« Du temps de l’apartheid, un Noir n’avait pas le droit de se marier avec une Blanche
Il s’agissait dans ce cas de discrimination caractérisée. »
Pourquoi ? Je ne comprends pas… un Noir avait tout à fait le droit de se marier avec une Noire. Il avait donc absolument les mêmes droits que ceux des Blancs, n’est-ce-pas ? Selon vos principes, où voyez-vous une discrimination « caractérisée » ?!
Allez-vous donner une vraie explication ou me dire simplement : « mais c’est pas pareil » !
Votre article, sans doute sincère, veut donner l’impression d’un argumentaire « objectif », factuel. C’est tout à votre honneur, mais vous n’avez malheureusement pas réussi car vos convictions personnelles pervertissent l’apparente logique de votre argumentaire.
En fait, dès les prémices, l’exposé du contexte, vous prenez un parti qui dénature vos intentions. Situer le débat dans le contexte de « 2 conceptions fondamentales de l’être humain » que serait « être naturel ou être artificiel » est tout simplement faux.
Aujourd’hui, personne, je dis bien personne, ne songerait à opposer chez l’humain le naturel à l’artificiel, comme si l’un excluait l’autre. Cela n’a pas de sens. D’ailleurs, on peut même s’étonner de ce choix fait du mot « artificiel » plutôt que « culturel ». Outre que le mot véhicule des connotations péjoratives (voir le premier dico analogique venu à « artificiel » où l’on trouve : « factice, faux, affecté, conventionnel, emprunté, étudié, feint, fabriqué, d’emprunt, forcé, postiche, etc »), il ne s’applique absolument pas à décrire une ontologie humaine. A la rigueur, « naturel » davantage, quoique des hommes « non-culturels », cela n’existe pas.
Pourquoi donc n’avoir pas posé le débat sous ces termes : naturel vs culturel ? quoique plus indiqué, ce choix vous aurait sans doute desservi dans vos objectifs qui étaient de rejeter le mariage étendu dans le domaine de l’artificiel, et donc contestable car ne rentrant pas dans une problématique du naturel, du « normal ». Tandis que le mariage hétéro, lui, semblerait en faire parti à première vue (même si c’est faux).
Si vous aviez été obligé de rejeter le mariage étendu dans le « culturel », nul doute que votre propos en aurait perdu sa pertinence.
Car le mariage en cause est un mariage civil, une institution culturelle. Le mariage n’est pas plus « naturel » que la démocratie, les élections législatives, l’université, la médecine, la prison, l’IVG… Tout cela, c’est culturel. Cela relève d’institutions culturelles, qui n’ont rien à voir avec du naturel.
La meilleure preuve en est que toutes ces institutions sont éminemment variables d’une culture à l’autre. Le mariage : pareil. Il y en a de toutes sortes selon les pays comme chez nous, en France, où le mariage institua d’abord une discrimination à l’intérieur du couple entre homme et femme, où le divorce ne fut pas toujours autorisé, où les droits et devoir des époux ont grandement évolués.
Bref : le mariage civil, comme toute institution de notre république, évolue en fonction des changements d’époques, de moeurs, de valeurs, de potentialités techniques. Cette évolution prouve bien que le mariage n’a rien à voir avec le « naturel ». Le divorce n’a rien de « naturel ». La prééminence du « chef de famille » n’a rien de « naturel ». L’imposition commune des époux n’a rien de « naturel ». Ni l’héritage… etc.
Vous voyez que, présenté ainsi, en rappelant que le mariage civil ne relève que des choix culturels, le déterminisme naturel perd grandement de sa validité. Votre notion de « famille naturelle » n’a aucun sens. Si existait une famille « naturelle », elle serait identique chez tous les peuples, déterminée par je ne sais quelle contrainte naturelle. Or, il n’en est rien. C’est au contraire une institution des plus variables, comme le démontre l’ethnologie.
La procréation n’a rien à voir avec une « famille naturelle », le mariage n’est censé que protéger d’éventuels enfants de l’un ou l’autre parent et n’apporte aucune obligation ni à procréer ni à s’aimer ! C’est si vrai que pour rester cohérent, vous avez été obligé d’inventer cette interdiction des vieilles personnes au mariage, ou des couples stériles ! Je m’étonne que cette perspective baroque n’ait pas dérangé les 70% de personnes qui ont approuvé votre article.
Ensuite, il n’y a pas non plus de « droit naturel ». C’est une notion qui ne veut rien dire. Le droit est culturel, et seule la nature est… naturelle. Le recours à la « Nature » est un prétexte, pour maltraiter les animaux, pour promouvoir le « darwinisme social », pour légitimer les despotes, pour discriminer les femmes (voir pendant la Révolution). L’ « ordre naturel » est un cache-sexe à l’ordre moral, l’ordre social, l’ordre tout court, en réalité.
Je ne parlerai pas de votre conclusion qui ne conclut absolument pas votre article, et qui soudain fait une sorte de procès d’intention un peu paranoïaque dont le cheval de Troie serait cette fantasmatique « théorie du genre ». Alors que les études de « genre » ne font rien d’autre que de la prose, comme M. Jourdain, et n’ont rien de bien diaboliques à développer les idées de S. de Beauvoir qui datent tout de même de plus de 60 ans. Elles ont été admirées, analysées et approfondies de par le monde sans que celui-ci ne s’en trouve bouleversé ni s’arrête de tourner.
Ma conclusion à moi est que la famille « naturelle » n’existe pas, c’est une pure construction culturelle (un comble pour un tenant du « naturel »…).
Que le seul naturel qui compte, c’est de faire des enfants (auquel ont peut adjoindre le « tabou de l’inceste »), que la rencontre de spermatozoïdes et d’ovule peut provoquer la procréation, et que les modalités pour y arriver son multiples et de l’ordre des choix culturels. Et le mariage est l’institution adéquate à offrir un cadre protecteur et légal aux enfants, si enfants il y a.
Que le seul culturel qui compte en France repose sur les valeurs de la République, et que tout ce qui est avancée vers la liberté, l’égalité et la fraternité est bel et bon. Que tout ce qui va à l’encontre de ces valeurs est à condamner et à éviter. Que pour ces raisons, tout ce qui va à l’encontre de l’inégalité et de la discrimination est à proscrire, la marchandisation des ventres (dont la prostitution), la polygamie, la pédophilie, l’inceste, la précarisation des humains, l’exploitation, etc (là, il y a énormément à énumérer, mais on sort du cadre de la famille et du mariage).
Frida, on évoque depuis dimanche, puis lundi, les exactions commises ou susceptibles d’être commises par les troupes maliennes parmi les civils. Le Drian l’a évoqué, Traore aussi, la FIDH, les Human Right, l’état-major français…
Dès lundi, sur C dans l’Air, Marwane Ben Yahmed, directeur de Jeune Afrique en a parlé, avec d’autres invités du plateau. Je suis allée voir sur le site de Jeune Afrique qui fait écho à ces événements.
Ce que je regrettais dans votre article, c’est que la charge ironique d’un tel déni allait donner du grain à moudre à tous les protecteurs indulgents des islamistes et s’en prendre à la pseudo-intox de la France et à la pseudo-histoire officielle.
Bien sûr qu’il y a et qu’il y aura des morts côté civil. Le nier serait stupide et contre-productif. Le grave problème serait que les exactions, vengeances et conflits inter-ethniques prennent une place démesurée et salissent la responsabilité des forces françaises, aussi justifiée que soit l’intervention.
Rounga : « COLRE, le commentaire de JL n’était pas une insulte ». Noooon, « bête, imbécile ou inepte » sont des douceurs pleine de respect à la personne…
Vous devriez lui conseiller de mieux contrôler son amour-propre, vous avez l’air de jouer tous les deux dans la même paroisse.
Sinon, votre argument est tellement grossier, que même les amis de Boutin lui ont conseillé de le mettre en sourdine…Quand je pense que vous ne vous rendez même pas compte de l’énormité de l’idée et d’une pensée aussi obscène.
Du temps de l’apartheid, un Noir n’avait pas le droit de se marier avec une Blanche. Pas de problème pour les Rounga et JL, ils soutiendront que les Noirs et les Blancs avaient des droits égaux puisqu’ils avaient le droit de se marier…
JL, vous êtes un marrant dans vos rodomontades, mais vous n’êtes pas un personnage assez intéressant pour que je perde mon temps à me replonger dans votre prose lénifiante. Je l’ai déjà analysée il y a bien longtemps sur des fils reopen et autres où, déjà, vous vous tourniez en ridicule. Moi, j’ai fait mon job, à d’autres de s’amuser.