Vous avez raison, et je me suis exprimée de façon trop simpliste. J’ai dit être « plus sensible à la sémantique », mais je ne voulais pas opposer formellement le fond et la forme que je sais indissociablement liés.
Je me plaignais plutôt de l’orthodoxie syntaxique, car elle s’attache au détail, à l’incorrection sociale et, pour tout dire, elle occulte l’intérêt d’une communication langagière. Cette soumission aveugle à l’académisme, hyper-courante, relève souvent de la posture de classe, bêtement réactionnaire, dominatrice et peu constructive.
Chercher à comprendre l’autre, avec ses difficultés d’expression ou son style, ou à l’inverse déchiffrer ses manipulations sémantiques, ses manoeuvres de propagande, m’apparaît comme un objectif important de la vie en société.
Parce que je regrette qu’internet, ce support d’avenir, attise presque systématiquement la critique destructive… Vous ne trouvez pas que cette réaction se généralise ? Est-ce le fait d’un « air du temps » morose ? ou d’une simple pose ?
Pourtant, ce sujet aurait pu susciter aussi des commentaires blagueurs, et on ne se marre pas si souvent sur ces forums qui déversent tant de haines recuites… Exemples :
• « soulever un lièvre » : voilà une expression qui me fait mourir de rire car aussitôt j’imagine Elmer qui soulèverait de terre Bug’s Bunny en le tenant par les 2 oreilles…
• « avoir tord » : j’imagine les mains qui se tordent d’avoir tort…
• « au jour d’aujourd’hui » : là aussi la défense académique d’ « aujourd’hui » est drôle car c’est déjà une expression redondante (= « le jour du jour »)… On aurait donc « le jour du jour du jour »… Au moins, on est sûr que ce n’est ni hier ni demain.
• et puis j’ai dit si souvent pour rire « il n’y va pas avec le dos de la main morte » que, dans des contextes sérieux, il faut que je fasse gaffe et que je réfléchisse à deux fois avant de sortir la bonne expression…
Bonjour Fergus, il n’y a quasiment pas de commentaire qui pourrait expliquer ou être indulgent pour le mauvais parler en France. Pourquoi ? votre article « fait » 95% de votes positifs, ce qui dénote un unanimisme étonnant, non ? ai-je le droit de dire « qui interroge » ?
Au lieu de cela, on lit sur le fil (texto, j’ai noté) : « ce qui » m’agace, me choque, me gêne, m’énerve, m’horripile, m’horrifie, m’exaspère, me désole, m’insupporte…
Votre billet était pourtant léger, mais c’est significatif que les commentaires qu’il suscite exhalent un ressentiment qui est bien dans l’air du temps, celui de la mauvaise humeur et de la vindicte.
warf ! « une vérité qui dérange »… mais vous vous prenez pour qui à imaginer deux secondes que vous dérangez quiconque avec vos pseudo-vérités mais vos vraies confusions rhétoriques ? faut atterrir…
Alors comme ça, vous êtes contre le progressisme, mais pas contre, enfin si un peu, ça dépend, je suis pour le progrès, mais pas complètement, pas celui que je n’aime pas, enfin, vous voyez ce que je veux dire ?… Malheureusement oui, on voit…
Et puis ce n’est pas parce que vous saupoudrez votre phraséologie de « capitalisme » ou de « profiteur », de « droits acquis », que vous maîtrisez quoi que ce soit d’une réflexion complexe sur les valeurs républicaines et progressistes. Relisez vos cours.
easy, c’est de l’ironie ?! ou alors vous avez lu l’article en grande diagonale, ce n’est pas possible…
Ce papier est sans queue ni tête, écrit avec les pieds et à la limite du compréhensible. Surnagent quelques intentions sous-jacentes, fort claires, si on veut bien les regarder flotter dans un potage plus que trouble.
En gros : confusion entre norme et droit, entre unicité et égalité, entre liberté et obligation… et au final, le voili le voilà : « A l’heure actuelle, les combats progressistes nuisent à la société »… ben voyons !
On se croirait dans une constitution théocratique… où l’on vante la complémentarité des hommes et des femmes en lieu et place de l’égalité / liberté !