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armand

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Enseignant à l’Université après avoir exercé un certain nombre de métiers divers et variés ; convaincu que la culture peut encore améliorer l’homme - ou tout au moins lui permettre de vivre en paix avec ses semblables.

Tableau de bord

  • Premier article le 21/09/2009
  • Modérateur depuis le 16/10/2010
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Derniers commentaires



  • armand armand 17 mai 2007 10:56

    Il faut se garder de conclusions hâtives en ce qui concerne la situation politique en Turquie. L’AKP a effectivement jugulé l’inflation et semble moins taraudé par la corruption que les autres partis politiques ; de plus, il ratisse très large. Il a offert un moyen de représentation non seulement aux ruraux conservateurs mais aussi aux classes commerciales montantes, souvent traditionalistes et enracinées dans la province (la famille d’Abdullah Gül et de sa femme vient de Kayseri).Le plus souvent, leur Islam n’a rien de sectaire ni de violent, mais, comme souvent dans les pays musulmans, il repose sur un attachement à des signes extérieurs de moralité comme la lutte contre l’alcool, le foulard islamique, la volonté de sévir contre le ’vice’ (comme lorsque M. Erdogan a maladroitement lancé un projet de pénalisation de l’adultère). Ce qui n’empêche pas M. Gül, dont l’épouse (mariée à 15 ans, elle a poursuivi néanmoins un cursus universitaire des plus honorables !)est l’une des ’femmes à turban’ de l’AKP, d’offrir de l’alcool à des journalistes chez lui. De même, les dirigeants de l’AKP ont gardé de l’Islam une vision universaliste, permettant d’aborder plus sereinement le problème des minorités.Ils sont parfois moins arc-boutés sur le nationalisme à fleur de peau que leurs adversaires laïcs (on a beaucoup glosé sur la différence entre le futur-ancien président, qui n’a jamais voyagé hors de la Turquie, et le candidat de l’AKP, polyglotte, diplômé, connu et apprécié de la plupart des dirigeants mondiaux).

    Leurs adversaires pêchent parfois par le sectarisme social et culturel - on a entendu des manifestants issus des classes occidentalisées des grandes villes exprimer leur mépris pour ces péquenots qui auraient l’outrecuidance de vouloir gouverner.

    Une des complexités de la situation réside dans le rapport schizoïde que la Turquie entretient avec son passé. Les partis laïcs ont affimé que l’AKP voulait ramener l’époque ottomane avec Gül comme Padichah (sultan). Beaucoup de partisans de l’AKP, loin d’être des extrémistes ou des nostalgiques, trouvent simplement qu’on a trop privilégié les techniques, les arts, les penseurs occidentaux au détriment des traditions dans ce qu’elles ont de positif. Là aussi, le clivage est souvent régional : se réclamer de tel ou tel penseur soufi passe très bien à Kayseri, alors qu’à Izmir ce serait vu comme ringard ou obscurantiste. Or il est indéniable que la Turquie doit pouvoir concilier le modernisme kémaliste, qui a empêché le pays de sombrer corps et biens en 1920 et qui a forgé tant d’institutions (Etat, Armée, Education) qui en font un pays largement au niveau européen, avec son passé ottoman. Ce passé ottoman, notons bien, dont tous les pays environnants lui savent gré, et qui fait de la Turquie le meilleur intermédiaire entre l’Iran et l’Occident, entre Israël et les pays arabes, entre pays arabes eux-mêmes.

    Pour finir, un certain pragmatisme turc permet d’espérer un dénouement en douceur. Les journaux turcs ont été nombreux à relever les imperfections du système électoral : le seuil élevé de votes qu’il faut à un parti politique pour obtenir des sièges au Parlement fait que l’AKP, nanti d’une majorité écrasante, ne représente en fait qu’une fraction de la population (tout comme son adversaire principal, le CHP). Et le Président, à qui l’on reconnaît tout de même un pouvoir essentiel, celui de bloquer les nominations dans l’Armée, la Justice, l’Education, est élu par le seul Parlement.

    Une réforme électorale, dont l’élection du Président au suffrage universel, pourrait conférer aux vainqueurs éventuels une légitimité indiscutable. Reste que le conflit entre laïcs et religieux ne s’évanouira pas, et on peut espérer que chaque camp, mesurant la force de l’autre, y vera simplement un débat démocratique dans ce qu’il a de plus fructueux. On peut déjà trouver positif que l’Armée, sans abandonner son rôle de gardien de la laïcité, a été plus discrète que d’habitude, que MM Erdogan et Gül ont montré eux aussi un certain pragmatisme.

    A toutes fins utiles, je précise que ma démonstration n’est pas un plaidoyer pro-AKP - les grandes manifestations laïques ont été un rappel à l’ordre utile - mais que la caricature étant facile, cette mise au point s’imposait.



  • armand armand 17 mai 2007 09:51

    L’esprit soixante-huitard est merveilleusement campé par un vieux dessin de Faizant : on y voit une série de personnages agitant leurs drapeaux respectifs et criant ’Vive le Vietnam’, ’Vive Cuba’, ’Vive la Palestine’ accompagnés de l’épithète ’valeureux patiote’. Mais quand on passe à un bonhomme coiffé d’un béret, agitant le drapeau tricolore et criant ’vive la France’ la légende devient : ’dangereux réactionnaire, présumé fasciste’.

    L’esprit 68 c’est le soutien à tout régime totalitaire pour peu qu’il s’annonce communiste tout en traquant le moindre indice d’autorité ou de discipline en France. ’Interdit d’interdire’, certes, mais aussi, et surtout, ’pas de liberté pour les ennemis de la liberté’ ce qui peut couvrir la pire intolérance.

    Mais s’amalgame à cet esprit, guère plus significatif que la vogue de l’anarchisme chez les jeunes artistes an 1900, une authentique révolte ouvrière contre des conditions de travail souvent déplorable.

    Mais ce que je reproche surtout aux 68ards actuels c’est que beaucoup, tout en proitant des délices de la société de consommation et des honneurs de la République, n’ont pas le moindre regret de leur engagement au service de ces grands bienfaiteurs de l’humanité qu’étaient Mao, Trotsky, tout en poussant des cris d’indignation au sujet de ceux qui, dans leurs années estudiantines, ont choisi les mouvements de droite.



  • armand armand 16 mai 2007 23:01

    La première résolution de l’ONU qui importe est celle qui créa l’Etat d’Israël. On attend encore que nombre d’états islamiques la respectent.



  • armand armand 16 mai 2007 22:56

    Encore une simplification abusive : ce n’est pas Israël qui créé le terrorisme, mais la forme ’secte’ du fondamentalisme islamiste qui s’en prend d’ailleurs, en priorité, aux musulmans jugés impies. Israël se comporterait en bon chrétien (tendant l’autre joue) que cela n’y changerait rien. En revanche, comme d’autres, Israël a commis avec obstination l’erreur d’affaiblir les forces nationalistes - avec lesquelles il est possible de s’entendre - au profit des islamistes, pour qui aucun accord n’est possible, tout au juste une trêve, avec un pouvoir non-musulman régnant sur un territoire, si minime soit-il, jadis sous domination musulmane.



  • armand armand 15 mai 2007 23:33

    Désolé, com cher Cambronne, mais je n’aime pas trop Céline. Comme toute littérature que se délecte de l’abjection. Et comme Céline, à titre individuel, était la pire des ordures, ça n’arrange rien.

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