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  • COLRE COLRE 18 mai 2013 15:48

    Philippe Vergnes,

    Je n’ai pas suivi de près vos démêlés avec JL, mais je connais bien son comportement sur AV et je trouve inutile de « discuter » avec lui. Je fais juste un peu d’ironie quand il vient me chercher, ce qui a le don de l’agacer, mais je n’échange pas : impossible. Je dois vous dire que mes échanges avec Loup Rebel sont du même ordre. Je ne sais pas s’il est vraiment psychanalyste, car il en a les défauts sans en avoir les qualités.

    Alors pour ce qui est de Lacan, je suis complètement d’accord avec Chomsky. Chomsky est un vrai chercheur même si sa théorie de la grammaire générative a pris un coup dans l’aile, mais à sa décharge, rien n’a à ce point bougé aussi vite dans les paradigmes scientifiques que le couple inné/acquis. 

    Sinon, je me sens en phase avec lui quand il écrit dans Comprendre le pouvoir :

    "Si, par exemple, je lis Russell ou la philosophie analytique, ou encore Wittgenstein, il me semble que je peux comprendre ce qu’ils disent et pourquoi cela me paraît faux, comme c’est souvent le cas.

    Par contre, quand je lis Derrida, Lacan, Althusser ou l’un de ceux-là, je ne les comprends pas. C’est comme si les mots défilaient sous mes yeux : je ne suis pas leurs argumentations, je ne vois pas d’arguments, tout ce ce qui ressemble à une description de faits me semble faux. Alors peut-être qu’il me manque un gène ou je ne sais quoi, c’est possible. Mais ce que je crois vraiment, c’est qu’il s’agit de charlatanisme."

    Je pense exactement la même chose… Chomsky va même jusqu’à le considérer comme un « charlatan conscient de l’être qui se jouait du milieu intellectuel parisien pour voir jusqu’à quel point il pouvait produire de l’absurdité tout en continuant à être pris au sérieux ».

    Lacan aurait lui-même abondé au cours d’une conférence relatée par le Nouvel Observateur (je ne sais pas si c’est vrai) : 

    « Notre pratique est une escroquerie, bluffer, faire ciller les gens, les éblouir avec des mots qui sont du chiqué, c’est quand même ce qu’on appelle d’habitude du chiqué. [...] Du point de vue éthique, c’est intenable, notre profession ; c’est bien d’ailleurs pour ça que j’en suis malade, par ce que j’ai un surmoi comme tout le monde. [...] Il s’agit de savoir si Freud est oui ou non un événement historique. Je crois qu’il a raté son coup. C’est comme moi, dans très peu de temps, tout le monde s’en foutra de la psychanalyse. Il est clair que l’homme passe son temps à rêver qu’il ne se réveille jamais. Il suffit de savoir ce qu’à nous, les psychanalystes, nous fournissent les patients. Ils ne nous fournissent que leurs rêves. »

    Si c’est vrai, voilà qui est clair… Mais en plus d’être cynique, Lacan était d’une brillante intelligence… 




  • COLRE COLRE 18 mai 2013 13:12

    Morpheus, nous sommes bien d’accord.

    C’est pour cela que je disais en plaisantant « le couteau sous la gorge »… car pour moi, il n’y a pas d’ordre dans la hiérarchie.

    Si j’envisageais d’expliquer la liberté « avant » (ordre d’explication car la parole est linéaire et il faut bien commencer par définir l’un, puis l’autre…), c’est justement parce qu’elle est généralement confondue avec son dévoiement qu’est l’ultralibéralisme. Votre réaction sur les « libéraux » le montre bien.

    Pour moi, la « liberté » n’a justement rien à voir avec l’ultralibéralisme qui est sa forme dévoyée. La liberté est une aussi grande valeur que l’égalité. Je suis une adepte de la pensée d’Edgard Morin qui l’explique fort bien dans ses livres.

    Je viens d’aller chercher une citation qui exprime mon propos (et mon opinion) : 

    « La réforme de vie doit comporter simultanément deux des plus profondes aspirations complémentaires humaines  : celle de l’affirmation, du ’je’ en liberté et en responsabilité, et celle de l’intégration, du ’nous’ qui établit la ’reliance’ à autrui en sympathie, amitié, amour. La réforme de vie nous incite à nous inscrire dans des communautés sans rien perdre de notre autonomie. » (Entretien d’Edgar Morin, Siences humaines).




  • COLRE COLRE 18 mai 2013 11:42

    Bonjour Philippe Vergnes,

    Je vais sans doute me faire assassiner par les adorateurs du gourou, mais j’ose dire néanmoins que je ne fais pas partie de la « secte »… smiley

    Contrairement à ce que vous avez dit qque part, vous Philippe ou qqu’un d’autre, Lacan n’a pas été vraiment accusé d’être un « fou » mais d’être un imposteur. Je ne vais certainement pas rentrer dans le débat, car je pense aussi qu’il n’est pas le seul imposteur dans l’univers de la psychanalyse. J’ai déjà évoqué mon point de vue à propos du film de Sophie Robert, « Le Mur », sur l’autisme (avant qu’il ne soit censuré et interdit d’édition). Certains psychanalystes se sont sentis trahis par le documentaire, mais il n’est que d’entendre leurs propos pour considérer la vacuité intellectuelle de plusieurs d’entre eux, outre une possible escroquerie thérapeutique. 

    Voici ce que j’y écrivais : 

    Pour l’autisme, il faut se rappeler du documentaire de Sophie Robert qui a malheureusement été expurgé, après procès, de l’intervention de psychanalystes qui ne se reconnaissaient plus dans le résultat final. J’ai retrouvé son interview par autisme.info31 où subsistent des extraits hallucinants de cette théorie dangereuse quand elle est laissée entre les mains des vieux thérapeutes, confis dans leurs certitudes à la sauce lacanienne.

    Je conseille qques morceaux de bravoure, notamment de Geneviève Loison, pédopsychiatre référente (!) sur sa métaphore du crocodile (objet-peluche présenté aux enfants pour diagnostic). C’est la mère, car (texto !) : « les dents de la mère »… Selon ce qu’en font les enfants, elle pose son interprétation : si l’enfant le frappe, ou s’il veut introduire un objet « phallique » dedans, ou s’il le délaisse, le diagnostic est différent (« les autistes se mettent là-dedans -une carapace de tortue- et là, on est assez inquiets » assène-t-elle…

    Ou Yaan Bogopolsky (psychanaliste « keinienne »…) : « toutes les mères ont des désirs incestueux avec leur enfant ? » « ah oui ! qu’elles en aient conscience ou pas »…

    Ou Jacqueline Shaefer : « L’inceste paternel, ça ne fait pas tellement de dégats, ça rend des filles un peu débiles, mais l’inceste maternel, ça fait de la psychose, ça rend fou ».




  • COLRE COLRE 17 mai 2013 19:17

    « dans cet ordre là ». 

    Je me permets Morpheus d’être là en total désaccord. Ce qui fait la grandeur de la devise républicaine, c’est d’être un tryptique, ou plus prosaïquement un guéridon (à 3 pieds). Il a besoin de ses 3 pieds pour tenir droit. La république a besoin aussi de ses 3 pieds… coupez-en un, et elle s’écroule.

    Les 3 concepts forment système et n’ont de valeur qu’ensemble, chacun s’éclairant mutuellement aux deux autres. Il n’y a donc pas d’ordre. Ils sont « organiquement » lié. Faisons l’essai :

    1. égalité + liberté (il manquerait la fraternité) : société duelle et bancale, en conflit permanent. Pourquoi ceux qui sont libres et plus forts accepteraient-ils l’égalité des plus faibles ? réponse : par fraternité…

    2. égalité + fraternité (il manquerait la liberté) : société étouffante, collectiviste où toute velléité d’être différent et de suivre son propre chemin serait impossible.

    3. liberté + fraternité (il manquerait l’égalité) : société verticale, injuste où la solidarité serait celle des armes, de la religion, où la dignité d’être et l’autonomie seraient refusées aux plus faibles.

    Les 3 ensemble forment un société harmonieuse, ou l’individuel et le collectif ont chacun leur place et loin de s’opposer se complètent à l’ombre de la solidarité (fraternité) bienveillante…


    (ps : le couteau sous la gorge, si je dois choisir un ordre, je mettrai la liberté en premier, non pas parce qu’elle la plus « importante » mais parce qu’elle est la plus mal comprise. Il faudrait lui faire un sort pour éviter toute ambiguïté. Après j’expliquerai l’égalité qui est souvent conçue comme une privation de liberté, alors qu’il s’agit des 2 faces d’une même médaille…)



  • COLRE COLRE 17 mai 2013 17:16

    Bonjour Loatse, 

    En Iran, puisque le sujet vous préoccupe, la vaste protestation du monde occidental a empêché quelques exactions étatiques de se dérouler tranquillement, en toute bonne conscience théocratique. Sakineh par ex. attend toujours dans les couloirs de la mort, mais les mollahs ont fini par suspendre le supplice projeté. La lapidation est en mode pause. Un moratoire, sans doute…

    Et il n’y eut pas besoin de leur envoyer des « drônes pour leur apprendre à vivre ». Mais Sakineh, elle, a pu recommencer à espérer vivre.


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