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Derniers commentaires



  • COLRE COLRE 15 mai 2013 16:46

    Bonjour Philippe VERGNES,

    Toujours intéressants vos articles mais il faut parfois s’accrocher… smiley

    Un article de synthèse serait appréciable où vous reprendriez les principales notions à l’oeuvre dans la perversion.

    Par rapport à mon dernier commentaire chez vous, je reste vraiment pessimiste. je me demandais comment aller au-delà du constat. Vous m’aviez répondu « Mais ce n’est pas, à mon sens, la seule et unique solution à mettre en œuvre. Selon moi, il importe bien plus de mettre en place des ’politiques de prévention’ adéquates (ce qui signifie non pervertie)… et nécessite une prise de conscience de la population. »

    Si je parcours rapidement le fil de commentaires, c’est pas gagné… Ce dernier article-ci donne de nouvelles pistes sur une perversion plus banale, celle du langage (de tous) et de la propagande, et qui n’est pas moins dangereuse pour la société.

    Je me demande si la connexion que vous opérez entre « novlangue » et « psychopathe » n’est pas contreproductive. 

    - Le psychopathe trimballe une image de criminel endurci, froid et cruel. Personne ici ne voudra endosser la défroque… Le pervers est souvent confondu avec le pervers sexuel. Les gens ne se sentent pas concernés. Le pervers narcissique gagne en connotation positive grâce à « Narcisse ». C’est jamais bien méchant qqu’un qui se mire dans l’eau… Du coup, votre propos perd un peu de son intérêt « pédagogique » = aidant à la prise de conscience de la population. Personne ne se reconnaît pervers, ou alors sous une forme des plus humaines…

    - Quant à la « novlangue », c’est ce que vous dites au début de votre article et je suis d’accord, elle est utilisée à tort et à travers dans les discours. Elle joue en prêt-à-penser et les gens se contentent de discréditer à peu de frais la rhétorique de l’autre. Là non plus, la plupart ne s’y reconnaissent pas. La novlangue, c’est toujours celle des autres. La comparaison n’est pas efficace.

    Ce que je voudrais retenir, c’est que le langage est le terreau de la perversion. Le langage est si puissamment polysémique et ambigu qu’il faut justement des facultés d’empathie pour vouloir déchiffrer le code sémantique de l’autre (« La conversation la plus ordinaire devient alors une coconstruction aléatoire entre locuteurs actifs qui testent, révisent, négocient le sens de ce qu’ils disent. »). Le pervers ne le peut ni ne le veut. 

    Le problème est qu’il ne suffit pas d’être un pervers accompli pour user des stratagèmes qu’offre la langue pour manipuler et avoir toujours raison. Le règne émergeant d’internet, lieu par excellence de la parole, et de la fonction de caisse de résonance que devient la grande presse, nous préparent à une mutation pathologique de grande ampleur vers la banalisation de la perversion.



  • COLRE COLRE 12 mai 2013 19:34

    Je ne comprends pas vos confusions de propos : le 8 mai, les massacres de Sétif, la guerre d’indépendance, la laïcité, les jours de fête du rituel chrétien, l’abolition de l’esclavage et la loi sur le voile !… euuh, je ne vois pas trop la cohérence, là.

    Si c’est pour faire passer l’idée fallacieuse d’une « colonisation » non terminée, je pense que vous vous fichez un peu du monde, non ? 

    Cela fait 50 ans que l’Algérie est indépendante et que le FLN, toujours au pouvoir, a forcément construit une remarquable révolution populaire en tout ce temps, non ? à moins que le pouvoir volé au peuple algérien le pousse à la misère et à s’expatrier pour venir ici voir si l’herbe colonialiste est plus verte…



  • COLRE COLRE 11 mai 2013 15:27

    Merci l’auteur,

    Ces 103 députés veulent nous rejouer la scène du manifeste des 343 (droit à l’avortement) ou le manifeste des 121 (droit à l’insoumission)… Mais pour qui se prennent-ils ?

    Leur manifeste à eux revient à une minable défense de caste et d’auto-protection, ils réclament un droit d’impunité pénale, un droit de diffamation et d’injure à magistrat, un droit de salir la Justice quand celle-ci ose désigner l’un des siens, eux qui sont pourtant pour la tolérance zéro à l’égard de tout justiciable qui n’est pas eux.



  • COLRE COLRE 2 mai 2013 19:39

    Alors là, la liste serait longue… tous ceux qui ont déclaré leur innocence la main sur le coeur et les yeux dans les yeux ! Il y a Woerth aussi, qui avait dit sur LCI :
    "Est-ce que j’ai une tête à couvrir la fraude fiscale ? » smiley

    Eva Joly l’avait écrit dans l’un de ses livres. Il y a une énorme différence entre les escrocs de droit commun et les hommes politiques quand ils sont pris la main dans le sac : ils nient ! farouchement, avec la dernière énergie… Ne jamais avouer.
    Quel con ce Cahuzac ! on ne lui a pas expliqué les règles ??… smiley



  • COLRE COLRE 2 mai 2013 19:16

    Pour Pierre Régnier qui le souhaitait, voici le début du très beau discours de Taubira.


    Mme Christiane Taubira, garde des sceaux, ministre de la justice.

    Je voudrais m’arrêter un instant sur l’évolution du mariage, pour que nous comprenions mieux ce que nous sommes en train de faire.

    Dans une maison qui aime tant à citer le doyen Jean Carbonnier, je ne vais pas déroger à la règle. En 1989, à l’occasion des travaux de réflexion sur le bicentenaire de la Révolution française, il définissait le mariage civil comme la « gloire cachée » de celle-ci. Il faisait évidemment allusion aux vifs débats qui ont accompagné l’instauration de ce mariage civil, sa dimension contractuelle, sa durée, c’est-à-dire la possibilité de divorcer. 

    À cette époque, deux religions reconnaissent le divorce, la religion protestante et la religion juive, tandis que la religion catholique, majoritaire, déclare le mariage indissoluble. Le doyen Carbonnier considère donc que le constituant de 1791 a bien accompli une véritable révolution en instaurant le mariage civil. La sécularisation de ce mariage est ainsi consacrée dans la Constitution de 1791.

    Le mariage civil porte l’empreinte de l’égalité. Il s’agit d’une véritable conquête fondatrice de la République, dans un mouvement général de laïcisation de la société.

    Une telle conquête était importante essentiellement pour ceux qui étaient exclus du mariage à cette époque. 

    Après la révocation de l’édit de tolérance, dit édit de Nantes, en 1685, les protestants ne pouvaient se marier qu’en procédant secrètement avec leurs pasteurs. Ils ne pouvaient pas constituer une famille et leurs enfants étaient considérés comme des bâtards. 

    À partir de 1787, l’édit de tolérance autorise de nouveau les prêtres et les juges à prononcer ces mariages en tant qu’officiers de l’état-civil. Il y a donc une première ouverture, deux ans avant la Révolution, avec cette reconnaissance du pluralisme religieux et la possibilité d’inclure dans le mariage ceux qui en étaient exclus, à savoir les protestants et les juifs. 

    Mais le mariage n’inclut encore que les croyants.

    Il exclut aussi des professions, et notamment les comédiens, parce que la religion proclame qu’elle ne saurait reconnaître les pratiques infâmes des acteurs de théâtre. C’est d’ailleurs le comédien Talma qui va saisir la Constituante parce que le curé de Saint-Sulpice refuse de publier les bans de son mariage avec une « mondaine », comme on disait à l’époque. 

    Les constituants décident donc d’instaurer un mariage civil et inscrivent dans l’article 7 du titre II de la Constitution de septembre 1791 que le mariage n’est que contractuel et que le pouvoir législatif établira pour tous les habitants, sans distinction, le mode par lequel les naissances, mariages et décès seront constatés et désignera les officiers chargés de constater et d’enregistrer ces actes.

    Le mariage civil permet d’inclure des croyants non catholiques, mais il est élargi à tous, c’est-à-dire que tous ceux qui souhaitent se marier peuvent disposer des mêmes droits et doivent respecter les mêmes obligations.

    Cette conception du mariage civil, qui porte l’empreinte de l’égalité, est en fait essentiellement une liberté, parce que, dès l’instauration du mariage, le divorce sera également reconnu. Il est écrit dans l’exposé des motifs de la loi de 1792 que le divorce résulte d’une liberté individuelle, dont un engagement indissoluble serait la perte. 

    Puisque le mariage est la liberté des parties et non la sacralisation d’une volonté divine, cette liberté de se marier ne se conçoit qu’avec la liberté de divorcer, et, parce que le mariage va se détacher du sacrement qui l’avait précédé, il pourra représenter les valeurs républicaines et intégrer progressivement les évolutions de la société.

    La meilleure manifestation de cette liberté s’exprime par l’article 146 du code civil, qui n’a pas changé depuis son origine, et selon lequel il n’y a pas de mariage sans consentement. Cet article établit donc la pleine liberté de l’un et de l’autre conjoint dans le mariage.

    Si l’on se souvient que le mariage a d’abord été une union de patrimoines, d’héritages, de lignées, que l’on passait chez le notaire avant de passer chez le prêtre, le fait de reconnaître la liberté de chacun des conjoints est un progrès considérable, aujourd’hui encore inscrit dans le code civil.

    Le divorce va donc accompagner très vite le mariage. Il sera prohibé en 1816, dans une ambiance où les courants conservateurs sont dominants et où les libertés, notamment celles des femmes, sont en régression.
    Il sera rétabli en 1884 par la loi Naquet, là encore dans un mouvement général contraire de laïcisation de la société. L’évolution du mariage porte en effet très fortement la marque de la laïcité, de l’égalité et de la liberté telles que ces valeurs ont évolué dans notre droit et dans notre société, dans une relation diachronique qui a connu parfois de très vives tensions.

    C’est donc dans un mouvement de laïcisation de l’état-civil, des libertés individuelles, de la société en général que le divorce sera restauré en 1884. 

    C’est en effet au cours de cette décennie que d’autres lois de liberté individuelle, telles que la loi sur la presse, les lois relatives à la liberté d’association ou à la liberté syndicale, et bientôt la loi de séparation des églises et de l’État, vont intervenir. Le divorce sera consolidé en 1975 par le rétablissement du consentement mutuel, qui était déjà reconnu en 1792, comme d’ailleurs l’incompatibilité d’humeur.

    Le mariage, accompagné du divorce, reconnaît donc la liberté, y compris celle de ne pas se marier, et c’est la raison pour laquelle la loi reconnaît les familles en dehors du mariage et va progressivement reconnaître les enfants de ces familles. Le mariage, qui a réussi à se détacher du sacrement, va en effet se détacher également d’un ordre social fondé sur une conception patriarcale de la société, conception qui fait du mari et du père le propriétaire, le possesseur du patrimoine, bien entendu, mais aussi de l’épouse et des enfants.

    Cette évolution du mariage et du divorce, qui permettra dorénavant aux couples de choisir librement l’organisation de leur vie, sera inscrite dans la loi parce que, depuis deux siècles, l’institution du mariage connaît une évolution vers l’égalité, et c’est bien ce que nous sommes en train de faire aujourd’hui : parachever l’évolution vers l’égalité de cette institution née avec la laïcisation de la société et du mariage. 

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