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Brath-z

Brath-z

Citoyen de la République française.

Tableau de bord

  • Premier article le 04/12/2009
  • Modérateur depuis le 12/02/2010
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Derniers commentaires



  • Brath-z Brath-z 5 juillet 2011 19:51

    Signalons simplement à l’auteur dont l’article révèle toute l’indigence de la pensée que si les femmes « forment (...) toujours la 4eme roue du carrosse » alors... elles sont absolument indispensables et ont un rôle de premier plan, vu qu’un carrosse ne peut rouler qu’avec quatre roues.

    Je n’ai pas fait L mais S, mais je sais que l’expression exacte est « être la cinquième roue du carrosse ».

    Quant à l’idée selon laquelle on devrait inciter les filles à faire S... et bien elle est déjà en œuvre ! L’une des mesures devant « inciter » les filles à faire carrière dans les sciences étant notamment une « prime » à la poursuite d’études en filière scientifique. Une mesure scandaleusement inégalitaire (puisque cette prime d’environ 2000 euros ne peut pas être touchée par un homme) présentée comme une mesure propre à favoriser... l’égalité ! Je me gausse !
    Alors peut-être bien qu’en effet il y a un présupposé social qui pousse à orienter les filles vers les filières L et ES plutôt que vers la filière S (et pourtant, dans tous les lycées que je connais, il y a plus de filles que de garçons en S... mais il y a plus de garçons que de filles de ces lycées qui continuent en sciences après le bac), mais peut-être faut-il aussi envisager que les filles ont moins goût aux sciences que les garçons.

    Et puis honnêtement, si un bac S était synonyme de poursuite d’étude en sciences, ça se saurait. Le bac S, aujourd’hui, c’est le bac polyvalent par excellence, c’est tout. Vous pouvez aller dans n’importe quelle école de commerce, dans n’importe quelle fac de « sciences humaines », philosophie ou autre, il y a de grandes chances que vous y trouviez une grande quantité de bacheliers S.



  • Brath-z Brath-z 5 juillet 2011 19:07

    Alain Traca > Ce ne sont pas là des « conditions de ralliement au second tour » mais des points programmatiques d’achoppement entre le Front de Gauche et le PS. .jk. a raison de dire que Mélenchon n’a donné aucune condition de ralliement au PS au second tour. Mais il ne comprend pas que de telles conditions n’ont pas à être données. Il n’y a jamais eu dans l’histoire de la Vème République de cas où un candidat ait annoncé avant le premier tour qu’à telles conditions il accepterait de se rallier à tel autre candidat au second tour. Le PS a tenté avec son histoire de « contrat de gouvernement » de provoquer un tel mouvement de ralliement, mais il a lamentablement échoué, ce qui est une victoire pour la démocratie.

    .jk. > Je suis d’accord pour dire que Jean-Luc Mélenchon et le Front de Gauche manque de cohérence sur l’immigration (sur l’Europe en revanche, le programme, qui était incohérent il y a encore quelques mois, est devenu depuis tout à fait cohérent). Néanmoins, la position de Marine Le Pen et du FN sur cette question s’apparente à la « politique du pire » qui a déjà été adoptée par ce parti sur la question de la sortie de l’euro. En politique, un mouvement trop brusque peut entraîner un pays prospère comme le notre dans la guerre civile et la pauvreté.

    En revanche, là où je ne suis plus d’accord du tout, c’est sur le parallèle que vous faites entre immigration et colonisation. L’immigration, même massive comme aujourd’hui, ne s’apparente en rien à de la colonisation. L’immigration de peuplement (inventée par Charles de Gaulle en 1945) n’entraîne pas nécessairement « substitution de population ». Quant à ses objectifs, ils sont simples : comme le demandait Francis Bouygues dans les années 1960, il s’agit d’éviter une perte de capital en fournissant aux travailleurs immigrés des raisons d’alimenter le marché national plutôt que d’envoyer ses revenus à l’étranger.

    Pour le nucléaire, je ne pense pas que Mélenchon ou n’importe qui d’autre fasse le « choix » de tel ou tel discours en fonction du nombre de personnes qui sont ou non d’accord avec, mais en fonction de ce qu’ils pensent être juste. Mélenchon a des arguments pour la sortie du nucléaire, dont le plus pertinent est à mon avis qu’il ne garantit pas notre indépendance nationale (je le répète : il n’y a aucun gisement d’uranium en France). Mais lui a l’honnêteté de dire que la France fonctionnera encore à 80% d’électricité issue du nucléaire pendant au moins deux décennies, le temps de trouver et de mettre en place une source de substitution (lui pense beaucoup à la géothermie, mais ça présente d’autres problèmes en matière de sécurité de l’environnement et de santé publique).

    Quant à la question de l’alliance pour gouverner, c’est une évidence. Mais comme je l’ai signalé plus haut, ce genre de tractations ne concerne que DEUX moments dans la respiration de nos institutions :
    - les élections législatives (de préférence AVANT le PREMIER tour)
    - APRÈS le PREMIER tour de l’élection présidentielle
    Le choix de tout autre moment n’a aucun sens et ne sert qu’à compliquer les choses pour rien du tout.



  • Brath-z Brath-z 4 juillet 2011 20:37

    .jk. > «  »la manière dont est envisagée l’immigration", est-ce un résumé de la caricature de l’immigré comme révolutionnaire de substitution, et de la question de la concurrence sur le marché du travail « 
    Il faut être honnête : l’immigré comme révolutionnaire de substitution, je l’ai rarement vu. C’est un leitmotiv surgit en 1968 et qui a rejoint rapidement les limbes. Je faisais surtout référence à la propension à gauche de considérer l’immigration comme l’affaire des immigrés. C’est faux, c’est une imposture. L’immigration, c’est un phénomène purement économique sans aucune dimension humaine, quelle qu’elle soit. L’immigration n’est certainement pas l’affaire des immigrés. Par conséquent, rejeter l’immigration, ça n’est pas être xénophobe.

     »Il y a dans la division des centres et l’obsession formaliste de Bayrou une similtude avec ces mouvements gauchistes !« 
    Oui et non... Au centre, il y une vraie distinction à faire entre :

    • ceux pour qui le centre c’est »entre la droite et la gauche« , c’est-à-dire la confluence de la gauche de la droite et de la droite de la gauche, soit l’incarnation d’un consensus autour du »cercle de la raison« (Alain Minc)
    • ceux pour qui le centre c’est »autre que la droite et la gauche« , c’est-à-dire un troisième pôle idéologique
    Par exemple, après avoir longtemps été dans la première perspective (de 1998 à 2007, campagne présidentielle de 2007 comprise), François Bayrou (qui promettait en 2007 pour gouverner »les meilleurs de la droite et de la gauche« ) s’est inscrit après la création du MoDem et, singulièrement, les élections européennes, dans la seconde.
    Du point de vue du positionnement, il faut également distinguer :
    • le centre-droit (partie de la droite), ex : Morin, Borloo
    • le centre-strict ou »extrême-centre« (indépendant de la gauche et de la droite), ex : Bayrou, Arthuis (?)
    • le centre-gauche (partie de la gauche), ex : Baylet
    Enfin, une troisième distinction est à faire sur la tactique adoptée :
    • le »centre pilier«  : pas d’alliance avec la droite ni avec la gauche
    • le »centre trait d’union«  : alliances à géométrie variable avec la droite et avec la gauche
    • le »centre pivot« ou »centre charnière«  : alliance à géométrie variable avec la droite ou avec la gauche
    En tous les cas, en absence d’une formation hégémonique au centre, le centre sous la Vème République est à peine un »centre éclaté« (notion qui implique l’idée de rassemblements, au moins ponctuels, ce qui jusqu’à présent n’a pas existé).

    Selon le positionnement, la conception et la tactique, les objectifs adoptés ne sont pas les mêmes. Le journaliste indépendant Laurent de Boissieu est un très bon analyste du centre en France (et en Europe, d’ailleurs).

    A l’extrême-gauche, le »jeu« est plus simple : il y a modulation entre pureté idéologique et efficacité électorale, l’un étant soit-disant incompatible avec l’autre (snobisme, je vous dis).

     »Le but de Mélenchon est d’être majoritaire mais dans ce cas il faut convaincre les électeurs « anti-capitalistes », à défaut de convaincre des mouvements dont le score est confidentiel, et convaincre nécessite des conditions concrètes« 

    Au contraire ! Convaincre les électeurs anticapitalistes nécessite des propositions concrètes, mais surtout pas des conditions concrètes de ralliement ! Ça serait admettre un droit de regard du PS sur l’existence de la gauche de combat en même temps que lui donner le pouvoir de contreseing. Inacceptable.

     »Si le terme ralliement (sous-entendant que le PS est en tête) est indésirable car accréditant l’idée d’une candidature de témoignage, alors c’est simple, je reformule la question, étant donné que vous reconnaissez qu’aucun parti à gauche n’est majoritaire (à droite non plus) :

    quelles conditions concrètes Mélenchon met à un contrat de gouvernement avec le PS ?« 
    Les »contrats de gouvernement« ne peuvent être négociés que dans deux cas de figure :
    - avant le premier tour des élections législatives
    - entre les deux tours de l’élection présidentielle
    En toutes autres occasions, c’est une ineptie sans nom. Ou alors c’est autre chose : un programme commun, par exemple.
    C’est bien la première fois (et probablement la dernière) que le PS avance cette idée à un moment aussi incongru. Notez que personne n’a marché dans la combine : EELV (au grand dam de Cohn-Bendit, ce qui m’a réjouit), Front de Gauche comme MoDem ont refusé d’y répondre. Pire : les deux »alliés naturels« du PS, le MRC et le PRG, n’ont pas répondus non plus, laissant ouverte la voie à des candidatures indépendantes du PS en 2012.

    Sinon, je pense que les questions sociétales ont de l’importance. Mais elle est aujourd’hui démesurée. Pire : il n’est plus mit de limites au domaine du sociétal.

     »EELV n’a aucun moyen de survivre à des divisions« 

    Ça me rappelle qu’au rassemblement de lancement de campagne de Jean-Luc Mélenchon, justement, j’ai rencontré un membre parisien d’EELV qui m’a dit avoir refusé de participer aux primaires du parti et prévoir »en cas de victoire de Hulot une hémorragie des pro-Joly, et vice-versa« . Son intuition serait-elle vraie ? L’engagement au sein d’EELV se ferait-il sur le mode »je reste si je gagne" ?

    Quant au nucléaire, je reste pour même si un argument (avancé par... Jean-Luc Mélenchon !) m’a convaincu qu’il fallait considérablement le réduire : l’énergie nucléaire ne garantit pas notre indépendance nationale, car il n’y a aucune mine d’uranium en France. On allait jusqu’à présent le prendre au Nigeria, mais ça risque d’être de plus en plus compliqué.
    Néanmoins, il faut utiliser nos réserves de carburant disponibles en développant une filière du plutonium (ce qui permet d’utiliser 90% des déchets nucléaires de l’uranium non traités pour produire de l’énergie) voire du torium (de quoi tenir des millénaires, mais la technologie n’est pas même encore balbutiante), tout en sachant que cette consommation ne doit plus constituer que 40 à 50% de l’énergie consommée dans dix ans, et si possible moins encore dans vingt ans. C’est de plus un intérêt de défense nationale, rendant notre pays moins vulnérable à une attaque ennemie (on a bien vu avec l’exemple récent de l’Iran empêché de produire du nucléaire civil par un virus informatique rendant erratiques la vitesse des turbines que la production de carburant nucléaire pouvait être empêchée ou du moins ralentie à grande échelle...).



  • Brath-z Brath-z 4 juillet 2011 14:10

    Musima > Je ne tiens pas à défendre Sarkozy (je déteste ce type ET la politique qu’il mène, c’est beaucoup). Mais il faut faire preuve d’honnêteté intellectuelle : au premier tour, il a obtenu 11 448 663 voix, et au second 18 983 138. Ce dernier nombre représentait 53,06% des exprimés et 42,68% des inscrits.
    Le total des inscrits est de 44 472 834 personnes. Pour une population active d’environ 46,5 millions de personnes, ça fait environ 2 millions à 2,5 millions de non inscrits. Sarkozy a donc été élu par 40,82% des actifs (36,11% des actifs ayant voté Royal). En considérant les 66 millions de Français (ce qui n’est pas légitime, puisque ça n’est pas le corps électoral), on en arrive à une proportion de 28,76% de votes en sa faveur (25,44% pour Ségolène Royal).
    Dans tous les cas, et hormis l’élection de 2002, de tels résultats sont la norme. De Gaulle lui-même n’a guère fait mieux en 1965, réunissant 45,27% des inscrits.



  • Brath-z Brath-z 4 juillet 2011 12:27

    jaja > J’ai lu l’article de Bellaciao, qui confirme ce que je pensais.
    Pour les gauchistes d’appareil,« LE point qui fâche », c’est « l’alliance gouvernementale avec le PS et EELV ». Pour quelqu’un comme moi, LE point qui fâche, c’est la manière dont est envisagée l’immigration. Ça ne m’étonne pas : je sais que les gauchistes accordent infiniment plus d’importance à la forme qu’au fond, à la tactique qu’à l’idéologie, malgré qu’ils professent le contraire.
    Et puis bien sûr les accusations de « sectarisme » imaginaires (à cette réunion, je n’ai pas entendu Mlle Autain, femme que je n’apprécie pourtant guère, accuser le NPA d’être « sectaire », comme le prétend l’article) sont renversées. Mais à la toute fin de l’article, le masque tombe :
    "Eh oui, souvent Jean-Luc varie…
    Mais là où il reste constant, c’est dans son adoration du drapeau tricolore et de La Marseillaise.
    Allons camarades alternatifs, encore un effort pour en apprendre tous les couplets. L’avalage de couleuvres, c’est décidément une drogue à accoutumance.« 

    Et oui, la »tolérance« , c’est valable pour les »Roms« (appellation idiote et racialiste qui réunit dans un seul ensemble culturo-racial des populations aux conditions, origines et cultures tout à fait différents), les »jeunes« , les »femmes« , les »blacks« , les »beurs« , etc. mais certainement pas pour les Français patriotes, dont pourtant une bonne partie des sous-catégories précédentes (dont la pertinence est nulle en-dehors de certains domaines très particuliers qui tiennent plus du marketing et/ou de la sociologie de terrain) font partie intégrante. Un classique du genre.

    .jk. >  »qu’en est-il de l’attitude de la troisième mouvance trotskiste au sujet de l’alliance anti-capitaliste ?« 
    Et bien le POI est le descendant direct du PT, issu de la mouvance lambertiste et de la mouvance communiste internationaliste (COI, POI, etc.). Idéologiquement parlant, c’est le mouvement le plus cohérent et le plus »orthodoxe« par rapport à la pensée de Trotsky lui-même. Ça lui donne un statut de »gardien du temple« refusé par les autres mouvances, qui tend à en faire, pour le coup, un véritable mouvement sectaire. Le PT était beaucoup plus fermé que LO. Je pense que le POI ne va pas être un instrument plus ouvert.

     »Ces « sectes » veulent conserver une autonomie totale ce qui interdit tout rassemblement, leur leaders sont ambigus sur les relations de pouvoir, car ils dénoncent le pouvoir des autres, sous prétexte de non personnalisation (exemple, Mélenchon, en cas de rassemblement), afin de maintenir leur pouvoir, alors qu’il serait facile de trouver une solution, exemple la révocation démocratique du leader du rassemblement en cas de manquement à la charte du rassemblement« 
    Il y a de cela (faites quand même gaffe avec le mot »secte« ). Mais ce qui m’énerve le plus, c’est l’hypocrisie qu’il y a à accumuler les »obstacles« au fur et à mesure qu’ils sont enlevés. Au final, on savait dès le départ où se trouvait le vrai point d’achoppement : une candidature extérieure. La LCR a profité pendant une décennie (jusqu’à sa dilution dans le NPA) du statut exceptionnel de »mouvement ouvert« que lui avait donné son soutien au communiste dissident Pierre Juquin en 1988 puis à Arlette Laguiller en 1995, mais en fait, dès 1999, elle a refusé la main tendue du PCF, non pas du fait de sa participation au gouvernement Jospin mais parce que le PCF... ne voulait pas changer de nom ! Les gauchistes sont des experts en com’, qu’on se le dise. Comme tels, ils privilégient souvent l’aspect cosmétique au fond politique.

     »En théorie il est normal que les anti-capitalistes formellement demandent la non automaticité du ralliement aux sociaux-libéraux, mettent des conditions (Mélenchon non clair sur le sujet), mais en pratique il y a surenchère, dans ces conditions c’est aux électeurs de décider, in fine Mélenchon doit s’adresser directement aux citoyens avec un discours clair (conditions concrètes) .« 
    L’objectif du Front de Gauche n’est pas de séduire les gauchistes (qui, peut-être, réclament effectivement des »conditions de ralliement« clairement exprimées) mais de remporter l’élection présidentielle et les législatives. Non pas de se compter pour voir si éventuellement on peut envisager de peser à la gauche du PS, mais de peser effectivement et même de l’emporter sur le PS lui-même.
    La position du NPA sur la question du pouvoir est la même que celle de l’ancienne LCR* :  »l’union la plus large possible est nécessaire pour l’emporter et faire la révolution, mais puisque pour le moment, on ne se réunit qu’à trois pelés et deux tondus, on va attendre que tout le monde se réunisse sur NOTRE ligne avant d’envisager de gouverner« . C’est un préalable tout bonnement inacceptable. Et le pire est à venir* :  »puisqu’actuellement, on ne pèse pas beaucoup, notre principal intérêt va consister à nous considérer nous-mêmes comme des groupuscules marginaux (c’est notre gloire car nous sommes les seuls à détenir LA vérité pure et parfaite) en nous concentrant sur la question de nos relations aux socio-démocrates (plutôt qu’à chercher à les dépasser), ce qui renforce notre statut de groupuscules marginaux« .
    Alors bon, l’union jusqu’aux gauchistes, oui, pourquoi pas. Mais si ces derniers n’entendent par le mot »union« que »ralliement à notre ligne et à notre point de vue", le jeu n’en vaut pas la chandelle.

    * : attention, les citations qui suivent sont des caricatures de pure mauvaise foi des raisonnements tenus par les gauchistes d’appareil

    "Le NPA a aussi échoué à cause d’une dérive ethniciste (cas de la candidate voilée, cas de la Marianne sans papiers, ce qui revient à une préférence étrangère) .« 
    Ah ça ! La dérive »sociétale« de la politique n’épargne pas les mouvements gauchistes. Le NPA a tenté d’en faire une marque de fabrique, vu que ça passe super bien dans les médias. Ça a lamentablement échoué.
    Mais le Front de Gauche n’est pas exempt de cette tare, au contraire : la présence de Clémentine Autain parmi les orateurs en est l’illustration pure et parfaite, étant donné que les seules thématiques que cette femme (respectable mais que, franchement, je n’aime pas du tout) sait aborder avec pertinence sont les thématiques sociétales. Il fallait la voir face aux ouvriers de la filière du lait en grève l’année dernière. Elle a réussi l’exploit de leur faire un discours deux fois plus long que Mélenchon disant sensiblement la même chose... tout en y introduisant des références aux travailleurs non déclarés, aux immigrés illégaux ( »sans-papiers« ) et au mariage homosexuel ! Du grand art rhétorique ! Et mardi dernier, elle a réussi à ressortir l’antienne de la »domination masculine« (fantasmée) dans son discours. Bref, les gauchistes devraient l’adorer, mais ils la détestent car elle chasse sur les mêmes terrains qu’eux (étudiants »engagés« , artistes en mal de »cause« et urbains des classes moyennes supérieures) avec une efficacité redoutable.

     »Quand je dis que Mélenchon souhaite convertir des sociaux-libéraux c’est au sens d’un rapport de forces à gauche, imposture c’est au sens de croire que des sociaux-libéraux de fait sociaux-conservateurs soient convertibles, alors que c’est une mafia .« 
    Je suis d’accord sur le diagnostic du complet ralliement (sans conditions smiley ) du PS au libéralisme. Ralliement partagé par la droite française, historiquement issue du gaullisme et du christianisme social, deux courants idéologiques traditionnellement hostiles au libéralisme.
    La spécificité du PS français au sein de l’Internationale Socialiste (qui fait que Mélenchon pouvait encore justifier son appartenance au PS) est en train de s’effacer à toute vitesse. La métamorphose a débuté dans les années 1990, quand le parti est devenu un »parti de supporters« (feu Philippe Séguin... qui n’avait pas prévu que sa propre famille politique finirait de même moins d’une décennie plus tard) puis qu’il a participé aux »sommets des modernisateurs« après l’élection de Clinton. Le gouvernement Jospin a intégré petit à petit (car ça ne s’est pas fait tout de suite !) les »normes« de la »mondialisation heureuse« (Alain Minc). Après 2002, s’en sont suivies 6 années de sclérose idéologique sous gouvernance Hollande, où tout était encore possible car tout était resté figé. Mais après la candidature de Ségolène Royal et surtout son échec (analysé par le marxiste-léniniste Laurent Joffrin comme résultat d’un programme »irréaliste« ...), le ralliement du PS à la doxa européiste et mondialiste s’est soudainement accéléré, aboutissant au résultat cité précédemment d’une gauche du parti (plutôt timorée, d’ailleurs) à moins de 20% des voix.
    L’éventuelle participation socialiste à un gouvernement du Front de Gauche (on attend toujours les conditions de ralliement du PS au second tour smiley ) est ainsi moins motivée par un espoir de rédemption de cette »gauche social-libérale« que par un soucis technique (le même qui avait contraint l’aile droite du PS a accepté des ministres communistes en 1981) : aujourd’hui, à gauche, aucun parti ne peut plus gouverner seul. Il faut nécessairement une coalition.

     »L’anti-nucléaire candidat à l’investiture EELV n’appelle pas à voter Joly, sous prétexte qu’elle donnerait un rôle à Hulot (ce qui n’est que tactique), c’est ironique, car cet anti-nucléaire, conjoint de la fille Bové, Bové ayant soutenu Hulot (quel reniement), comme par hasard, a évité de dénoncer le choix de Bové, et cela infirme les accusations des néo-conservateurs essayant de discréditer Joly comme une gauchiste !« 
    Pour ma part, j’aurais vraiment du mal à considérer Joly comme une gauchiste. Pour moi, elle reste une centriste bon teint.
    Mais je comprends qu’un »candidat anti-Hulot" comme Lhomme soit désespéré de voir rentrer par la fenêtre celui qui a été jeté dehors par la grande porte.

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