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armand

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Enseignant à l’Université après avoir exercé un certain nombre de métiers divers et variés ; convaincu que la culture peut encore améliorer l’homme - ou tout au moins lui permettre de vivre en paix avec ses semblables.

Tableau de bord

  • Premier article le 21/09/2009
  • Modérateur depuis le 16/10/2010
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Derniers commentaires



  • armand armand 21 juin 2007 16:24

    En tant que prof de fac, qui suis passé par tous les échelons, postes, status possibles et imaginables depuis vacataire jusqu’à prof en passant par ATER, Maître de Conf’ etc., j’ai ma petite idée de ce qui ne va pas.

    Au risque de mécontenter certains, une grosse partie du problème réside dans des spécificités bien françaises qui n’osent pas dire leur nom.

    Tout d’abord on en est resté à l’image de l’étudiant ’gentleman-scholar’ autonome, planifiant seul son parcours, choisissant comme il l’entend, organisant son temps de travail. Cela ne correspond en rien à la demande de l’étudiant 2007. Certes, beaucoup n’ont pas le niveau, ni l’envie de poursuivre à partir de la première année mais, surtout, beaucoup pratiquement un absentéisme catastrophique car l’assiduité n’est nullement obligatoire.

    L’étudiant (dans le sens collectif) n’a pas l’habitude d’interpeler son enseignant, pour lui demander éventuellement de ralentir le rythme du cours, de revenir en arrière sur tel ou tel point, voire même de marquer une pause car il y a saturation. Et souvent, l’enseignant n’a pas l’habitude de se laisser ainsi interpeler. J’ai instauré ce type de dialogue avec une classe cette année et je peux vous assurer que les résultats à l’examen étaient spectaculaires, l’ensemble des étudiants ayant maîtrisé un cours d’une difficulté et d’une complexité extrêmes !

    L’employeur français a aussi à balayer devant sa porte, lui qui exige systématiquement des diplômes en rapport pointu avec l’emploi. Pourquoi recrute-t-on des philosophes ou des littéraires dans les entreprises U.S., japonaises ou britanniques, mais jamais françaises ? Seulement, comme pour la mise au rencart des plus de 50 ans, on tolère des préjugés à contre courant du monde entier chez le patronat français.

    Les autres tares du système sont bien connus : investissement minimal dans le supérieur - un étudiant coût moins qu’un lycéen, un enseignant dans le supérieur est souvent moins bien payé que dans le secondaire, l’état des installations, des bâtiments, est souvent déplorable. La concurrence ’déloyale’ des grandes écoles, crées par Bonaparte pour casser l’université trop marquée par l’église n’a jamais été mise en question.

    Mais cessons de casser du sucre sur le dos des lycéens et étudiants français : certes, devant la déferlante d’une sous-culture de masse à laquelle personne n’échappe, leur maîtrise des fondamentaux est moins assurée qu’auparavant (mais franchement, quand j’entends parler certains politiques, pourtant quinquas, on chercherait en vain les traces de notre belle culture classique, depuis la bravitude jusqu’à Pandore qui sort de sa boîte...)

    Mais avez-vous idée de l’indigence culturelle des élèves anglais ou américains, issus des écoles publiques ? Le moindre élève en Terminale d’un quartier sensible passerait pour Jean d’Ormesson à côté !

    Certes, une orientation plus stricte à l’entrée de la fac serait souhaitable. Certes, les syndicats étudiants, très faiblement représentatifs, vivent dans une langue de bois égalitariste et menacent de faire grève comme par un automatisme pavlovien. Mais je ne suis pas certain qu’un accroissement du pouvoir déjà exorbitant des présidents d’université soit une solution. Et je vois mal comment on pourrait faire des universités françaises l’équivalent des homologues U.S. par exemple si on ne règle pas l’épineuse question des grandes écoles, du CNRS et, tout simplement, du budget.



  • armand armand 21 juin 2007 10:21

    Je suis plutôt mal placé à critiquer les digressions, mais je constate, une fois de plus, que personne, ou presque, ne parle du véritable sujet : le livre de Rushdie est-il ’blasphématoire’ ? Certains me répondront, je vous l’accorde, que là n’est pas la question, que même s’il l’était, il faudrait le défendre. Mais j’aimerais qu’on aborde ce sujet, car une réponse négative (non, il n’y a rien de blasphématoire) montrerait bien que l’indignation n’est qu’une manoeuvre de récupération.

    Quant à l’annoblissement, encore une fois, je répète à qui n’aurait pas suivi, c’est le PM britannique (hier Blair, aujourd’hui Brown) qui en décide, et ce ’patronage’ a souvent une connotation politique.

    Mais on peut aussi débattre de la valeur littéraire de Rushdie (après tout, on a bien discuté des ’Bienveillantes’, qui ont valu à leur auteur, Américain francophone mais résident en Espagne, de bénéficier de l’ukase ministériel lui octroyant un passeport français (pour quoi faire ?). Et en France on épingle bien des Légions d’Honneur sur les corsages puissants de jeunes athlètes qui ne savent pas aligner une phrase correcte mais nagent plus vite que les autres...



  • armand armand 21 juin 2007 09:01

    Cher Johne Wayne, La différence est que les idiots du cru, vous êtes bien obligé de les supporter, car la peine d’exil pour connerie n’existe pas dans le code civil. En revanche, toute collectivité humaine a le droit de règlementer l’accès à des gens venus du dehors, surtout quand ceux-ci bénéficieront de la solidarité nationale. Dans le cas optimal, une collectivité optimiste et sûre d’elle dispose des outils d’intégration, notamment l’école et le travail. Force est de constater que l’école ne parvient pas à combattre ’la rue’ et ne formate plus de bons citoyens, et que le chomage fait toujours rage. De plus, ces nouveaux-venus sont encouragés à penser qu’ils n’ont aucun devoir d’intégration eu égard aux injustices, vraies ou présumées, infligées à leurs ancêtres. De surcroît, un suivi social inexistent ou laxiste ne va pas non plus dans le sens de l’intégration, car on a vite assimilé une des constantes de l’individualisme français : on attend comme un dû l’aide de l’Etat, mais on refuse à celui-ci toute ingérence dans la façon de s’en servir.

    Bref, reste la régulation d’autorité des flux migratoires, avec son lot d’arbitraire et d’injustices, d’autant que la structure de l’EU nous impose quasiment comme concitoyens des ressortissants de pays qui nous sont bien plus étrangers que ceux des anciennes colonies !



  • armand armand 21 juin 2007 00:07

    Seul des excités wahhabis peuvent trouver vraiment à redire du roman de Rushdie (n’est-ce pas, cher Paradisial - connaissant votre sens de l’humour, je parie même que vous trouveriez ce livre fort à votre goût). Pour les ignares qui peuplent nos contrées, les ’Versets’ donnent même une vision attrayante et romanesque des débuts de l’Islam. Alors fallait-il craindre les hurlements des ignares et ne pas donner à un éminent auteur ce qu’on donne au moindre financier qui file du flouze au parti au pouvoir ? Je dirais même que sans l’affaire du fatwa, Rushdie serait ’Sir’ depuis fort longtemps.

    Outre le fait que pour les fondamentalistes de tout poil et de toute religion, on ne fait pas de fiction avec la religion (ou plus précisément, la notion même de fiction leur est étrangère), ce livre a été instrumentalisé dès le début.

    J’ai envie de poser la question : parmi tous ceux qui discuent, pou ou contre, de ce livre, combien l’ont vraiment lu ?



  • armand armand 20 juin 2007 19:21

    Je ne peux pas me lever pour Scarlett, car le trouble qu’elle m’inspire risque d’être par trop apparent !!!

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