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Bovinus

Tableau de bord

  • Premier article le 04/10/2011
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Derniers commentaires



  • Bovinus Bovinus 29 septembre 2011 17:53

    @ l’auteur

    Il se trouve que moi aussi, j’ai « poussé la porte par inadvertance ». C’est donc le titre qui doit être un peu trop racoleur.

    « Cela dit, il est dommage que vous n’ayiez pas l’ouverture d’esprit d’aller jeter un coup d’oeil au film. »

    Je n’irai pas voir ce film, ni aucun autre d’ailleurs, dans un proche avenir. C’est donc que je dois avoir l’esprit étroit, forcément.

    Non. C’est juste que je n’ai pas deux heures et neuf euros à perdre.



  • Bovinus Bovinus 26 septembre 2011 15:04

    Bien vu, on ne sait pas si il l’était ou non.

    Toujours est-il qu’au lieu d’invoquer de grands principes, allant jusqu’à déformer les faits pour mieux les faire coller aux dits principes, notre apprenti BHL devrait tout simplement appeler à relire Cesare Beccaria. C’est plus efficace, c’est plus crédible, et ça rend moins con.



  • Bovinus Bovinus 24 septembre 2011 11:48

    eric :
    Surtout un fantastique trou noir du sens : ils passent complètement à côté du fait que toutes les spécificités de la société québecoise qu’ils regrettent étaient toutes liées à son très profond catholicisme....

    C’est exact, mais moi, dans ce que je dis plus haut, je ne passe pas à côté ! Pour être tout à fait honnête avec vous, si j’étais croyant, j’appellerais à croire. C’est seulement parce que je ne le suis pas que j’admets que d’autres peuvent être dans mon cas, et par ailleurs, ne m’adjuge pas le droit de prosélytisme. En outre, je ne suis pas certain que ce soit absolument nécessaire ; en revanche, tout ce que la chrétienté nous a enseigné, nous devrions le chérir et nous comporter d’après cet enseignement, car c’est là notre héritage, notre culture et notre civilisation. Sans cela, nous ne sommes que des barbares, des bêtes, des rats.

    Nos jeunes « indignés » finiront bien par y venir. Si j’y suis venu tout seul par les études, la lecture, la réflexion, et une envie sincère de comprendre ce qui ne va pas, ils peuvent y arriver également.

    Par ailleurs, je reprends mon cas personnel, cette « simplicité volontaire » que je préconise, elle est dans mon cas du moins, réellement volontaire. Mon statut me permet de gagner beaucoup d’argent en m’expatriant (en me prostituant). Je l’ai déjà fait par le passé, et finalement, l’argent ne m’a pas apporté grand-chose. J’ai flambé un peu, mais pas trop, dépensé raisonnablement, partagé avec mes proches, et l’inflation et les crises se sont chargé du reste. À l’époque, je ne connaissais pas encore l’or et ne comprenais rien à l’économie, ni d’ailleurs à rien du tout. Pour ce qui me restait, j’ai suivi le conseil de Ben Franklin et me le suis « mis dans la tête » (je me suis payé des études, étant en dépit de tout conscient de ma propre ignorance). Et je ne regrette aucunement ce choix.

    Je pourrais recommencer, et m’expatrier de nouveau, mais... à quoi bon ? Je regarde mes collègues, qui ne parlent que de cela, ne vivent que de cela, et je me dis tous les jours : quel troupeau d’imbéciles... Et c’est censé « représenter » la France, ça. Et une fois « rapatrié », ça se plaint de n’avoir pas assez de son salaire pour « vivre ». J’ai l’impression, à chaque fois que je m’y rends pour gagner mon pain, d’entrer dans une porcherie.

    Ce qui me fait penser à la chanson éponyme de Bérurier Noir.



  • Bovinus Bovinus 24 septembre 2011 00:52

    J’ai écouté votre chanson... elle est magnifique ! Je tenais à vous remercier de me l’avoir faite découvrir. Sincèrement.



  • Bovinus Bovinus 23 septembre 2011 23:48

    eric :

    Sinon, le nouveau testament se représentant lui même comme l’accomplissement de la première promesse, il est à mon sens difficile de comprendre l’un sans connaitre l’autre, et cela marche dans les deux sens....

    Je connais l’Ancien Testament, mais je rejette tout ce que ce qu’il représente. Je vous avouerai que j’ai assez peu de goût pour la théologie, je me contente de l’essentiel et de certains passages-clefs. J’ai probablement tort, mais on n’aurait pas assez d’une vie si il fallait tout étudier, tout connaître, tout savoir. De plus, pour le peu que je connais du judaïsme, il semblerait que certains de ces passages-clefs doivent être interprétés dans un sens totalement différent du texte tel qu’il est écrit dans la Bible. La « bonne » version serait dans la Torah, ou le Talmud.

    À trop s’enfoncer dans les profondeurs de ces détails, on perd de vue l’essentiel, c’est à dire, les valeurs enseignées, qui peuvent être exploitées par la science sociologique, par exemple. Autrement dit, comme vous la définissez, l’analyse « matérialiste ».

    A bovinus, vous avez raison, je tourne autour du pot pour ne pas entrer directement dans le sujet et ne pas vous prendre de front. Disons que la frugalité comme résultante de la foi de l’espérance et de l’amour est un résultat anecdotique d’un renoncement au moins partiel et sincère à la rivalité mimétique, une vraie libération, là ou une frugalité de combat n’est à mon avis qu’un maniérisme de renoncement, et je vous renvois à nouveau à ma chanson.

    Chercher à restaurer le passé conduirait fatalement à l’échec et à la marginalité. C’est pourquoi j’estime que le mysticisme et la foi ne sont pas forcément nécessaires, pas plus d’ailleurs, qu’ils ne sont gênants - tant qu’on résiste à la tentation du prosélytisme. Si le christianisme était réservé aux seuls ermites, ascètes et saints, il ne serait jamais devenu ce qu’il a été - une haute culture prétendant à l’universalité. Tout comme auparavant la culture grecque, puis, gréco-romaine.

    La « rivalité mimétique », autrement dit la « concurrence » (plus ou moins forcée, d’ailleurs) est imbécile. Il s’agit d’une interprétation perverse et malsaine, au demeurant abusive et fausse des théories évolutionnistes de Darwin. On en attribue la paternité à Spencer et Malthus, mais des légions entières de gredins, de faussaires et de canailles les ont suivi dans ce mouvement, connu sous le nom de « darwinisme social ». Cependant, ce n’est nullement une fatalité, et si la charité chrétienne s’y oppose évidemment, je vous ferai remarquer qu’elle n’a pas le monopole de la résistance. Les nihilistes, puis, les anarchistes russes s’y sont également opposés (voir les ouvrages de Kropotkine et de Bakounine, pour les plus connus ; on trouve également certaines idées très intéressantes à ce sujet chez Proudhon). D’autres cultures - notamment l’Islam - s’y opposent toujours, avec un certain succès.

    Sommes-nous des bêtes, pour nous entre-dévorer comme des rats ? À un moment, les politiques, les banquiers et les journalistes ont réussi à le faire croire à des troupeaux entiers d’imbéciles, qui se comportent comme des rats depuis lors. Mais, au risque de me répéter, ce n’est pas une nécessité. Il suffit de nous rappeler que nous sommes des hommes, et non des rats.

    Par vos doutes - au demeurant légitimes et justifiés, j’en conviens - vous me poussez, cher interlocuteur, à endosser les oripeaux d’une sorte de néo-prophète. Je n’en ai ni l’orgueil, ni la capacité, ni même l’envie. Je ne suis qu’un esclave parmi des milliards, qui réfléchit juste un peu et cherche à comprendre les choses. Ce que je prêche, je m’efforce de le pratiquer, dans la mesure du possible.

    Je vois bien le danger de l’après. En admettant que si demain, des millions de gens en Occident refusent la consommation, l’argent virtuel et privatisé, la représentativité politique et l’ignorance, il faudra bien reconstruire une économie et trouver le moyen de nourrir les gens, et éviter qu’ils ne s’entretuent. Il est probable qu’un système similaire à l’actuel émerge aussitôt celui-ci renversé, puisque ce sont les principes et les valeurs qui nous guident qui sont mauvais. Il nous faut donc des principes et des valeurs neufs, et, dans cette éventualité, la frugalité et la tempérance sans la foi ne nous seraient d’aucun secours ; bien au contraire, elles feraient de nous des salauds redoutables et endurcis. La spiritualité est donc indispensable pour le monde qui vient après celui-ci, vous avez raison sur ce point.

    Cela implique toutefois une sévère rédemption, c’est à dire, une armée de martyrs et de prophètes, voire, un Messie. C’est ce que vous attendez, n’est-ce pas ? Il faudra bien que cela arrive, et sans doute cela se produira-t-il lorsque nous serons au fond du gouffre. Je ne fais que proposer un moyen de hâter la chute ; d’après les Écritures, ceux qui croiront seront sauvés. Je ne crois pas, mais je préfère encore m’écraser au fond du trou que d’accepter d’être un rat. C’est commettre le péché d’orgueil ; eh bien, tant pis. Pour moi, plutôt Ivan Karamazov que Aliocha. À chacun de choisir selon sa conscience.

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