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Bovinus

Tableau de bord

  • Premier article le 04/10/2011
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Derniers commentaires



  • Bovinus Bovinus 9 février 2012 23:55

    al.terre.natif :
    => il « suffit » de ne pas choisir d’autre maîtres que soi-même et d’autres limites à notre liberté que les limites de la liberté des autres ....

    Hélas, non, ça ne « suffit » pas. La démocratique Athènes est devenue une thalassocratie agressive et conquérante qui a exercé son hégémonie pendant presque tout le Ve siècle avant JC sur une vaste confédération de cités-États vassalisées, comprenant tout le pourtour de la mer Égée (ce qui, à l’époque, est un empire très considérable). Il a fallu une alliance menée par la traditionaliste et oligarchique Sparte pour en venir à bout (guerre du Péloponnèse).

    Ce que je veux dire, c’est que seul un ordre moral supérieur à l’ordre politique existant (quel qu’il soit, le type importe finalement assez peu) est en mesure de donner des garanties « suffisantes » contre la tyrannie et la violence. Cela n’a pas grand chose à voir avec la démocratie (qu’elle soit vraie, comme c’était le cas avec Athènes, ou fausse, comme c’est le cas avec la totalité de nos régimes occidentaux contemporains - excepté, peut-être, la Suisse).



  • Bovinus Bovinus 9 février 2012 14:38

    lejules :
    Je ne peux pas dissocier un coup boursier sur les denrées alimentaires et telle ou telle famine a l’autre bout du monde ! Un chantage bousier pour faire voter une loi a l’ONU ou tout autre magouille du même acabit. Voir le bouquin «  confession d’un tueur économique  ». Pour moi la finance spéculative a une importance primordial dans l’appareil de guerre américain. Mais c’est effectivement son talon d’Achille.

    Vous avez raison, mais seulement aussi longtemps que la victime du chantage boursier accepte de se plier aux règles de la bourse. Avec la Russie ou la Chine, ce genre de « magouilles » ne fonctionne pas.

    Chantage et corruption font aussi parti de l’art de la guerre. l’Arabie Saoudite par le jeu des placements possède une bonne parti des États-Unis. La famille ben laden des pans entiers de son économie. Qui est le dindon de la farce ?

    Dans ce cas précis, le dindon de la farce c’est bien l’Arabie Saoudite. Ils pourraient posséder 100% du patrimoine états-unien, le jour où le gouvernement des États-Unis décrète une nationalisation, ils font quoi ? Le jour où le minuscule (mais déterminé) État des caraïbes nommé Cuba a décrété la nationalisation des biens privés sur ses terres, même le géant américain n’a rien pu y faire.

    Il y a eu tout un courant dit « des approches non stato-centrées » dans la théorie des relations internationales, qui souligne l’importance prise ces derniers temps par les acteurs non étatiques (à savoir : organisations supra-nationales, multinationales, ONG), et essaient d’expliquer la réalité sur ce seul postulat. Croyez-moi, c’est du vent, et bon pour les naïfs. Le droit, les règlements, les traités, bref, toute cette paperasse s’écrasent devant la force brute ; ce n’est même pas moi qui le dis, mais Pascal, quoique pas exactement en ces termes.

    Vous en avez peut-être entendu parler, mais les pays dits du « groupe BRICS » sont en train de mettre en place un système d’échange international alternatif basé sur le troc (ce qui inclut les transactions payables en or). Du coup, l’importance des bourses, des banques, des parasites de la grande finance internationale se retrouve un peu relativisée...



  • Bovinus Bovinus 7 février 2012 17:51

    Votre excellent commentaire apporte une réelle valeur ajoutée à l’affaire. Non que j’aie ignoré cet aspect, comme vous semblez le suggérer, puisque :

    À la même époque, dans les milieux de la finance et du grand capital, on se préparait également au passage à la monnaie unique européenne, on négociait des alliances stratégiques et on investissait dans les télécommunications, l’informatique et plus généralement, ce qu’on appelle à présent les TIC (Technologies de l’Information et de la Communication) ; les start-ups poussaient comme des champignons, les vannes du crédit étaient grandes ouvertes, des entrées en bourse de plus en plus spectaculaires d’entreprises qui parfois n’avaient pas un mois d’existence provoquaient la frénésie des traders, toute cette fièvre générant l’énergie et les capitaux nécessaires à la mise en place de l’infrastructure du Grand Réseau, et, au-delà, de l’ « économie virtuelle » qui est la nôtre aujourd’hui.

    Mais j’aurais pu (dû ?), éventuellement, insister davantage sur cet aspect de la question. Votre hypothèse est très plausible ; j’aurais toutefois deux réserves :

    - On est quand même largement dans le domaine de la spéculation intellectuelle (c’est à dire, du pur conspirationnisme, comme on dit si bien à notre époque) ; néanmoins, si vous arrivez à trouver des preuves tangibles, vous aurez vraiment tapé dans le mille ; cela dit, l’absence de preuves ne remet pas en cause la valeur de votre hypothèse.

    - Il ne faut pas - à mon avis - accorder trop d’importance à l’aspect financier du point de vue de la géopolitique. Il y a aux moins deux choses qui valent largement plus que toute la finance du monde dans une guerre (or, on est bien dans une guerre, je suis à tout à fait d’accord avec vous là-dessus ; par contre, j’en situerais le début entre 1947 et 1949 et non pas en 2001), à savoir, les ressources, et la capacité de production. Il est vrai que le cas des États-Unis est un peu particulier, puisqu’ils ont consumé les ressources les plus indispensables dans une assez large mesure sur leur propre territoire, et sont du coup obligés de les importer. De ce point de vue, l’esbrouffe de l’ « économie virtuelle » est le moyen par excellence de berner les fournisseurs de matières premières, et de les payer avec du vent en échange.

    Maintenant, il serait intéressant de savoir dans quelle mesure ceux-ci sont-ils bernés en effet, ou bien, acceptent de se laissent berner ? Le cas de l’Arabie Saoudite, par exemple, est tout de même étonnant : depuis des décennies, cet État arrose le monde occidental de son pétrole, et que gagne-t-il en échange ? à peu près rien. Est-ce donc qu’il est dirigé par des gens à ce point idiots, ou bien, n’a-t-il tout simplement pas le choix ?

    Internet est une « usine à gaz », une machine à abrutir, à faire perdre du temps, à espionner, mais en même temps, ce n’est aussi qu’une sorte d’illusion qu’on fait disparaître en appuyant simplement sur le bouton « OFF » de son ordinateur. Après tout, il ne serait guère étonnant que cette illusion n’intègre aussi l’ « illusion monétaire » qu’on essaye de nous faire gober. Mais ça fonctionne de moins en moins : si les foules se laissent encore mener par le bout du nez, ce n’est pas le cas des États que l’Amérique cherche à soumettre (Russie et Chine, pour faire « simple »), et qui, à l’occasion, retournent l’arme contre son créateur. Mais cela ne sont que des escarmouches ; l’important est ailleurs.

    Les États-Unis ont perdu l’Irak et sont en train de perdre l’Afghanistan ; le « repositionnement » sur la Libye me paraît périlleux et incertain, et ce n’est pas Internet qui va les sauver de la grande faillite financière qui vient. En fait, la seule chose qui pourrait les « sauver » (ou en tout cas, prolonger cette situation malsaine), ce serait une nouvelle guerre ; seulement, pour cela, il faut que celle-ci apparaisse nécessairement comme étant légitime (contrainte imposée par leur régime proclamé « démocratique »).

    Ça m’a l’air de plus en plus mal barré, là aussi. Les « printemps arabes » sont une tentative désespérée d’allumer des foyers d’instabilité tout autour de la forteresse eurasienne, ce qui agace assurément les Russes mais ne semble pas les déstabiliser pour autant. De toute manière, on pourrait difficilement aller plus loin dans la surenchère, sans déclencher une guerre ouverte entre les deux blocs.

    L’autre option, pour le camp « occidental », serait de reconnaître et d’essayer de minimiser sa défaite idéologique et ses mensonges, et se préparer à gérer sa récession économique. Cela vaut tout de même mieux qu’une destruction mutuelle assurée...



  • Bovinus Bovinus 3 février 2012 17:46

    Merci de votre commentaire. Quelques remarques de ma part :

    J’ai mis plusieurs années de recherches (morcelées) à prendre la mesure de notions comme Nouvel Ordre Mondial, ou l’Hypnose générale des médias (télé surtout, mais également internet, comme l’auteur le souligne).

    La façon dont on parvient à la compréhension de la réalité importe finalement assez peu ; ce qui est intéressant, c’est le détonateur ; à un moment donné, quelque chose vous a poussé à ne plus vous contenter des balivernes qu’on vous servait en guise de réponses, et vous mettre à en chercher d’autres. On peut (encore) en trouver un certain nombre sur le Net, mais pas toutes.

    Même si ce n’est pas la majorité (la fameuse qui justifie tout au nom de la démocratie), ces contenus existent, se développent, et grâce aux technologies issues des recherches marketing et autres, arrivent parfois a percer la couche « protectrice » de merde qui les recouvrent.

    C’est là que j’ai des doutes. Si on ne veut pas qu’un site subsiste, on le fait fermer, ça se fait très facilement. De plus en plus de « dissidents » se réfugient chez les Russes (étrange paradoxe : le vilain méchant Poutine accueille les martyrs dissidents de l’Ouest), on le constate sur Russia Today ou Rutube.ru . Ce n’est pas qu’ils sont en danger de mort (pas encore, du moins), mais le champ des media est extrêmement contrôlé.

    L’avantage principal du Net pour la publication de contenu tient en fait à une seule chose : sa dématérialisation. Celle-ci permet une entrée, une publication et une diffusion à coût zéro, ou en tout cas, extrêmement peu élevé. Mais il y a des contreparties : on sait exactement QUI est l’auteur et OÙ le chopper. Ce qui n’était pas le cas avec les samizdats soviétiques qu’on se passait sous le manteau, mais qui atteignaient néanmoins une audience considérable.

    Au sujet des techniques promotionnelles, que chacun se met à pratiquer plus ou moins, espérant accroître ainsi la fréquentation de son blog ou de son site, mon sentiment est plutôt négatif. À partir du moment où on accepte de se soumettre à ce cirque, on accepte aussi implicitement de reconnaître que ce qu’on cherche à promouvoir n’est rien d’autre qu’un produit, une objet consommable à mettre au même niveau qu’un mouchoir jetable. Une œuvre intellectuelle, une création de l’esprit, ne se consomme pas ; partant de là, elle n’a pas besoin de faire l’objet d’une quelconque promotion. Ce n’est pas qu’un caprice taxinomique, une telle conception des choses est chargée d’implications très sérieuses.

    Ca vaut le coup de continuer d’écrire sur le net, de développer des projets. Pas pour exploiter de potentiels revenus publicitaires, ni pour développer le nouveau facebook, mais simplement pour permettre à d’autres de se sortir de l’hypnose générale, échanger, confronter, ... bref, avancer.

    Là aussi, je suis assez réservé. Il faut savoir qu’on nous le fera payer à un moment ou un autre. D’autre part, cela ne permet en aucune façon de sortir des gens de l’ « hypnose générale », car ceux qui s’intéressent à ce genre de textes en sont déjà sortis. Une fois que le déclic s’est produit, c’est rarement réversible ; tout ce qu’il leur reste à faire, c’est de trouver les réponses, et certaines sont moins importantes que d’autres. Ceux qui en revanche ne veulent pas se réveiller s’ingénieront à nier l’évidence la plus irréfutable, le cas de M. Pelletier ci-dessus est assez éloquent. Enfin, l’échange n’est pas toujours fructueux. Il se fait souvent en vue de satisfaire son propre narcissisme, ce qui donne lieu à un dialogue de sourds, où chacun parle, mais aucun n’entend.

    Maintenant, c’est bien de rappeler également que la vie réelle nous attends, et que la politique (par exemple) n’est pas un sujet de sondages, d’enquêtes, de phrases plus ou moins bonnes, ni de vidéos sur le net, c’est avant tout un devoir de chacun ... dans le monde réel !

    Ne me faites pas dire ce que je n’ai point dit ; je ne conçois pas la politique comme une devoir, et je ne pense pas que qui que ce soit ait la moindre légitimité à nous imposer une pareille corvée. La politique est un moyen d’accéder au pouvoir. Dans la situation actuelle, celui-ci est aux mains d’une clique de traîtres, d’incompétents et de bons à rien, qui n’en font rien qui nous soit utile, c’est entendu ; mais si l’on admet votre proposition, selon laquelle la politique serait un devoir, on se retrouve tôt ou tard dans l’obligation de recourir à la violence et au mensonge, puisqu’il va falloir confisquer ce pouvoir à ceux qui le détiennent.

    Maintenant, qu’est-ce qui nous garantit que les nouveaux maîtres, une fois les anciens détrônés, ne seront pas pires encore ?



  • Bovinus Bovinus 2 février 2012 11:07

    @ scipion165 :

    J’avoue que je ne pensais pas faire l’objet d’une critique d’ « en haut » (par ailleurs, tout à fait justifiée). Pour ma « défense » je dirai d’une part que je manque encore de culture sur le sujet pour construire une critique solide de ce que vous appelez « la racine », mais que je pense pouvoir sans trop de mal identifier ; d’autre part, si la démarche de critiquer les manifestations « mineures » telles que Internet, les médias en général ou encore, notre système économique est peut-être dans une certaine mesure peu utile, éradiquer le « mal » n’est pas mon but dans une telle démarche. Ce que je cherche à faire, c’est pousser mon lecteur à commencer à se poser des questions sur ce qu’il voit autour de lui, et en ce sens, s’en prendre aux éléments de son monde auxquels il est le plus souvent confronté me paraît une démarche valide. Mon prochain texte portera sur la monnaie.

    Il fut un temps, je n’y voyais rien de mal ou d’inhabituel, ou plutôt, je sentais confusément qu’il y avait un truc qui clochait mais sans pouvoir le définir d’une quelconque façon. Trouver la vraie cause m’a pris des années, et je suis parti du plus bas vers le plus haut. Exiger de tout un chacun qu’il appréhende tout d’un seul coup est à mon avis présomptueux et contre-productif.

    Je me permets de me citer moi-même, une réponse faite hier soir à un commentateur sur ce fil même, ci-dessous :

    "En revanche, je peux essayer vous expliquer pourquoi vous retrouvez des similitudes entre la thèse de Debord (que j’approuve totalement) et ce que j’écris. Le dénominateur commun est probablement un intérêt pour la pensée traditionaliste. Voir René Guénon - La crise du monde moderne , ou bien, en moins « ésotérique » et plus près de nos référents rationnels, Christopher Lasch - La culture du narcissisme. Une fois qu’on a compris où se trouvent la différence essentielle entre la Tradition et le « modernisme », on voit très vite la vraie valeur des doctrines, des théories, des systèmes et des diverses démonstrations et réalisations matérielles issues du monde moderne. Tout ça ne vaut pas un clou, quel que soit le nom dont on l’affuble : capitalisme, libéralisme, productivisme, realpolitik, communisme, socialisme, démocratie, universalisme, humanisme, etc. La société du spectacle, est la conséquence logique du mensonge fondamental qui est derrière tout cela ; quand la réalité est moche, il faut être bon contorsionniste et bonimenteur pour maintenir l’illusion de l’adhésion des masses (qu’il faut également créer)"

    J’ai bien peur que vous ne prêchiez un converti...

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