonté d’assimilation à l’outrance pour faire de ces nomades des cultivateurs sédentarisés. De plus, l’inconscience qui consiste à laisser des profiteurs sans scrupules répandre l’alcoolisme, ou bien partager les terres tribales en lopins individuels dont les détenteurs (comme les Russes avec leur coupons de p’articipation’) se sont empressés de les vendre à vil prix à des spéculateurs.

    Comme pour l’esclavage, dont on a dit qu’il y a eu deux crimes fondamentaux, l’esclavage lui-même et la manière dont il a été supprimé, le sort des Indiens a été marqué par deux injustices - la spoliation, et la façon de laisser les Indiens, devenus citoyens américains, sans aucune préparation dans un univers de capitalisme darwinien.



  • armand armand 12 novembre 2007 11:52

    Je n’ai jamais dit le contraire. Et Custer lui-même affirmait que s’il était Indien il préférerait vivre libre sur les Plaines qu’enfermé dans une réserve. Le témoignage d’un de ses soldats montre qu’eux aussi n’aimait pas la tache qu’on leur imposait. Avisant le corps d’un guerrier tombé près des lignes de défense, il va jusqu’à exprimer sa tristesse, car ce brave était mort en défendant ’le peu qu’il avait, sa famille et un petit tipi en peau’ (mémoires du soldat Taylor). Pourtant Taylor avait vu ses camarades hachés menu sur le même terrain !

    De même, le général Miles s’est battu inlassablement pendant des années pour obtenir un dédommagement en faveur des rescapés sioux de Wounded Knee.

    Ce qui est tragique, c’est qu’aucun des deux peuples n’imaginaient qu’ils pouvaient coexister pacifiquement. C’était l’un ou l’autre qui devait l’imposer. Et pendant longtemps, à la différences des grandes civilisations méso-américaines, les Indiens ont été en mesure de disputer pas à pas la progression des blancs, infligeant régulièrement d’importants revers. De même, la politique des administrations US (comme de nos jours...) a été souvent incohérente, tendant la main un jour, brisant les traités le lendemain.

    Mais cela n’en fait pas des SS assoiffés de sang pour autant.



  • armand armand 12 novembre 2007 11:40

    Amusant, vivelecentre, votre texte me rappelle un incident survenu il y a une vingtaine d’années : l’allais déposer ma thèse à la Sorbonne quand j’ai été apostrophé par des étudiants, dans le grand couloir de l’établissement, qui voulaient que je signe une pétition contre le gouvernement du Salvador. Je leur ai demandé s’ils avaient une autre pétition visant le régime de Castro, j’ai eu droit à des quolibets, bras levés en imitation du salut nazi. Alors mon sang n’a fait qu’un tour et ça a fini en pugilat...



  • armand armand 12 novembre 2007 11:34

    Merci pour le lien - c’est bien vu. En fait, la fuite en avant du crédit a servi de poudre aux yeux, prenant la forme trompeuse d’un bien dont on use brièvement, sans jamais le posséder. On a beaucoup glosé sur les ménages modestes aux USA qui ont acheté à crédit ces ’MacMansions’ énormes et à colonnes, qui leur donnait l’illusion d’être des nantis tant que la valeur augmentait pratiquement tous les moiis, et qu’ils pouvaient emprunter dessus pour consommer.

    Vous mettez bien en évidence comment les hyper-riches se sont affranchis de toutes les règles de vie en société. J’ajouterai : hedge funds basés dans des paradis fiscaux, allègements d’impôts (ou évitement total), instruments financiers sans cesse plus sophistiqués et alimentés par une masse monétaire incontrôlable (se résumant, en fait, à faire de l’usure la base de notre économie, puisque tout tourne autour d’acrobaties savantes liées aux taux d’intérêt), rémunérations de dirigeants qui ne sont autres que des tickets de loterie dont on choisit le numéro après le tirage, tripatouillages de comptes s’il le faut... et ainsi de suite.

    Sans parler du développement le plus inquiétant, la privatisation de l’espace (’gated’ communities), et son corollaire, le recours exclusif à la sécurité privée. Puisque l’Etat lui-même montre l’exemple (les contractors, bientpot en Russie des armées privées au service des entreprises).



  • armand armand 11 novembre 2007 20:49

    Curieux, depuis mon niveau ras-de-bitume de cycliste urbain, qui, dans son fors intérieur, considère l’invention du moteur à explosion comme une des pires tares de l’humanité, je n’ai jamais vu autant de 4X4 ou de multispaces, de préférence à vitres fumées (ce qui, à mes yeux, me semble enconre plus incivique que d’arborer une burqa) !

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