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Derniers commentaires



  • COLRE COLRE 17 mai 2013 17:01

    Bravo Chalot, une élémentaire solidarité, avec nos semblables en lutte de l’autre côté de la Méditerranée. Ils et elles ont davantage de respect et de fierté des valeurs universelles des droits de la personne que les gens de chez nous qui pratiquent ce cynisme et cet auto-dénigrement typiquement français.



  • COLRE COLRE 17 mai 2013 11:09

    (Désolée, Philippe Vergnes, je réalise que je me laisse aller à « détourner » qque peu votre article… smiley mais je me sens (entre bien d’autres sujets !) farouchement concernée par les fonctions cognitives et notamment la langue, la communication (l’incommunication plutôt…), les manipulations et les propagandes.)



  • COLRE COLRE 17 mai 2013 11:00

    Bonjour Morpheus,

    On est d’accord / pas d’accord… smiley

    D’accord sur le principe du grave détournement des mots, mais pas forcément d’accord sur les mots en question, ceux qui évoluent « normalement » en fonction de l’évolution des idées et des valeurs, et ceux qui évoluent par perversion volontaire du sens.

    Il y a des bibliothèques entières sur la définition de la « démocratie », ce ne sont donc pas nos opinions qui régleront le débat. Mais personnellement, je ne crois pas à l’existence d’une démocratie puriste, idéale selon vos voeux. Même dans les sociétés de chasseurs-cueilleurs le pouvoir est délégué… révocable, mais délégué. 
    Alors dans des sociétés de plusieurs dizaines de millions d’individus… !

    Je pense que « le » peuple souverain, selon votre définition, n’existe pas. 

    Quand tous les citoyens ont accès au vote et à la décision, un très grand nombre s’abstient. Je ne vois pas pourquoi j’aurai plus confiance dans la décision de ceux qui s’expriment (les plus volontaires, militants, dominateurs, voire les plus intrigants) que dans des représentants que j’aurai moi-même choisis (pour leur compétence, leur tolérance ou leur intégrité, et bien sûr leurs idées).

    En outre, la démocratie (même si elle pouvait être hyper-directe) est défaillante sans débat. Le vote n’est pas une fin en soi : il faut qu’il soit précédé d’une instruction, d’un débat. Je ne vois pas en quoi une démocratie idéale, où tous « décident », apportera quoi que ce soit à cet aspect absolument majeur.

    Une démocratie doit donc mettre en place des institutions qui protègent : les minorités, les malades, les illettrés, les prisonniers… et qui régulent les manquements à la Justice, à la liberté, à l’égalité ou à la laïcité…

    Donc, pour moi, une démocratie représentative n’est pas une pseudo-démocratie. Ce qui importe est qu’elle réponde à des paramètres fondateurs. J’en ai trouvé clairement exprimés dans certaines encyclopédies avec lesquels je suis plutôt d’accord en première approche (j’y rajouterais évidemment d’autres traits importants comme la séparation des pouvoirs ou la libération de la presse) : 

    La démocratie repose sur les 3 principes suivants :
    • Débat : échange libre entre personnes afin de prendre des décisions,
    • Institution : pour permettre le débat et mettre en œuvre les décisions,
    • Justice : afin que l’application des décisions se fasse avec le plus de justice possible.




  • COLRE COLRE 16 mai 2013 22:25

    Bonjour Morpheus,

    Je suis d’accord avec votre notion d’ « engramme émotionnel » qui s’inscrit bien dans mon propre intérêt disciplinaire (les sciences cognitives) et les recherches pionnières de Changeux sur le renforcement des « cablages neuronaux ».

    Certains de nos conditionnements éducatifs et socio-culturels sont puissants, au point de nous accompagner inchangés jusqu’à un âge avancé. Là, il n’y a pas grand chose à espérer. Les évolutions sont alors lentes, devant se faire à l’échelle de la génération. 

    Mais d’autres sont moins profonds et sujets à modifications sous l’effet de prises de conscience, de nouvelles éducations ou influences, voire de nouveaux conditionnements. C’est là que le « dévoiement » des mots est à surveiller, au moment où ils peuvent basculer, et c’est là qu’il faut en contrer les effets « pervers ».

    Ainsi, tous les mots que vous citez ne sont pas (encore) détournés (« politique, démocratie, élection… »). Il faut qu’ils passent par un mécanisme progressif de péjoration, qui commence en général par la déformation du mot (politicaille/politicard, démocrassouille, élection-piège-à-con, laïcard, faucialisme…) Certains mots comme « oligarchie » ou « libéralisme » ont déjà franchi le pas et sont in peto dans la mauvaise case, sans analyse du contexte.

    Donc, il faut défendre les mots dont la perversion sémantique pervertit l’idée qu’ils désignent. Mais ce n’est pas si simple… les mots ont une histoire, évoluent selon les contextes sociaux et symboliques, et de façon parfois bénéfique ou intéressants. Heureusement que le concept de « suffrage universel » ne désigne plus seulement les hommes, ayant certains métiers et certains biens… Heureusement que la locution « fille-mère » a disparu, ou « Nègre », ou « cul-de-jatte »…

    Ce qui m’importe, c’est de contrecarrer les évolutions que je juge nocives dans le cas d’un détournement pervers du mot, quand il s’agit d’une vraie manipulation. Ainsi « novlangue », qui m’a fait réagir car son emploi pour dénigrer le vocabulaire des politiques (ou journalistes) revient à faire passer en douce l’idée que notre société est totalitaire, que notre démocratie est totalitaire, que le suffrage est une escroquerie. Je me suis déjà battue contre les « intégrismes modérés » (!) ou la « laïcité positive », ou « radicale »… Car dans ces derniers cas, le détournement revient à vider de son sens les mots en leur accolant un épithète.

    Votre exemple pour « ressource » est illustratif : c’est pourtant un beau mot. Quand la matière (naturelle) devient ressource, c’est toute la créativité de l’humain qui est évoquée. Impossible ce déni de soi-même, l’humain est faber

    Donc, défendons nos mots, avec vigilance, car ce sont nos idées qu’ils faut défendre.



  • COLRE COLRE 16 mai 2013 15:26

    Bonjour,

    J’avais bien compris la fonction des guillemets autour de novlangue, mais je continue à penser que l’usage du mot, même avec guillemets, mérite d’être explicitement balisé. 

    Il a des effets vertueux, assurément, car assez célèbre pour faire sens à lui tout seul. Ça percute dans l’esprit des lecteurs. Mais il a aussi des effets « pervers », car le concept est souvent « dévoyé » justement, et il prend la place à peu de frais d’une réflexion spécifique du langage des « élites », du monde médiatico-politique. 

    La « langue de bois », si utile au personnel politique, ne relève pas à mes yeux de la même catégorie : la langue de bois est une défense, le novlangue est une attaque. La langue de bois sert à fuir une réalité dérangeante, à la recouvrir d’une chape protectrice, à faire écran. Le novlangue sert à créer une réalité, à empêcher la germination de toute dissidence, à détruire. L’une est banale, technique, opportuniste, habile ; l’autre est un terrorisme, une manipulation structurée et intentionnelle, une prise de pouvoir et de dépersonnalisation.

    En ce sens (et finalement après réflexion), je vous donne raison d’associer la psychopathie et la novlangue car il s’agit de la même entreprise : décérébrer et dominer. 

    Je réagissais au détournement indu de « novlangue » comme argumentaire fallacieux dans le débat public actuel. J’y vois une manipulation dangereuse…

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