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armand

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Enseignant à l’Université après avoir exercé un certain nombre de métiers divers et variés ; convaincu que la culture peut encore améliorer l’homme - ou tout au moins lui permettre de vivre en paix avec ses semblables.

Tableau de bord

  • Premier article le 21/09/2009
  • Modérateur depuis le 16/10/2010
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Derniers commentaires



  • armand armand 17 juin 2007 18:08

    Les jeunes ont de tout temps testé les limites - c’est même tout à fait sain et nécessaire au développement personnel. Et parfois les transgressions deviennent un ferment qui permet de faire bouger la société. Moi aussi, quand j’étais enfant je trafiquais, je lançais des pierres sur des voitures, je me bagarrais, je renversais des petites filles à vélo car je ne savais pas encore qu’il était plus agréable de les trousser, mes copains pissaient dans toutes les boîtes à lettres de mon immeuble quand ils ne me trouvaient pas chez moi. Mais je savais que c’était mal, et que se je me faisais prendre j’aurais contre moi une structure pyramidale qui commençait, à la base, par mes parents, mes voisins, mes enseignants, épaulés s’il le fallait par la police, les éducateurs des centre fermés, et ainsi de suite.

    A l’heure actuelle les familles défendent mordicus leur sale rejeton contre toute réflexion des voisins, pleurnichent en masse devant le commissariat en cas de ’bavure’ alors qu’ils ne bronchaient pas quand leur moutard volait des voitures. Et s’est généralisée à l’extrême une sous-culture glorifiant par la musique et le cinéma le prédateur qui prend ce qu’il veut, quand il veut, en bousillant tout ce qui s’oppose à lui.

    Un sondage récent chez les jeunes mâles américains, qui portait sur les nouvelles séries télévisées mettant en scène des héros moralement ambigus a révélé qu’à leurs yeux même un assassin était désormais susceptible d’éveiller identification et sympathie. Et qu’assassiner exceptionnellement sur le coup d’une grosse colère n’était pas en soi redhibitoire.

    C’est à la lumière de ce glissement que me paraît grave le nombre sans cesse croissant de très jeunes qui, sondage à l’appui, estiment désormais qu’il n’y a rien de repréhensible à violer la loi.



  • armand armand 16 juin 2007 16:13

    Bonjour Paradisial,

    La grande ville marquée par les générations qui s’y sont succédées est en effet mon ’habitus’ de prédilection, je n’y puis rien, les plus grandes splendeurs de la nature n’arrivent pas à m’émouvoir de la même façon. Il me vient la distique d’un poète urdu, sans doute Mir Taqi Mir, ’Ne nous confondez pas, nous autres, fous des villes (shahr-e-divanii), avec les amants du temps jadis/Majnun habitait le désert, Farhad les hautes montagnes.

    Parmi les médinas d’Orient, mention spéciale pour celle de Fez - en particulier, une petite rue occupée d’un côté par le palais semi-abandonné d’une princesse ; à la tombée de la nuit on arrive à la longue et sinueuse rue commerçante où les lumières des échoppes viennent de s’allumer comme des lucioles. Tout près, le riad délabré d’un ami, héritier d’une vieille famille désargentée, qui vend chez lui tout un stock d’habits de soirée en compagnie d’un paon qui se promène en liberté dans toutes les pièces.

    On pourrait se croire à Delhi avant la funeste partition, dans le quartier des mohallas, mais les fanatiques de pigeons feraient défaut. Ou même, j’imagine, dans le Marais au XIXe siècle. Les premières fois que j’ai séjourné à Istanbul il y avait, pour moi, quelque chose de familier dans les quartiers délabrés de Péra (en cours de gentrification accélérée à l’heure qu’il est), et c’est quand je suis revenu à New York, au Village, où on me trimballait d’appart en appart et de bar en bar quand j’avais moins de cinq ans, que j’ai compris. Architecture, patine, odeurs, tout y était. Il est vrai que toutes ces villes fabuleuses permettent une association lancinante entre rue, porte, fenêtre, quartier, et enfance, amours passés.

    La belle chanson du troubadour country tuberculeux, Hank Willians, « Never again will I knock at your door » me fait penser invariablement à un énigmatique ghazal de Mirza Ghalib : Mes pensées s’élancent encore vers ta rue ; Mais un coeur y a été perdu, je m’en souviens encore/ Quel désert maintenant !Mais le voyant, tel qu’il est, je me souviens de ma demeure/ Dans mon enfance, je m’apprêtais à lancer un pierre sur Majnun ; Mais j’ai pensé soudain à ma propre tête.

    Je suis sûr, cher Paradisial, que vous saisissez le poignant de ce dernier vers.



  • armand armand 16 juin 2007 13:12

    @Maxim

    On trouve de belles évocations du quartier Beaubourg au début des années ’60 dans le romans de Claude Seignolle : ’La brume ne se lèvera pas’ Dans ’Delphine’ il donne une tournure plus fantastique aux lieux car il s’agit d’une jeune fille prise dans une faille espace-temps entre 1830-1930. Je trainais beaucoup dans ces rues à l’époque du ’Trou’ (donc déjà plus la belle époque dont vous parlez) - mais il y avait encore des coins pittoresques : le ’Camerone’, rendez-vous de vieux légionnaires, au coin de la rue de la Grande Truanderie. Il y avait aussi une jeune dame d’une famille aristocratique de l’Allier qui s’occupait d’une boutique d’antiquités juste en face de la Fontaine des Innocents (pendant ces quelques années où tant de magasins de primeurs sont devenus des brocantes). Je passais mes après-midis à essayer de la séduire mais selon toute évidence soit j’étais trop jeune, soit elle aimait trop son mari...



  • armand armand 16 juin 2007 13:03

    Le Christianisme ancien avait un regard extrêmement ambigu sur la peine de mort. Même parvenu au statut de religion d’Etat de l’Empire romain, son interprétation n’a pas manqué de tirer à hue et à dia les individus qui s’en réclamaient. Ainsi, Théodose Ier, qui imposa férocement le christianisme, n’a pas hésité à faire massacrer la population de Thessalonique qui avait assassiné leur gouverneur lors d’une émeute. En revanche, son petit-fils, Théodose II, se targuait durant son long règne d’un quart de siècle de n’avoir jamais condamné à mort. Et les armées byzantines (je ne parle pas des guerriers occidentaux) avaient pour coutume de faire pénitence rituellement pour effacer la soullure d’avoir tué. Le Christianisme en fait c’est une longue histoire de tensions entre un idéal et la condition humaine, faite de violence et d’injustice.



  • armand armand 16 juin 2007 11:30

    Merci de ce poème parisien. A la différence de nombre de mes amis, désespérés par le saccage de vastes pans de la ville et sa transformation en ’gated community’ pour bobos friqués, j’arrive toujours à glaner ici et là des échos merveilleux quoique doux amers de plus de trente ans de Paris. Hier en passant devant Beaubourg je songeais à l’incroyable labyrinthe de ruelles qui irriguaient jadis la rue Saint-Martin, aux noms oubliés : Maubuée, Beaudroierie, Jabach, à la pauvre petite rue de Venise dont la moitié des maisons sont tombées lors des excavations du centre Pompidou. Il s’agissait, en 1920, d’un des quartiers à plus forte densité du monde, et sur les murs lépreux de vieilles demeures du XVIIe-XVIIIe on relevait encore, paraît-il, les traces de balles des émeutes de 1832 (célébrées dans les ’Misérables’). Hélas, la dédensification obsessionnelle des édiles a fait le vide, comme en d’autres lieux du Vieux Paris (environs de l’Hôtel de Ville, par exemple). Et les promoteurs de l’ère Pompidou ont fait le reste, rasant les Halles et transformant tout ce quartier en lieu de sortie et de transit pour touristes et banlieusards : plus fappante encore que la destruction des maisons, la disparition de toute une population parisienne et de ses petits commerces. De cela, et de leur retour éventuel par voie d’incitations, de reconstructions à l’identique (ou presque) on n’entend piper mot du côté de la municipalité.

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